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 identité française ?

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nadir
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MessageSujet: identité française ?   Mar 26 Jan - 10:27





S'il faut juger de la valeur des hommes par la grandeur des œuvres qu'ils ont fondées, nous pouvons dire que Mahomet fut un des plus grands hommes qu'ait connus l'histoire. Des préjugés religieux ont empêché bien des historiens de reconnaître l'importance de son oeuvre ; mais les écrivains chrétiens eux-mêmes commencent aujourd'hui à lui rendre justice.
La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre deuxième, chapitre premier, Mahomet, p. 76


À leur grande tolérance, les Arabes d'Espagne joignaient des mœurs très chevaleresques. Ces lois de la chevalerie : respecter les faibles, être généreux envers les vaincus, tenir religieusement sa parole, etc., que les nations chrétiennes adoptèrent plus tard, et qui finirent par exercer sur les âmes une action plus puissante que celles de la religion même, furent introduites par eux en Europe.
La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre troisième, chapitre sixième, Les Arabes en Espagne, p. 213


Bien que le séjour des Arabes en France n'ait été constitué que par une série de courtes invasions, ils ont laissé des traces profondes de leur passage dans la langue, et [...] ils en ont laissé également dans le sang. [...] L'ethnologie nous en fournit la preuve, en retrouvant, après tant de siècles, des descendants des Arabes sur plusieurs parties de notre sol. Dans le département de la Creuse, dans les Hautes-Alpes, et notamment dans plusieurs localités situées autour de Montmaure (montagne des Maures), dans le canton de Baignes (Charente), de même que dans certains villages des Landes, du Roussillon, du Languedoc, du Béarn, les descendants des Arabes sont facilement reconnaissables. On les distingue à leur peau basanée, leurs cheveux couleur d'ébène, leur nez aquilin, leurs yeux foncés et perçants. Les femmes se reconnaissent à leur teint olivâtre, leur figure allongée, leurs grands yeux noirs, leurs sourcils épais, la forme conique de leurs seins, etc.
La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre troisième, chapitre septième, Les Arabes en Sicile, en Italie et en France, p. 237


Grâce aux croisades, l'influence civilisatrice de l'Orient sur l'Occident fut très grande, mais cette influence fut beaucoup plus artistique, industrielle et commerciale que scientifique et littéraire. Quand on considère le développement considérable des relations commerciales et l'importance des progrès artistiques et industriels, engendrés par le contact des croisés avec les Orientaux, on peut affirmer que ce sont ces derniers qui ont fait sortir l'Occident de la barbarie, et préparé ce mouvement des esprits que l'influence scientifique et littéraire des Arabes, propagée par les universités de l'Europe, allait bientôt développer et d'où la renaissance devait sortir un jour.
La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre troisième, chapitre huitième, Lutte du christianisme contre l'islamisme, p. 254


L'esclavage chez les mahométans est fort différent de ce qu'il était chez les chrétiens. La situation des esclaves en Orient est bien préférable en effet à celle des domestiques en Europe. Ils font partie de la famille, et peuvent parfois s'élever aux plus hauts emplois. Aucune idée humiliante ne s'attache en Orient à l'esclavage, et on a dit avec raison que l'esclave y est plus près de son maître qu'un domestique chez nous.
La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre quatrième, chapitre deuxième, Moeurs et coutumes, p. 284


Bien peu de religions ont eu un pareil empire sur les âmes; aucune peut-être n'en a exercé de plus durable. Le Coran est le véritable pivot de la vie en Orient, et nous retrouvons son influence dans les moindres actes de l'existence. L'empire des Arabes ne vit plus que dans l'histoire, mais la religion qui fut mère de cet empire n'a pas cessé de s'étendre. Du fond de son tombeau, l'ombre du prophète règne en souveraine sur ces millions de croyants qui peuplent l'Afrique et l'Asie, du Maroc jusqu'à la Chine, de la Méditerranée à l'Equateur.
La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre quatrième, chapitre cinquième, Religion et morale, p. 328


Il semblera toujours humiliant à certains esprits de songer que c'est à des infidèles que l'Europe chrétienne doit d'être sortie de la barbarie, et une chose si humiliante en apparence ne sera que bien difficilement admise. [...] Par leur influence morale, ils ont policé les peuples barbares qui avaient détruit l'empire romain ; par leur influence intellectuelle, ils ont ouvert à l'Europe le monde des connaissances scientifiques, littéraires et philosophiques qu'elle ignorait, et ont été nos civilisateurs et nos maîtres pendant six cents ans.
La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre cinquième, chapitre dixième, Civilisation de l'Europe par les Arabes, p. 442


Au point de vue de la civilisation, bien peu de peuples ont dépassé les Arabes et l'on n'en citerait pas qui ait réalisé des progrès si grands dans un temps si court. Au point de vue religieux, ils ont fondé une des plus puissantes religions qui aient régné sur le monde, une de celles dont l'influence est la plus vivante encore. Au point de vue politique, ils ont créé un des plus gigantesques empires qu'ait connus l'histoire. Au point de vue intellectuel et moral ils ont civilisé l'Europe. Peu de races se sont élevées plus haut, mais peu de races sont descendues plus bas. Aucune ne présente d'exemple plus frappant de l'influence des facteurs qui président à la naissance des empires, à leur grandeur et à leur décadence.
La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre sixième, chapitre deuxième, Causes de la grandeur et de la décadence des Arabes, p. 470
Par Respaix Conscience Musulmane - Publié dans : Islamophobie et racism
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nadir
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MessageSujet: identité française ?   Mer 27 Jan - 8:17

avis d'expert

Dominique Paillé
(porte-parole de l'UMP)

"Un certain nombre de médias et de responsables politiques de l'opposition se sont focalisés sur des questions qui ne représentent que très peu d'interventions de la part de nos concitoyens dans ce débat, à savoir l'immigration et l'islam. Or, l'identité nationale, c'est autre chose. C'est déterminer comment on peut bâtir un avenir pour l'ensemble des Français, faire perdurer le système qui est le nôtre, extrêmement protecteur, en matière de santé, de retraite, et sur l'exception que nous représentons en matière culturelle. Et bien d'autres enjeux de cette nature. A l'heure actuelle, il faut trois choses: que le débat ne soit pas cantonné aux préfectures. Des intellectuels, quelque soit leur pensée, doivent s'en emparer et des politiques doivent aller au devant des citoyens pour discuter de ces questions. Deuxièmement, que le président de la République – cela est prévu pour le mois de février – intervienne. Il est l'arbitre du débat et peut mettre l'accent sur un certain nombre d'orientations. En troisième lieu, il faut que toutes les bonnes idées émises puissent se traduire dans les faits. Par exemple, comment peut-on aider à l'intégration des Français qui se sentent exclus ? Comment renforcer la laïcité dans l'ensemble de notre fonctionnement ? Comment veiller à ce que chacun puisse dans le cadre de la sphère privée pratiquer sa religion ? Il faut faire comprendre aux Français que cet échange n'est pas vain mais qu'il se traduira par des décisions concrètes. Ce débat a été lancé par le ministère de l'Identité nationale et c'était son rôle. On peut simplement regretter qu'on ait attendu deux ans et demi après sa mise en place pour lancer un tel débat. Je crois que ceux qui ne voulaient pas débattre de l'identité nationale – alors que ça correspond à une aspiration d'une très grande majorité de Français – avaient peur d'affronter un certain nombre de réalités. Or ce sont des questions que se posent les Français et auxquelles il faut apporter des réponses. Ceux qui l'ont fait déraper sur la seule immigration ne voulaient pas que le débat se poursuivre, ni que le gouvernement prenne des mesures positives pour répondre aux préoccupations des Français. Ils en portent une lourde responsabilité. On est toujours à quelques mois d'élections dans ce pays, c'est le propre de la démocratie. Ce débat correspond à un engagement du président de la République. Mais, à aucun moment, il n'y a eu une préoccupation électorale derrière ce sujet. Il a été engagé car, par rapport aux fondamentaux auxquels nous nous référons qui datent du début du XXe siècle, il y a eu des évolutions dont il faut tenir compte. Eric Besson a annoncé que le débat continuerait jusqu'à au moins fin 2010. Je prends le pari qu'un certain nombre des mesures prises à l'issue de ce débat continueront à être complétées et que, sans doute, les programmes électoraux pour 2012, de la majorité comme de l'opposition, y feront référence."
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nadir
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MessageSujet: identité française ?   Mer 27 Jan - 8:31

avis d'expert

Benoit Hamon
(porte-parole du PS)

"L'identité de la France est une affaire sérieuse qui ne se construit pas au gré des fantasmes et des opinions politiques. Et on ne peut pas décréter une urgence à quelques mois d'une élection, ni définir l'identité nationale en négatif par rapport à l'immigration. Une multitude de républicains ont eu le sentiment qu'il y avait là une instrumentalisation d'un débat avec le risque qu'il oppose les Français les uns aux autres en période de crise. Mais je suis heureux de voir que la gauche a répondu d'une seule voix contre les dérives de cette instrumentalisation. Et que des personnalités comme Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, François Baroin et d'autres aient déclaré que c'était un débat inutile et malvenu. La dérive autour de la question de la religion musulmane était prévisible et même souhaitée par le président et le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale. Nicolas Sarkozy, parce que les résultats ne sont pas au rendez-vous, a besoin pour limiter la casse d'agréger le vote Front national au vote UMP. Le problème c'est que le débat a davantage réveillé le vote FN qu'il n'a consolidé le vote UMP. C'est ce qui explique que le président de la République, dans ses voeux à la Nation le 31 décembre au soir, ait donné l'impression de vouloir clore ce débat car l'objectif n'était pas atteint. Je ne sais pas si le débat aura un impact sur les régionales, mais je sais que c'est pour des motifs purement électoraux que ce débat a été conçu et pour des raisons purement électorales qu'il est en train d'être clos. Le fait qu'Eric Besson dise qu'il va se poursuivre courant 2010 est de l'habillage. Il s'entête car il est avant tout dans un règlement de comptes qu'il ne parviendra jamais à régler avec la gauche, qui l'oblige à brûler tout ce qui le rattache à nous et à multiplier les provocations pour faire plaisir à son nouveau maître. On sort là de la politique. Cette question de l'identité de la France est une question importante. Elle se façonne, se construit, se modèle tous les jours par les apports extérieurs, par la création intérieure, par la façon dont le pays évolue... On ne fait pas comme ça trois mois de débat sur l'identité nationale pour dire qu'il faut qu'on chante la Marseillaise à tous les débuts de matchs de foot. C'est ridicule. Et dans l'intervalle, il aura fallu entendre, voir, lire une multitude de dires qui auront stigmatisé des millions de nos compatriotes. Honnêtement, je suis navré et consterné par l'approche de ce sujet par Nicolas Sarkozy et Eric Besson. Ce débat sur l'identité nationale est la tâche des géographes, des universitaires, des historiens, des démographes qui examinent les évolutions en profondeur de la société française. Il faut surtout soustraire ce débat à l'instrumentalisation politique et électorale parce qu'on s'expose à tous les dérapages. Il faut retenir la principale leçon de tout ça : avec l'identité nationale, on est dans le temps long, et pas dans la communication politique."
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nadir
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MessageSujet: identité française ?   Mer 27 Jan - 8:39

avis d'expert

Jean Rousseau
(président d'Emmaüs International)

"Comment comprendre un débat sur l'identité nationale proposé par le ministère de l'Immigration ? Ce n'est pas comme ça que l'on peut aborder de manière sereine le débat, surtout en période électorale. Quand on parle d'identité nationale, il faudrait normalement s'interroger sur ce qui fait un collectif. L'utilité d'un tel débat est de ressouder les gens. Or, aujourd'hui, l'immigration est davantage présentée comme un sujet de division. La politique actuelle sur l'immigration vise à montrer du doigt l'étranger. On est dans une politique de rejet, de fermeture des frontières. Résultat, on creuse cette idée de l'étranger, fauteur de troubles et on cherche à faire avancer le débat de la haine de l'autre. Lancé par Eric Besson, le débat allait forcément glisser sur le terrain de l'immigration. S'il avait été présenté par le président lui-même, en dehors de cette question de l'immigration, on ne serait alors plus dans le même contexte. Il faut s'interroger sur la définition même de cette notion d'identité nationale. Selon moi, cela signifie appartenir à un collectif dans un territoire et dans l'histoire. Qui sont ces individus qui composent la nation aujourd'hui ? Qu'ont-ils essayé de construire ensemble ? Quelles sont les contenus de valeurs que l'on veut associer aux trois termes de la devise 'Liberté, Egalité, Fraternité' ? Il aurait fallu commencer le débat par là. Nous verrons fin février quelle synthèse sera tirée de ce débat mais pour l'heure on s'exprime sur la forme, et non sur le fond. Cette question de l'identité nationale méritait effectivement d'être soulevée. Mais là, le débat est biaisé, asservis à d'autres objectifs. C'est une occasion manquée, car les concepteurs n'ont pas totalement mesuré les conséquences, ou était-ce un choix à dessein en vue des prochaines élections ? Peut-être, mais à force d'agiter les mêmes épouvantails, les électeurs ne seront pas dupes. A ce stade, je pense qu'il faudrait arrêter le débat. Pour le Grenelle de l'environnement, on avait pris le soin de réfléchir à une méthode, de travailler dans la durée, de réunir tout le monde autour d'une même table... Il faudrait faire la même chose pour ce débat sur l'identité nationale, en écartant la question de l'immigration et en faisant attention au contexte. Qu'on le veuille ou non, ce débat est un peu un travail de refondation de la devise républicaine qui est le résumé de ce pourquoi les gens se sont battus pour sauver la France. C'est la question du "vivre ensemble" qui est posée à travers cette devise."
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nadir
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MessageSujet: identité française ?   Mer 27 Jan - 8:47

avis d'expert

Maryse Tripier
(professeur de sociologie à l'Université Paris-Diderot et membre de l'unité de recherche "Migrations et société" (UMRIS))

"Il y a d'importants et anciens débats dans les sciences sociales sur la notion d'identité. C'est à la fois un mot que tout le monde emploie mais également un concept extrêmement difficile à définir et à utiliser. La notion d'identité ne rend pas compte de la réalité car il y a de nombreux mouvements d'identification et des sentiments d'appartenances multiples. Le terme "identité" a tendance à figer de manière intemporelle, à définir arbitrairement quelque chose qui est en constante évolution. Dire de quelqu'un ou d'un groupe voila son identité est toujours sujet à caution. Les identifications sont dynamiques que ce soit au niveau individuel ou au niveau collectif. De plus, il est assez ennuyeux d'accoler les termes "identité" et "nationale" car s'il existe une histoire nationale, d'ailleurs en constante réévaluation, – un droit, un territoire, un patrimoine – ces réalités ne résument pas l'identité. Justement ce qui est gênant dans ce débat, c'est qu'on a très souvent réduit l'identité nationale à l'héritage et à l'histoire. De coup, cela exclut forcément celui qui n'en est pas. Mais ce qui me dérange le plus, c'est d'abord qu'il n'a pas été mené avec l'apport des scientifiques mais a été organisé par un ministère dont l'intitulé est quand même extrêmement inédit. Accoler les mots "immigration" et "identité nationale" ne pouvait que faire dériver ce débat. Celui-ci part du principe que l'immigration pose un problème à l'identité nationale. Le "problème" de l'immigration est d'être toujours posé comme un problème et de ne pas l'avoir imaginé autrement. On a fait rentrer dans la tête des gens que l'immigration a priori posait problème et ne pouvait pas être vue d'un point de vue positif, comme dans d'autres pays. Cette stratégie du bouc-émissaire a une incidence considérable. C'est une idée qu'il aurait fallu "combattre" et que l'on a au contraire laissé se développer. On ne peut pas comprendre la montée du FN autrement. Il est probable que le FN reprenne des voix aux élections régionales, car finalement c'est à lui que ce débat profite. Par contre, il est intéressant de s'interroger sur la situation de la France, à l'heure de la mondialisation, de l'Europe, sur ses atouts et ses faiblesses démographiques, culturelles, éducatives... Cette question méritait d'être soulevée mais pas sous le concept d'identité qui est un mécanisme d'inclusion-exclusion. On n'était pas non plus obligé d'initier ce débat par un gouvernement et surtout par le ministre en charge d'une politique d'immigration sécuritaire et restrictive. Dans ces conditions là, cela allait forcément se développer sous la forme de "immigration" égal problème. Il y a sûrement eu un petit calcul électoral mais ce n'est pas l'essentiel. Ce débat entérine la continuation d'une vision du monde dans laquelle l'autre, l'étranger est considéré comme un adversaire ou comme un bouc-émissaire. On est dans cette optique frileuse mais aussi dangereuse, où l'on crée des ennemis de l'intérieur, des frontières que l'on renforce, au lieu de créer des passerelles." *Auteur du livre Sociologie de l'immigration avec Andrea Rea, éditions La découverte, 2008.
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nadir
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MessageSujet: identité française ?   Mer 27 Jan - 8:49

avis d'expert

Tariq Ramadan
(professeur d'études islamiques contemporaines à l'université d'Oxford)

"Je comprends la polémique pour trois raisons. La première concerne la nature même de la question posée. On est en train de définir l'identité avec l'impression qu'on veut unir mais en fait on veut distinguer. Et il y a des gens qui seront 'in' et d'autres qui seront 'out'. La nature de la question est problématique car réductrice. La deuxième chose qui est sujet à caution, c'est le moment où cette question est posée, à savoir avant des élections. C'est l'instrumentalisation d'une question qui est trop sérieuse pour en faire un argument de campagne. C'est la manifestation d'une très mauvaise évaluation de ce qui est en train de se passer en France. Et on déplace le débat pour des questions électoralistes. Le troisième point, ce sont les réactions de gauche et de droite qui montrent bien qu'on est en train de diviser plutôt qu'unir. On produit l'exact opposé de ce que l'on dit vouloir faire en posant la question de l'identité nationale. Il est évident que tout débat sur cette question aura pour conséquence de viser les communautés considérées comme "non-intégrées", c'est-à-dire, dans les représentations actuelles, majoritairement les musulmans. Que cela vienne du ministre de l'Immigration met en évidence, en arrière-plan, une question de sécurité nationale par rapport à l'immigration. Eric Besson pose la question comme pour justifier un repli identitaire. Mais il faut se poser les vraies questions. Il n'y a pas de survie à long terme de l'économie française sans la nécessité d'avoir des gens qui viennent de l'extérieur pour faire le travail. C'est une question sociale et économique, pas du tout culturelle. Quant aux prochaines régionales, là on parle de ce débat, mais avant même l'élection présidentielle, la stratégie de l'actuel président de la République a été de normaliser certaines des thèses posées par le Front National. Le débat sur l'identité nationale est une façon policée de poser en termes culturels, une question que posait le FN en termes politiques et économiques. C'est l'aboutissement d'un processus que l'on connaît, qui est la force de Nicolas Sarkozy de savoir récupérer tout ce qui se trouve sur les platebandes du parti d'extrême-droite. Le pire danger qui guette la France, mais aussi de nombreux pays européens, c'est la normalisation des discours des partis d'extrême droite avec de nouveaux habits terminologiques. Il n'y a pas eu de vrai débat critique sur la question de l'identité nationale. Le débat est le produit d'un petit "ghetto" mediatico-intellectuel autour des "salons parisiens"."
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