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 L’acquisition du savoir religieux : son importance et ses méthodes

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toufik
Invité



MessageSujet: L’acquisition du savoir religieux : son importance et ses méthodes   Jeu 3 Juin - 12:30

L’acquisition du savoir religieux : son importance et ses méthodes

Question

Quelle est la récompense divine pour la recherche du savoir religieux ? Quelle est son importance ? Et quelles sont les méthodes de son acquisition ?
Réponse de Sheikh Yusuf Al-Qaradawi

Au nom de Dieu, louange à Dieu et que la Paix soit sur le Messager de Dieu :

Chaque musulman doit chercher à appronfondir sa compréhension de la religion. Il doit connaître de ses jugements ce qui lui est utile. Il est tenu d’acquérir une connaissance lui permettant de progresser sur le droit chemin et ce, afin que le vrai (haqq) et le faux (bâtil), le licite et l’illicite ne s’emmêlent pas dans son esprit.

C’est pour cela qu’une tradition prophétique nous apprend que : « La recherche du savoir est une obligation pour chaque musulman ». Le terme "musulman" ici est générique ; il englobe aussi bien le musulman que la musulmane. À l’unanimité, la musulmane et le musulman ont la même obligation vis-à-vis de la science — même si le terme « musulmane » n’est pas mentionné dans le hadîth.

Si le musulman ne s’instruit pas, il avancera dans un chemin déviant, introduira des innovations dans la religion et adorera Dieu par des moyens qu’Il n’a pas légiférées. Dieu ne demande pas à Ses serviteurs d’introduire des innovations dans la religion : Dieu est le Législateur, il n’appartient point aux humains d’établir dans la religion ce que Dieu n’a guère autorisé. Le Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, a dit : « Quiconque fait une chose contraire à notre enseignement, son œuvre sera rejetée » et il a dit également : « Évitez les innovations introduites dans la religion, car toute innovation dans la religion est un égarement ».

Si l’homme n’apprend pas la religion, il risque de rendre licite ce que Dieu a prohibé, de même qu’il pourrait interdire ce que Dieu a rendu licite. Il s’interdirait ce que Dieu n’a pas interdit, et s’autoriserait, et autoriserait les autres, à faire ce que Dieu a prohibé. Il se peut qu’il rejette le vrai et agrée le faux. Et combien de fois ai-je vu de tels comportements. Certains rejetteraient un hadîth dans le Sahih d’Al-Bûkhârî en se basant sur un hadîth controuvé ! Ainsi certains ont-ils rejeté le hadîth « Ne réussira point le peuple qui confie sa direction à une femme » — hadîth établi dans Sahih Al-Bûkhârî — à cause du hadîth « Prenez la moitié de votre religion de cette rouquine ( i.e. notre dame Aicha) » alors que les savants ont prouvé que ce hadîth n’est pas authentique.

Tout ceci est dû à la méconnaissance de la religion... Ce comportement met en valeur la nécessité d’apprendre la religion.

C’est ainsi que le musulman pourra itinérer sur le chemin de la guidance et avancera avec clairvoyance. Mais de quelle source le musulman doit-il apprendre les jugements et les enseignements de la religion ?

Diverses méthodes sont possibles.

La première méthode : les ouvrages islamiques de référence. Tout musulman doué d’une part de science, et capable de comprendre à partir des livres, a l’obligation de lire ce qui est adapté à ses besoins et compétences. Il doit lire, se cultiver et assimiler. Toutefois, il est un danger que nous devons signaler : il existe des livres imbibés d’israélismes(isrâ’îliyyât), d’autres contenant des hadîths controuvés, et d’autres encore proposant de mauvaises orientations.

Pour cela, le musulman doit se restreindre à des livres reconnus et agréés par des savants de confiance, connus pour leur science et leurs bonnes orientations. Ces savants renseigneront le musulman et lui expliqueront si tel livre est bénéfique ou pas, acceptable ou à éviter. Il se peut que le livre soit profitable et agréé, à l’exception de certains passages ; dans ce cas de figure, il doit être lu avec précaution. Par exemple, le livre « Al-Ihyâ » de l’Imâm Al-Ghazâlî est un ouvrage bénéfique et une grande encyclopédie. Cependant, il contient certains passages à prendre avec précaution ; il faut confronter ces passages au Coran, à la Sunnah et au comportement des pieux prédecesseurs — les compagnons et ceux qu’ils les ont suivis avec bienfaisance. De même, cet ouvrage comprend quelques hadîths faibles et controuvés dont il ne faut pas tenir compte.

L’un des fléaux de cette époque, c’est que les gens ne veulent pas lire les ouvrages bénéfiques, et n’ont guère la patience de lire les livres originaux, au point que certains intellectuels ont appelé cette ère « l’ère du sandwich ». Les gens ne supportent plus de se réunir pendant une heure à table pour partager un repas, en toute paisibilité ; ils préfèrent manger rapidement un « sandwich » en marchant ou en empruntant un moyen de transport.

S’ajoute à cela une dimension culturelle : beaucoup préfèrent la lecture des petites lettres et des courtes annonces à la letcure d’une exégèse du Coran comme celle d’Ibn Khathîr ou un recueil de Hadith comme celui d’Al-Bûkhârî. La plupart des gens n’ont plus l’énergie et la persistance pour ces longues lectures dans "l’ère de la vitesse". Si on en vient à lire des livres résumés, alors il s’agit de bien les choisir et de consulter des savants de confiance pour avoir leur conseil. Ceci est une méthode...

La deuxième méthode : les assemblées dédiées à l’enseignement du savoir religieux et la compagnie des savants. Le sage Loqmân dit à son fils : « Mon fils, tiens compagnie aux savants, et serre-toi à eux dans leurs assemblées, genou contre genou, car la science fait vivre les cœurs comme la pluie revivifie la terre morte ».

Le savoir qui revivifie les cœurs, c’est le savoir bénéfique, qui nous rappelle Dieu et l’Au-delà. C’est pourquoi plusieurs hadîths incitent les gens à participer aux réunions de dhikr (réunions de remémoration de Dieu). Ces réunions sont des jardins du paradis comme en témoigne le hadîth : « Si vous passez par les jardins du paradis, promenez-vous y. Ils (les compagnons) dirent : “Qu’est-ce, Ô Messager de Dieu ?” Il dit : “Ce sont les assemblées de dhikr ou les cercles de dhikr” ». (rapporté par At-Tirmidhî).

Certaines personnes pensent que le dhikr, ce sont les gémissements, les mots et les gestes des derviches ou des faux-prétendants au soufisme. En réalité, le dhikr qu’ont connu les compagnons et les successeurs consistait à étudier la religion, réciter le Coran, rappeler le licite et l’illicite, étudier l’exégèse du Coran, le Hadîth et la jurisprudence. Tel est le meilleur dhikr, c’est le dhikr bénéfique, contrairement à ce que font certaines personnes pourtant qualifiées de dhâkirîn (invocateurs).

La troisième méthode d’apprentissage consiste à interroger les savants sur les problèmes auxquels l’homme est confronté et les choses ambigües dont il ne connaît pas le jugement légal.

Dans telles situations, il faut que le musulman interroge les savants et les gens qui sont aptes à répondre dans ces domaines, comme l’a indiqué Dieu Exalté Soit-Il : « Interrogez donc les gens du rappel si vous ne savez pas » (Sourate 15, Al-Hijr, verset 42) c’est-à-dire, solliciter les gens qui ont le savoir et l’expérience. Cela constitue une règle pour la vie. Si un homme ou bien son enfant tombe malade, il consultera les spécialistes de la médecine ; il en est de même pour les affaires de la religion.

À l’époque du Prophète, l’un des compagnons grièvement blessé était dans un état d’impureté. Or pour lever l’impureté, il faut se laver et accomplir les grandes ablutions. Parmi les gens qui étaient en sa compagnie, certains lui ont dit qu’il devait se laver malgré ses blessures. La conséquence de leur verdict religieux fut le décès de cet homme. Quand le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, a pris connaissance de cet incident et des propos des gens qui ont affirmé que le bain était obligatoire, il dit : « Ils l’ont tué, que Dieu les tue ! N’eussent-ils pas demandé, lorsqu’ils ont ignoré la réponse ? Certes le remède de l’ignorance est la question. Il suffisait qu’il fasse des ablutions pulvérales » (rapporté par Abû Dâwûd d’après Jâbir, et par Ahmad et Al-Hâkim selon Ibn `Abbâs, Al-Albânî le cite dans « Sahîh Al-Jâmi` As-Saghîr »).

Et Dieu est le plus savant.
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