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 L’islam en Europe

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british
Invité



MessageSujet: L’islam en Europe   Ven 31 Déc - 16:01


Face à l’augmentation de la population musulmane, les Européens
procèdent à une réévaluation de la qualité de leur intégration des
minorités religieuses
On ignore le nombre exact des musulmans qui vivent actuellement en Europe, ce qui
est en partie dû au fait que plusieurs nations européennes ne tiennent pas compte
de la confession dans leurs recensements nationaux. La plupart des spécialistes
estiment que sur les 400 millions d’habitants, essentiellement chrétiens, de l’Europe
occidentale, on trouve 15 à 20 millions de musulmans. Sans tenir compte du fait que
la Turquie pourrait devenir membre de l’Union européenne, on s’attend généralement
à ce que le nombre des musulmans dépasse les 40 millions d’ici à l’an 2050. Ils
représenteraient alors quelque 15 % de la population européenne.
Cette croissance de la population musulmane, qui est due en première ligne à
l’émigration, mais également à des taux de natalité plus élevés, a créé des tensions
dans le contexte d’une mouvance anti-islamiste qui s’est développée à la suite des
attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et s’est exacerbée après
les attentats à la bombe qui ont eu lieu dans les trains de banlieue de Madrid en
2004 et de Londres en 2005.
Différents évènements ont déclenché la crainte que certains musulmans ne
s’assimilent pas dans les sociétés européennes ou n’acceptent pas les valeurs
occidentales. Un exemple : la vague de protestations musulmanes contre la
publication de caricatures du prophète Mahomet par un journal danois en 2006.
« Il est indubitable que les gens restent trop entre eux, a déclaré Asaf Hussain, leader
interreligieux et scientifique à l’université de Leicester en Grande-Bretagne. Un hindou
n’irait jamais dans une mosquée et un musulman ne va pas dans un temple. »
A. Hussain a souligné aussi qu’il ne pouvait supporter l’habitude qu’ont souvent les
gens de mentionner d’abord leur religion lorsqu’on leur demande s’ils sont
Britanniques ou musulmans. « Je pense que je suis un Pakistanais britannique et pas
un musulman britannique », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « En Amérique, les gens
disent qu’ils sont Indiens américains et non pas des chrétiens américains. Être
Britannique devrait être l’élément central qui les unit tous. » Face aux mutations
rapides provoquées par les flux migratoires musulmans, les politiques, aux niveaux
municipal et national, en Grande-Bretagne et dans toute l’Europe, ont eu des
difficultés à s’adapter et à réagir.
En France, dont la minorité musulmane est la plus importante d’Europe occidentale
avec cinq millions de personnes, la loi sur la laïcité qui interdit le port de symboles et
vêtements religieux dans les écoles publiques a été votée en 2004. Cette interdiction
s’étend à tous les vêtements et signes religieux « ostensibles », y compris le voile
Forum 21 [Policy]
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islamique, le turban sikh, la kippa juive et le port de grandes croix chrétiennes. Bien
que très controversée, cette démarche a été acceptée tacitement par les membres
de tous les groupes religieux.
D’un autre côté, de nombreux Français ont réagi avec colère lorsqu’en juin, le tribunal
de grande instance de Lille a annulé le mariage de deux musulmans, l’époux ayant
affirmé que sa femme n’était pas vierge. Les opposants ont déclaré que cet arrêt
ferait reculer les droits des femmes de plusieurs générations.
Egalement en juin en France, le Conseil d’Etat a confirmé dans un arrêt le refus
d’accorder la nationalité française à une musulmane qui porte la burka, le voile
intégral, au motif qu’elle ne se serait pas intégrée suffisamment à la société
française. Les détracteurs de ce jugement ont déclaré qu’il poussait trop loin le
sécularisme français. De nombreux musulmans affirment malgré tout qu’ils se sentent
les bienvenus en France, où la population semble s’être si bien habituée à la
présence de grandes mosquées sur son territoire que de nombreux maires mettent
même à disposition des terrains à bas prix pour leur construction.
« On fait certes beaucoup de bruit autour de l’islamisation, mais la société française
fait preuve d’une grande tolérance, déclare Deborah Remmane, secrétaire de l’EMF
(Etudiants musulmans de France) à Paris. Les gens agitent la cape rouge musulmane
lorsqu’ils veulent détourner l’attention d’autres thèmes. » Simultanément, D.
Remmane souligne que lorsque certains groupes sociaux ne s’entendent pas, c’est
souvent moins dû à la religion qu’à leur situation financière. « Quand vous êtes
musulmane et fille de médecin, vous n’avez aucun problème d’intégration », a-t-elle
déclaré.
Les Suisses se montrent quant à eux beaucoup plus inquiets face à la propagation de
l’islamisme radical et des mosquées ; un référendum national qui vise à interdire les
minarets très hauts est même organisé ce mois-ci. Les partisans de cette interdiction
déclarent qu’elle est nécessaire, car ces minarets pourraient troubler la cohésion
sociale alors que ses détracteurs affirment qu’une interdiction serait une violation des
droits de l’homme et pourrait attiser l’extrémisme.
Le nombre croissant de mosquées est également devenu un catalyseur de tensions
dans d’autres parties de l’Europe. A Cologne, en Allemagne, des manifestations ont
été organisées pour protester contre ce que les détracteurs d’un projet de
construction d’une grande mosquée dotée d’une coupole et de deux minarets d’une
soixantaine de mètres de haut qualifient d’« islamisation » de leur ville multiethnique.
A Londres, le projet de construction d’une immense mosquée pouvant accueillir
12 000 croyants, située tout à côté de la Place des Jeux Olympiques, en 2012, a
rassemblé plus de 250 000 signatures d’opposants. Il existe en Grande-Bretagne,
pays qui a tenté d’encourager un sentiment commun d’identité nationale, quelque
1 600 mosquées. Sur un plan général, le gouvernement britannique s’est efforcé
d’intégrer plus fortement les communautés musulmanes depuis les attentats suicides
de Londres en 2005, lorsque quatre ressortissants britanniques se sont transformés
en bombe humaine dans les transports publics de la ville, tuant 52 personnes.
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Des voix critiques déclarent que certains seraient allés trop loin dans leur tentative
d’apaiser la minorité musulmane en Grande-Bretagne. Début 2008, Rowan
Williams, archevêque de Canterbury, a affirmé qu’un élément de la charia ou du
droit religieux islamique devait absolument être intégré au droit britannique,
déclarations qui ont déclenché des vagues de protestations.
Denis MacEoin, un spécialiste en études islamiques de l’université de Newcastle, a
fait remarquer que, dans les sondages, une majorité des musulmans exprime sa
loyauté envers la Grande-Bretagne. Mais il a également déclaré que le dévouement
aux valeurs britanniques serait beaucoup moins grand que bien des gens ne le
pensent. « Il existe encore une vaste littérature islamique dans laquelle les
musulmans sont sommés de se tenir éloignés des non-musulmans et d’une société
non musulmane », a-t-il souligné.
D. MacEoin est d’avis qu’en s’efforçant d’acquérir de plus grandes possibilités
d’autarcie, les musulmans créent une société au sein de la société globale.
Toujours selon lui, « le port du voile chez les femmes est par exemple destiné à
tenir les gens à distance. Les écoles musulmanes garantissent que les jeunes
musulmans ne s’intègrent jamais tout à fait à la société qui les entoure ».
Peter Willetts, professeur de politique internationale à la City University de Londres,
en revanche, met l’accent sur le fait que beaucoup de gens auraient tendance,
quand il s’agit des musulmans, à faire des généralisations hâtives. Il a souligné
qu’il existerait, parmi les communautés islamiques européennes, une si grande
diversité que l’on ne peut pas mettre tous les musulmans dans le même panier. «
En Europe, nous avons à la fois des musulmans bien intégrés, des musulmans qui
s’efforcent de s’intégrer, des musulmans qui vivent certes séparés, mais satisfaits
et en sécurité et, d’autre part, des musulmans qui vivent séparés et comme des
étrangers », a-t-il souligné.
A Leicester, A. Hussain a déclaré que le gouvernement tout comme les groupes
religieux devraient multiplier les efforts pour encourager une intégration expressive.
Il réclame que les individus de religions différentes construisent de véritables
relations les uns avec les autres au lieu de se contenter de coexister. Dans ce but,
A. Hussain a commencé à emmener des Anglais blancs dans des « safaris
interculturels » au cours desquels il leur fait visiter des temples, des mosquées, des
gurudwaras (temples sikhs) et des restaurants ethniques pour qu’ils puissent
développer une compréhension à l’égard d’autres cultures.
« Même dans notre université, nous avons des musulmans qui s’installent dans un
coin pour déjeuner et des hindous qui s’installent dans un autre, a-t-il déclaré. Il y
a un manque d’intégration. C’est là le véritable problème. »
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