LIMADA ?
LIMADA ?

La remise en liberté de Tariq Ramadan acceptée
 
AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerConnexion
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
Navigation
 Portail
 Index
 Membres
 Profil
 FAQ
 Rechercher
Forum
Partenaires
Forum gratuit



Tchat Blablaland



Partagez | 
 

 Les quartiers difficiles...

Aller en bas 
AuteurMessage
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:41

Jusqu’à présent, Troyes a eu la chance de ne pas être victime des grandes explosions ayant touché les banlieues dites "chaudes". Nous n’avons pas encore eu à subir de grandes manifestations de jeunes désœuvrés, cassant tout pendant des heures, retrouvant une identité dans l’affrontement avec les forces de l’ordre. Les évènements tragiques de l’automne 2005 ne se sont traduit, ici, que par quelques voitures incendiées à la Chapelle-Saint-Luc.
Ce n’est pas une raison pour ne pas nous préoccuper de ce problème. A une échelle réduite, tout existe dans notre ville pour que, demain, de tels affrontements puissent survenir.
Il est important de bien connaître les problèmes avant de proposer des solutions.
I. Les lieux.
Il existe à Troyes plusieurs secteurs véritablement difficiles : les cités du boulevard Jules-Guesde, des Chartreux, des Sénardes, le secteur des quartiers bas (situé entre la rue de la Planche-Clément, la rue Michelet et le boulevard Barbusse) et celui du "Point du jour"... Ils correspondent aux grandes constructions urbaines des années soixante. Chez nous comme ailleurs, on a construit ces masses de béton inhumain, ces grands espaces vides, ces lieux désertés par le petit commerce, par la vie « associative », par le travail. Il ne sert à rien de repousser le problème, il ne sert à rien non plus de rejeter la faute sur les architectes des années soixante. Car enfin, à cette époque, il fallait en tout premier lieu lutter contre le manque de logements et tout semblait préférable aux « bidonvilles ». Cette précipitation dans le relogement, un manque de connaissance de la réalité de la ville et l’apparition de la « crise » ont favorisé l’accumulation d’erreurs. Condamner la bêtise de nos prédécesseurs est souvent une excuse pour ne rien faire. Faire des procès n’apporterait rien, prenons conscience des réalités d’aujourd’hui, essayons plutôt de construire...
Qui connaît véritablement ces quartiers ?
On y habite par obligation. On y vient quand on y est forcé... Seules quelques assistantes sociales, quelques animateurs de rues, certains médecins ou certaines infirmières, voire la police pénètrent dans ces ghettos. Quand on n’y vit pas, on ne peut prendre du plaisir à s’y promener... Les hommes politiques y font de brèves escales pour inaugurer une « réhabilitation » ou à quelque temps des élections pour faire dans le « social ». Mais ce n’est pas leur préoccupation principale. Il y a plusieurs raisons à cela :
L’ampleur de la tâche à réaliser décourage les plus intrépides.
Les populations d’exclus ne se manifestent que rarement. En dehors de mouvements sporadiques violents le dialogue est difficile à établir (c’est d’ailleurs pour cela qu’on les nomme exclus.).
Ces hommes ne participent pas à la vie politique, ils ne votent pas ou peu. Absent de l’expression habituelle, ils sont souvent oubliés... Le petit sursaut électoral de la présidentielle n’a pas perduré aux législatives…
Souvent, on affirme que l’on va prendre en charge ces problèmes. Ne serait-ce que poudre jetée aux yeux ?... Pris par les multiples obligations de l’action sociale quotidienne, on a tendance à négliger le problème global des exclus. Quand on le fait, on investit de façon désordonnée des sommes importantes sans réel souci de la vie des habitants mais pour convaincre ceux qui habitent autre part... Les procédures récentes de « développement social des quartiers » en sont un bon exemple. Certes il fallait améliorer le cadre de vie mais donner un coup de peinture, ajouter quelques décorations, un ou deux arbres et des boîtes aux lettres neuves, ne sert à rien si on ne cherche pas à régler le fond du problème.
L’exemple de la rue de la Planche-Clément est significatif. Il existait là-bas une zone insalubre difficilement imaginable en France, au vingtième siècle : pas de salles de bains, des habitants entassés dans des appartements exigus, des escaliers couverts de saletés, des boîtes aux lettres éventrées, l’abomination... On a donc investi pour redonner un cadre correct à cette zone. On a repeint les murs, on a nettoyé les caves, on a installé des sanitaires, on a cru faire ce qu’il fallait pour arranger la situation. Mais, qu’est-ce qui a véritablement changé ? Rien... Le chômage est toujours là, l’alcool
Revenir en haut Aller en bas
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:42

continue ses ravages, la drogue est en vente libre, les jeunes sont toujours aussi désœuvrés, les adultes exclus, les vieux abandonnés. Quelques années après le lieu a repris son aspect d’origine car, faute d’avoir soigné la cause, on n’a pas pu lutter contre le retour de la déchéance.
II. Les hommes.
Les connaissez-vous ces populations ? Aucun travail, aucune chance d’intégration sociale, l’exclusion n’est pas ici un mot échangé dans un colloque d’intellectuels, mais une réalité difficile qui détruit toute construction d’une véritable personnalité.
Exclusion...
Exclusion par l’absence de travail déjà, nous l’avons dit. Pendant la période de plein emploi ces banlieues posaient moins de problèmes. Certains existaient déjà mais ils étaient cachés, protégés par une structure sociale encore solide. Le chômage est tombé sur ces cités comme une malédiction, semant le désordre et exacerbant les difficultés. Nos possibilités d’actions sont cependant faibles en ce domaine, la commune peut aider à l’implantation d’entreprises mais elle n’a pas toutes les réponses, il serait vain de l’affirmer. Seule l’amélioration des conditions économiques permettant au maximum de citoyens de retrouver un emploi sortira ces banlieues des problèmes. En attendant ce retour du travail, il faut prendre des mesures pour améliorer la situation, c’est le sujet de ce chapitre.
Exclusion par les mesures sociales également. Comment dire cela sans choquer ? Ici par exemple on appelle le médecin pour n’importe quoi, à n’importe quelle heure, pas de soucis, on ne paie pas... De nombreux habitants bénéficient de la « C.M.U. ». Ils donnent un petit papier au médecin qui se fera rembourser. Exclusion par le R.M.I : quand les riches ont versé leur aumône, ils ne se soucient plus de la suite... Revenu minimum, oui, c’est une réalité. L’insertion, elle, tarde à venir. Exclusion par la désintégration des familles : cassées par l’alcool, le chomage et l’ennui. Désintégration contre laquelle essaient vainement de lutter quelques assistantes sociales découragées par l’inanité de leurs efforts. Exclusion aussi par les profiteurs : parlez-en aux travailleurs sociaux, ils vous citeront tous de ces familles, gagnant plus avec les allocations familiales et les aides diverses qu’eux-mêmes en travaillant ; de ces « cas » où l’argent des allocations sert à s’acheter un magnétoscope ou « Canal + » quand les enfants sont sales, dénutris et mal habillés, où le R.M.I. se transforme en bouteilles de vin. Exclusion par la perte de la conscience de la réalité : allez aux urgences de l’hôpital, un dimanche, pour constater la déchéance, pour assister au traitement des multiples « tentatives de suicide », autant d’appels à l’aide que les infirmières et les médecins ne peuvent traiter tant leur nombre est considérable, problèmes sociaux plutôt que médicaux qui encombrent les urgences sans jamais y trouver de réponse. Visitez le « Centre départemental de l’enfance » où s’entassent les enfants dont personne n’a voulu, où s’accumulent la misère, les victimes de relations incestueuses, les abandonnés par leurs mères toxicomanes... Venez au « Centre 15 », la nuit, pour constater ce que révèlent les appels. Ces personnes sont tellement habituées à toujours recevoir l’aumône qu’elles ont perdu le « respect humain », qu’elles n’ont plus aucune conscience de ce qui se fait dans la réalité, qu’elles supplient, qu’elles mendient... Elles exigent une ambulance pour venir accoucher sans même savoir que, la plupart du temps, on vient à l’hôpital par ses propres moyens pour donner la vie. Elles exigent un médecin d’urgence, pour la minute qui suit, quand elles souffrent d’une banale angine. Elles exigent une aide immédiate, impérative, comme un droit, comme le seul droit dont elles puissent encore se prévaloir... Ces « gens-là » bien souvent ne peuvent plus composer que le numéro des urgences sur leur téléphone, ils ne payaient plus leurs factures et les opérateurs téléphoniques ont réduit l’usage de leur ligne aux seuls numéros 15, 17 et 18. Alors, ils appellent ceux qu’ils peuvent appeler, paralysant les services spécialisés. Mais peut-on réellement leur reprocher quelque chose ? A force de vouloir corriger des injustices on aboutit à des populations d’assistés, incapables de se situer face à la réalité, incapables de se prendre en charge, incapables de réagir, incapables de sortir du néant où le sort les a poussées et où nos aides malhabiles les maintiennent.
Exclusion aussi de la réalité quand l’absence de travail ou de formation vous éloigne, petit à petit, de la vie des autres. Quand je travaillais dans le quartier « Debussy » à Pont-Sainte-Marie j’étais toujours étonné d’arriver à 9h00 du matin dans une cité endormie où seuls les enfants allant à l’école passaient. Les autres, une grande partie
Revenir en haut Aller en bas
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:42

de la population… dormait. Bien sûr, la veille au soir, il avaient veillé fort tard devant la télévision et n’avait aucune raison de se lever tôt. A 11h00 ou midi, ils émergeaient de leur sommeil, arrivant à la consultation médicale, étonnés de me voir partir si tôt… Toute une partie de la population se couchait à 3h00 pour se réveiller en début d’après-midi, l’absence d’occupation renforçant encore l’exclusion… Là-bas il y a des enfants qui n’ont jamais vu travailler ni leurs parents, ni leurs grands-parents, ni leurs frères, ni leurs amis... Personne ! Que voulez-vous que disent des slogans comme « Travailler plus pour gagner plus » ?
Qu’on me comprenne bien, je n’ai aucunement la volonté de supprimer le R.M.I, d’éliminer les allocations familiales, d’abroger la gratuité du 15 ou des services d’urgence ou de supprimer les télévisions des quartiers difficiles… Il n’entre pas dans ma pensée de supprimer les aides qui permettent à chacun d’être soigné ou de manger même s’il n’en a pas les moyens. Je veux simplement mettre en lumière des faits que l’on se plaît trop à cacher car il est beaucoup plus médiatique de paraître « social » même si cela prolonge la misère que de s’attaquer aux racines du mal.
On traite de plus en plus souvent ces populations de la façon dont, aux U.S.A., on s’occupe des Indiens dans les réserves. Il vaut mieux donner de l’argent, ça permet de dormir tranquille, ça permet d’éviter les émeutes, ça permet de dire qu’on a tout fait...
Quand on est tellement pauvre que tout en devient gratuit, on ne peut plus avoir une quelconque notion de l’argent. Quand ce que l’on touche ne correspond à aucun investissement personnel, on ne peut plus réellement compter, faire des économies. Ils vivent une vie parallèle, sans aucun des repères qui nous permettent d’être citoyens.
Ce ne sont pas quelques kilogrammes de peinture qui les réintégreront, ce ne sont pas des boîtes aux lettres neuves qui les stabiliseront. Tout cela n’est que « cautère sur jambe de bois », en aucun cas solution véritable.
Responsabiliser les hommes.
Il y a quelques années, un directeur national de l’AN.P.E. avait proposé de faire travailler les gens qui touchaient le chômage… Les syndicalistes et la gauche française ont réagi en commun, dénonçant le scandale et les mesures qui « pourraient faire croire que les allocations ne sont pas un droit ». Ces réactions recoupent une part de vérité, mais, rattacher l’argent à quelques heures de travail c’est aussi maintenir la conscience de la réalité. Ce qui est vrai, sous certaines réserves, pour le chômage de longue durée est encore plus véridique au niveau de l’assistance. Bien sûr, la solidarité est nécessaire, c’est un devoir pour les plus chanceux de venir au secours de ceux que nous laissons sur le-bord de la route, mais sa gratuité totale, c’est-à-dire l’absence de tout effort pour l’obtenir est nuisible. Elle transforme les gens en mendiants, et les mendiants perdent souvent toute respectabilité. L’exigence devient d’autant plus importante que l’abaissement a été grand, et l’on revendique tout comme un droit, incapable de se repérer dans le labyrinthe de la vie des autres.
Comment s’étonner que ces cités sombrent souvent dans l’intégrisme ? Les islamistes demandent beaucoup à leurs adeptes : des prières cinq fois par jour, un ramadan difficile à observer, des exigences alimentaires peu compatibles avec notre vie en France. Mais ces demandes sont d’autant plus faciles à accepter, d’autant plus désirables qu’elles transforment apparemment un exclu en homme capable de mener sa vie, en homme libre... Beaucoup s’étonnent que certaines jeunes filles fassent du port du voile une fierté alors qu’à nos yeux il abaisse la femme. Mais ce voile est plus, ici, signe de spécificité donc de réelle existence que signe religieux (surtout depuis que des décisions ministérielles maladroites et un battage médiatique injustifié ont magnifié leur action rendant ce port du voile encore plus désirable, encore plus productif). Il faut ajouter à cela que les « imams » intégristes sont bien souvent les seuls à parvenir à s’intégrer totalement dans ces quartiers, qu’ils organisent souvent des réseaux de solidarité d’autant plus efficaces et d’autant plus dangereux qu’ils reposent sur une vision restrictive de l’homme et qu’ils n’ont en face d’eux qu’une charité médiocre et pusillanime.
L’impact des bandes tient aux mêmes raisons. Dans celles-ci les personnalités renaissent. Les jeunes existent ici ; pour casser peut-être, pour salir parfois, pour voler ou pour agresser souvent, mais ils existent. Ils ne sont plus de petits fétus de paille soulevés par le vent, ils ont une véritable existence. Quand arrive la police, quand les médias viennent filmer leurs combats, alors tout est parfait. Leur reconnaissance est totale.
Les dealers également existent dans ces quartiers. Quand on survit avec 600 € par mois, celui qui rapporte 1500 € en une journée, non seulement amène le confort
Revenir en haut Aller en bas
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:43

financier à sa famille mais apparaît surtout comme un héros. Existence réelle toujours ! Les jeunes rêvent de l’imiter, ils se proposent de faire le guet pendant les échanges, contents de gagner 15 € grâce à ce travail. Les dealers deviennent donc des exemples ! Difficile alors de lutter contre le commerce de la drogue, difficile de faire passer un message négatif sur la toxicomanie quand son commerce est souvent le seul moyen de s’en sortir, ici...
En permettant cette désintégration sociale, en laissant l’homme se diluer dans la masse des autres, en pensant que l’existence n’était liée qu’à quelques euros distribués, en oubliant en fait que l’homme est beaucoup plus important, beaucoup plus grand, beaucoup plus beau, nous avons permis cette décadence. Et l’on voudrait lutter contre cela par quelques grammes de peinture sur les boîtes aux lettres...
La concertation toujours...
Ces hommes ne sont pas différents de nous. Ils ont les mêmes idéaux, les mêmes ambitions pour eux et leur famille. Un vernis de lassitude a caché beaucoup de leurs qualités mais ces dernières existent comme en témoignent certaines réactions spontanées quand les habitants des cités réagissent pour défendre leurs enfants, lutter contre la drogue, défendre les sans-papiers qui risquent le renvoi ou protéger les plus faibles. Comme en témoigne aussi l’extraordinaire investissement humain et financier que provoquent des opérations charitables médiatiques comme le Téléthon ou les Restaurants du cœur qui, dans ces cités d’exclus et de pauvres mobilisent parfois plus qu’ailleurs. Transformons ces assistés en personnes responsables et nous ferons de grands progrès.
Comment ? En créant de nouvelles structures associatives dans ces quartiers, en soutenant celles qui existent. En rassemblant ces populations sur des projets précis, exigeants pour eux et pour la collectivité. En les forçant à devenir acteurs plus que spectateurs...
Certaines villes ont réussi ces projets. Certaines réhabilitations par exemple ont été réalisées en responsabilisant tout un quartier. En demandant aux habitants de coopérer aux choix des plans, en demandant aux « taggers » de prendre part à la décoration, en formant la population pour qu’elle participe aux travaux. Les améliorations obtenues sont alors devenues la création de tous, elles furent plus durables car on respecte ce qu’on a fait, ce qui fait partie de soi...
Quand j’ai parlé précédemment de demander quelque chose aux personnes en échange de ce qu’elles reçoivent, je ne parlais pas uniquement d’argent. Comment demander de payer à ceux qui n’ont rien... Il suffit parfois de petits actes pour transformer la réalité, prendre un pinceau et repeindre soi même c’est beaucoup plus motivant que regarder des professionnel refaire la façade, ce peut-être aussi un excellent moyen d’initiation à une formation professionnelle. Demander un investissement au sein d’une association contre une aide matérielle, ce n’est pas, comme certains pourraient le penser, abaisser l’homme, c’est lui rendre toute sa dimension, c’est lui dire que l’aide qu’il reçoit, il l’a gagnée, il l’a méritée.
La multiplication des animateurs de quartiers doit se faire dans ce but. Ils doivent plus être les catalyseurs de l’action que des acteurs exclusifs. Ils doivent être des aides à la réflexion, des stimulants pour l’imagination, des conseillers techniques, pas des distributeurs de subventions.
Suivons les conseils de J.F. Kennedy : « Ne vous demandez pas ce que le pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour le pays ». Pour réussir à transformer nos banlieues il faut convaincre les habitants de ne pas attendre ce que leur donne la collectivité mais de se prendre en main pour transformer leur existence, il faut aussi leur donner les moyens de se prendre en main.
Là aussi il s’agit d’engager des procédures de concertation avec les habitants, de prendre leur avis, de stimuler leur capacité de création et de réflexion. Là aussi il ne faut pas vouloir imposer un modèle né de notre réflexion égocentrique mais accepter de s’ouvrir aux autres qui connaissent beaucoup de réponses.
Attention cependant à ne pas tomber dans la démagogie comme le font certains qui acceptent sans réflexion toutes les propositions afin d’avoir l’air ouvert. A voir certaines émissions télévisées par exemple on est effrayé de cette tendance au populisme. Tout ce qui est dit avec violence devient vrai. Toute proposition, aussi délirante soit-elle, devient impérative car on oublie de critiquer pour ne faire qu’écouter béatement. C’est un mauvais service que l’on rend à ces populations car, pour donner envie aux exclus d’intégrer la société, il faut leur montrer que cette société est forte, qu’elle repose sur
Revenir en haut Aller en bas
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:44

des valeurs solides capables de les soutenir chaque jour. Ce n’est pas en s’aplatissant devant eux, en acceptant n’importe quoi, en les écoutant niaisement comme s’ils délivraient toujours un message de vérité qu’on les convaincra de la force de nos convictions. Parfois ils se trompent, il faut savoir leur dire. Parfois nous ne sommes pas d’accord, il faut leur expliquer pourquoi. On ne construit une société de communication que si cette communication est duale, si chacun peut répondre à l’autre. Le monologue de la société vers les exclus ou le monologue des exclus vers la société sont également pervers, Restaurer le dialogue est notre seule voie d’avenir.
Il ne s’agit pas de supprimer les subventions, il ne s’agit pas de diminuer les aides mais d’orienter différemment ces aides et de les débloquer quand elles correspondent à une attente de la population. Il faut stimuler le désir de progresser plutôt que donner avant même que le besoin ne se soit fait jour. Le rôle des éducateurs est ici fondamental. Si quelques fous sont capables de convaincre des milliers de jeunes de s’investir dans une religion aussi effrayante que l’islamisme intégriste, notre challenge est de convaincre ces populations de s’investir pour vivre mieux, notre défi est de démontrer tout l’attrait de la démocratie. Si nous n’en sommes pas capables, cela veut dire que nous ne croyons pas réellement à notre message, que nous acceptons cette société à deux vitesses, que nous approuvons le fait de transformer les banlieues en parcs zoologiques où notre bonté nous permettra de jeter parfois des morceaux de viande aux fauves, voire d’envoyer les policiers-dompteurs pour corriger ces ingrats de temps en temps quand ils poussent l’insolence jusqu’à manifester leur désaccord…
III. Les réhabilitations.
L’uniformité.
Quelle différence entre les petites rues du Moyen Age du centre de la ville et les nouveaux quartiers des années soixante... A première vue les premières devraient paraître invivables et tous devraient envier ceux qui ont la chance de vivre dans les seconds. Voyez donc : les cités sont claires, les voies sont larges, dégagées, il existe de vastes terre-pleins, d’immenses espaces verts, des places où l’on peut se rencontrer. Rien de comparable avec les venelles de la ville historique : pauvres, sombres, vieilles, tristes ; aux voies minuscules, tourmentées, aux maisons ténébreuses et humides, sans place pour les arbres, sans lieux de contact. Oui, sur plan, vous auriez tous choisi de vivre aux Chartreux... Et, pourtant !
Les architectes des années soixante réalisaient sans doute de belles maquettes (on peut tout faire passer avec une belle maquette), mais ils oubliaient l’homme. Ils éliminèrent tout particularisme des nouveaux bâtiments. Chaque maison ressemble à l’autre, les alignements sont parfaits, les peintures similaires, les décors presque inexistants et uniformisés. On est bien loin de la minutie dans les détails des rues moyenâgeuses où les artistes sculptaient de petites œuvres à chaque coin de poutre, où ils manifestaient leur foi par la présence des Saints protecteurs, où chaque maison différait de sa voisine par sa taille, son volume, sa couleur, où le regard ignorait les perspectives trop vaste pour être toujours arrêté à « distance humaine »...
Les délires des architectes d’après guerre...
Ces cités uniformes ont bien mal supporté les outrages du temps. Elles se sont enlaidies rapidement. Leur laideur n’attire pas la sympathie. Les habitants eux-mêmes ont montré leur opposition à l’urbanisme en salissant et en détruisant. Car la réaction de celui qui brûle son ascenseur, qui saccage sa cage d’escalier, qui arrache les boîtes aux lettres n’est pas seulement une réaction négative. C’est un acte construit de rébellion. C’est une révolte contre un univers trop froid et trop régulier, ignorant les petits détails qui font la vie.
Depuis les émeutes des Minguettes en 1981, depuis l’explosion de novembre 2005, le problème des banlieues est devenu préoccupant pour les hommes politiques. Avant, les questions n’étaient pas posées ; non par ignorance, tout le monde savait qu’on ne vivait pas heureux dans les « cages à poules » mais par égoïsme. Le malaise des banlieues n’était pas encore très perceptible, le béton protégeait la ville. Seuls quelques sociologues, prêchant dans le désert, essayèrent d’alerter la foule contre les ravages de ces « zones ». A ce moment on vivait en plein délire architectural, des gens se disant adeptes de Le Corbusier construisaient n’importe quoi au nom de grands principes où la fonctionnalité dominait tout autre critère. Les Chartreux et autres Jules Guesde sont les fils de conceptions ineptes comme les « supergratte-ciel dégageant des espaces verts et des voies de circulation larges ». Dans l’exaltation intellectuelle de l’époque on oublia
Revenir en haut Aller en bas
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:45

l’homme pour se consacrer aux « poules »... Le modulor était plus proche du surhomme de Nietzsche que de l’homme.
Les casseurs des Minguettes, les incendiaires du 9 – 3, sans le savoir, sont rentrés dans nos maisons par le sas de la télévision. Tout à coup chacun s’est retrouvé face à ces individus forcenés. Tout à coup chacun a pris conscience que l’émeute couvait à quelques pas de son domicile. Tout à coup on s’est mis à traverser les cités comme on se promène au-dessus d’un volcan, avec une curiosité malsaine et l’angoisse de la voir se réveiller.
Les jeunes incendiaires des Minguettes allaient révolutionner la politique. Depuis cet été 81, tout le monde parle des banlieues, on a créé un ministère de la Ville, on s’inquiète. Il existe une formidable pression de la population paisible pour que les dirigeants trouvent des solutions aptes à calmer les foules. Notre réaction au départ fut d’un formidable égoïsme. On a choisi d’arrêter l’incendie en utilisant les grands moyens sans jamais parvenir à stopper les flammes. Les jeunes de ces cités, incapables de prendre des points de repère stables, se révoltent contre tout ce qui leur paraît (à juste titre ou non) une injustice : une « bavure », un règlement de compte, une arrestation qui tourne mal, tout est prétexte au saccage et au pillage. Ils profitent, avec un sens inné de la communication, des reportages télévisuels, ils infiltrent les manifestations d’éléments incontrôlés, ils font régner dans la ville la peur de les voir arriver.
Bien sûr nous n’en sommes pas aux délires de Los Angeles, bien sûr les hordes ne déferlent pas comme celles des favelas de Rio à Copacabana mais le danger existe, l’angoisse est là.
Quelques bonnes âmes crurent alors qu’il suffisait de redonner quelques coups de peinture pour désamorcer la révolte. On s’est mis à repeindre les façades, à ajouter des morceaux de plastique, à imiter des toitures en fausses tuiles... Dans un délire de décorateur malhabile on « rénova » 300 000 logements par an ! C’est quand même étonnant cette précipitation, cette ardeur à tout repeindre quand on a passé plus de trente ans à ignorer les problèmes de ces banlieues... Ne chercherions-nous pas à nous dédouaner ? On s’est donc mis à repeindre en rose des habitations indignes en espérant naïvement que cela suffirait à calmer l’insatisfaction des habitants.
Regardez à Troyes les résultats de ces D.S.Q. (développement social des quartiers) comme on les voit aux Chartreux, à Jules-Guesde, aux Sénardes ou au « Point du Jour ». On a plaqué des décors en carton-pâte sur les façades, on a rénové quelques volets, on isole un peu les murs exposés au nord, on ajoute quelques pots de fleurs... Résultat : aucun. Les « gens biens » sont contents, ils ont l’impression que l’on a fait quelque chose. Quelques mois après les dégradations seront un motif de colère : « Ils ne respectent rien... Après tout ce qu’on a fait pour eux... Ce sont des barbares... » On rejettera la faute sur les résidents de ces zones, et on aura bonne conscience... Et quelques années après 1981, après 20 ans de « politiques de la ville » en novembre 2005, les fils ou les frères de ceux de 81 recommencèrent à incendier et à blesser, à crier, à casser…
Le malaise persiste. Il ne faut pas être très intelligent pour le percevoir. Vous iriez, vous, habiter dans les Chartreux rénovés ? Non ! Alors pourquoi voulez-vous que ceux qui sont obligés d’y rester y soient heureux ? ...
Car là est le problème. Les habitants veulent partir car ils se sentent emprisonnés dans ces "zones" ; malheureusement pour eux, ils ne peuvent pas fuir, sauf à coucher sous les ponts.
Pourquoi ces erreurs ?
On a rénové ces quartiers dans l’esprit même de leur construction. Tous les immeubles sont repeints de la même couleur ou presque, ils présentent les mêmes motifs. Les grands espaces sont couverts de pelouses monotones. Les arbres achetés par lots de plusieurs centaines sont tous de la même espèce et ont tous le même âge. Rien n’arrête le regard hormis les tours en béton.
La ville c’est autre chose, une proximité concrète, un espace limité, des profondeurs de champs réduites. Dans le centre de Troyes le regard porte, sauf exception, au maximum à vingt ou trente mètres, les rues se courbent, les maisons s’empilent limitant la vue mais favorisant la perception totale de l’espace. Là-bas rien de tel, des champs d’herbe, de grandes hauteurs de béton, des perspectives infinies, la solitude dans l’immensité.
Avez-vous remarqué qu’on n’a pas aménagé les espaces verts de ces cités comme on exploite les espaces verts du centre. Les « petits jardins » sont de petits bijoux en forme de jardins japonais où tout est stylisé, où les arbres sont d’essences différentes,
Revenir en haut Aller en bas
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:45

disparates par leur taille, leur forme, leurs couleurs. Les fleurs côtoient les zones de promenades. Là tout est détails et précisions, là-bas ce sont de grandes pelouses desséchées, avec quelques arbustes malingres, des parcs à voitures et des pneus pour faire jouer les enfants ! (Il paraît que les enfants jouent très bien avec un pneu, c’est peut-être vrai mais on place beaucoup plus de pneus aux Chartreux que boulevard Carnot… )
Avez-vous remarqué que l’eau est absente des banlieues. La ville centre est pleine de fontaines, de ruisseaux, de rigoles... La périphérie n’entend jamais le son des jets d’eau.
Avez-vous remarqué que personne ne songe à casser les grands espaces, à construire de petites maisons qui arrêtent le regard ? Avez-vous remarqué qu’on ne cultive pas le détail, que tout est grand, immense, et par là inhumain ? Même les fresques qu’on peint pour égayer les façades sont démesurées...
Quand l’homme est perdu dans un monde au-delà de ses repères, il se déshumanise et tagger, casser, enflammer, piller c’est redonner une dimension humaine à des décors surréalistes.
On ne parviendra à lutter contre l’extrême tristesse de ces quartiers qu’en leur redonnant des visages divers. Il n’est naturellement pas possible de casser les grands alignements ou de modifier l’architecture d’ensemble. En revanche, rien ne s’oppose à ce qu’on essaie de retrouver un particularisme pour chaque bâtiment par des fresques spécifiques, par l’ajout de plantes sur les façades, par l’adjonction de corniches, de balcons distincts, de peintures originales ; par le choix de boîtes aux lettres différentes, de sonnettes particulières. Il serait aisé de construire de petites maisons à taille humaine au milieu des tours, cela réduirait les perspectives et redonnerait à l’espace des dimensions agréables. Rien n’est plus facile que de façonner de petits jardins limités par des grilles, aux perspectives étroites et belles, peuplés d’arbres nombreux et divers, où le buisson côtoie le chêne et le sapin, où l’enfant peut construire des cabanes ou cueillir des cerises, où les amoureux peuvent rêver assis sur les bancs chers à Brassens... Il est aisé d’installer des fontaines, de creuser des ruisseaux, voire de petits étangs, de mettre l’eau dans la cité. Pourquoi se contenter en banlieue des matières froides et impersonnelles que sont l’acier, le béton et le plastique ? Ne pourrait-on utiliser des éléments disparus : le bois, la pierre, l’eau, la lumière mais aussi l’obscurité…
Pourquoi ne le faisons-nous pas ?
Certains départements comme les Hauts-de-Seine se sont lancés dans l’expérience. Charles Pasqua (RPR à l’époque, par forcément de gauche… ) a demandé à Roland Castro (socialiste) de refaire la ville dans les cités. Aurions-nous moins d’imagination ?
Le poids de la technocratie nous a imposé des méthodes préétablies. Nous avons recopié ici les erreurs de Reims, Lyon ou Marseille. Un peu d’imagination nous permettra de progresser. Une grande explosion médiatique au « Point du jour » ne fait pas office de réflexion profonde sur les quartiers, on ne joue pas avec les malheurs des populations, on n’a pas le droit d’utiliser la télé locale, la presse quotidienne, pour faire passer des messages aux populations favorisées en utilisant les faibles et les malheureux…
Pourquoi ne pas demander à quelques étudiants de l’école des beaux-arts de travailler en participation avec les habitants sur un tel projet en exigeant d’eux, qu’en opposition avec ce qui ce faisait jusqu’à présent, chaque immeuble devienne différent de son voisin dans son aspect d’ensemble et dans ses détails. Pourquoi ne pas demander à un architecte « humain » de travailler avec ces groupes pour concevoir une nouvelle ville ? La réfection des Chartreux ou de La-Chapelle ne mérite-t-elle pas autant d’attention et de moyens, autant de concours d’architectes, autant d’associations de défense que l’extension du Conseil général ?
Il ne s’agit pas de rénover les cités, il s’agit de réinventer une véritable urbanité, un espace urbain vivant en utilisant les recettes que la construction de la ville centre nous a léguées.
IV. Les rapports entre les hommes.
Supprimer les ghettos.
Il faut, également, veiller à supprimer les ghettos. Beaucoup de cités difficiles voient leurs problèmes exacerbés par la composition peu diversifiée de leur population.
Revenir en haut Aller en bas
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:46

On a ainsi rassemblé sur un même lieu des centaines de jeunes du même âge souffrant des mêmes problèmes. Comment s’étonner que le chômage, l’inactivité et la promiscuité entraînent des conflits quand rien ne rattache à une vie sociale normale. Plus loin ce seront des personnes âgées qui seront « parquées » par dizaines, et l’on s’étonne de la déprime de ces « cités du bonheur » ? Plus loin encore on aura regroupé des immigrés venant du Maghreb et l’on refusera de comprendre l’impact des islamistes...
Il faut briser ces schémas par des procédures volontaristes visant à reconstituer des profils de population « standard ». Tel nombre de jeunes, tel nombre de personnes âgées, tel nombre de femmes célibataires, tel nombre d’immigrés d’Afrique du Nord, etc., etc. Bien sûr, ceci semble barbare, voire raciste de compter ainsi les populations. Une telle procédure pourrait choquer certains. Il n’entre pas du tout dans notre esprit de vouloir restreindre les droits de certains à se loger où ils veulent, comme ils le veulent. Nous voulons au contraire améliorer le sort de tous en retrouvant le dialogue…
Introduire un certain « quota » d’étudiants, de célibataires, de personnes âgées, etc., dans des bâtiments antérieurement réservés à une seule population c’est augmenter les chances d’obtenir une réintégration de beaucoup et une meilleure vie sociale.
Il faut aussi mieux répartir les attributions de logement. Une politique à l’échelle de l’agglomération troyenne est ici nécessaire car il faut répartir le parc HLM sur toute la CAT (communauté de l’agglomération troyenne). Il n’est pas normal que des villes comme Rosières ou La-Rivière-de-Corps ne comportent aucun logement social alors que La-Chapelle-Saint-Luc et Troyes accueillent la majorité de ces populations.
Ne nous y trompons pas, cette suppression des ghettos, cette restauration d’une structure sociale diversifiée ne sera possible que si l’amélioration du « décor » évoquée précédemment est réalisée. Dans le cas contraire seules les populations les plus pauvres resteront dans les cités. Comment convaincre par exemple un étudiant d’habiter une cité si la médiocrité du logement, l’insonorisation défectueuse ou la promiscuité sont désastreuses et l’empêchent de mener à bien son travail ? Impossible d’installer des personnes âgées si, isolées, elles ont peur du monde agressif qui les entoure. La mise en place d’un schéma architectural agréable est un préalable indispensable à toute action efficace sur la composition sociale des quartiers défavorisés.
Favoriser le retour de la solidarité.
« La solidarité ne se décrète pas, elle existe ou n’existe pas », pensent beaucoup. Ce n’est pas tout à fait vrai, on peut aider l’émergence de l’entraide, on peut encourager ce qui existe déjà dans ce domaine.
Des systèmes spécifiques peuvent être créés afin de favoriser la complémentarité des générations et des compétences. Il s’agit de faciliter les contacts et d’aider chacun dans sa vie de tous les jours.
Ainsi, pour restructurer des quartiers difficiles on pourrait demander à des étudiants logés gratuitement de soutenir un ou deux jeunes en difficulté scolaire logeant dans le même bâtiment. Ce soutien ferait l’objet d’un contrat. Ceci permettrait à l’étudiant de prendre conscience de problèmes sociaux bien éloignés de ses soucis quotidiens et à l’enfant d’avoir une chance de progresser à l’école. Les étudiants seraient soutenus dans leur action par des spécialistes de l’éducation et des problèmes sociaux. On pourrait charger des professionnels de l’éducation de la formation et du suivi de ces étudiants qui, ainsi, obtiendrait une formation complémentaire à leur cursus.
Dans le même ordre d’idée on pourrait demander à une mère célibataire de préparer, contre un abaissement substantiel de son loyer, les repas d’un ou deux couples de personnes âgées habitant près de chez elle. Ces personnes âgées assurant par exemple en contrepartie la garde des enfants quelques jours dans le mois. Là aussi l’établissement d’un contrat officialiserait la solidarité et permettrait de faire durer l’expérience dans le temps.
Toutes ces idées veulent favoriser des contacts et ainsi permettre de briser des barrières. Les cités H.L.M. souffrent trop de l’indifférence de leurs habitants.
Rétablir l’ordre.
Quand nous évoquions, plus haut, les sources du désordre des banlieues, les origines de ces défoulements qui aboutissent aux pillages, aux incendies, aux affrontements avec les forces de l’ordre, parfois à la mort d’homme... nous n’avions pas la volonté d’excuser ces excès, simplement de les comprendre.
Revenir en haut Aller en bas
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:46

Rétablir l’ordre dans les banlieues est une nécessité. Nécessité pour la société qui doit par là affirmer sa croyance en ses valeurs, nécessité pour les habitants qui doivent se sentir protégés. Les habitants des banlieues sont les premières victimes du désordre.
Actuellement le désordre règne dans les banlieues, même à Troyes. Bien sûr il n’y a pas de grands affrontements chez nous mais le vol à la tire, l’agression, le libre marché de la drogue sont monnaie courante. Nous ne pouvons pas accepter cela.
Il n’est naturellement pas question d’encadrer ces cités avec des bataillons de C.R.S. casqués et munis de grenades lacrymogènes...
Quelques mesures simples permettront de rétablir l’ordre au milieu des H.L.M :
Tout d’abord, il semble indispensable de nommer de nouveau des gardiens dans ces cités. Ceci permet de favoriser la prévention. Ces gardiens devront être particulièrement bien choisis car ils ont un rôle très difficile à exercer. Bien sûr, une telle responsabilité va de pair avec un salaire correct. Beaucoup se gausseront de cette curieuse idée de rétablir des « concierges » dans ces cités, nombreux seront ceux qui jugeront excessif les coûts engendrés… A-t-on compté ce que coûtent la révolte et le malheur ?
Ensuite, une restructuration de la police municipale orientée vers l’îlotage de ces zones apporterait beaucoup (et serait beaucoup plus utile que les déambulations, un carnet de P.V. à la main, dans les rues du centre ville). A Cannes des policiers municipaux ont été installés dans les quartiers difficiles. Ils y disposent d’un logement gratuit attenant à leur bureau. Ils vivent au milieu des habitants, rendent des services, sont capables de désamorcer des conflits... Cette présence a transformé certaines cités. Là aussi le choix des hommes est important, affronter ce milieu difficile n’est pas facile. Il s’agit d’envoyer des policiers ayant assez de « psychologie » pour être capables d’orienter sans imposer, de convaincre sans contraindre…
Enfin, l’exigence de la présence effective de la police nationale doit être également une préoccupation des élus. Il faut parfois savoir faire monter ses demandes jusqu’aux ministères si on les considère comme justifiées... Surtout si le maire se retrouve, même quelques jours, ministre de l’Intérieur…
Il ne faut pas oublier également le rôle indispensable des éducateurs de terrain. Venant souvent de ces quartiers difficiles ils ont l’écoute facile et le contact aisé avec les jeunes et les défavorisés. Coordinateurs des actions précédentes, interlocuteurs privilégiés de la municipalité pour l’implantation d’activités dans le quartier, ils sont irremplaçables. Leur salaire ici aussi doit correspondre à l’importance de leur action.
Rendre les habitants propriétaires de la cité
On ne brûle pas, on ne saccage pas ce qui nous appartient... Il faut trouver des systèmes permettant de rendre les habitants propriétaires de leur cité. Le travail effectif dans la réhabilitation est un de ces moyens. La participation de tous dans la réflexion pour l’amélioration de l’habitat en est un autre. Mais cela ne suffit pas. La cité n’appartient à personne car elle appartient à tout le monde. Les dégradations ne touchent personne car le supermarché ou la cage d’escalier ne sont la propriété d’aucun.
L’instinct de propriété est très important. Il suffit, pour s’en persuader, d’observer l’attention que les habitants de ces cités portent à leurs automobiles. Elles sont souvent très belles, d’un coût qui peut paraître excessif au regard des faibles moyens des habitants. Le dimanche matin, de nombreuses personnes passent du temps à nettoyer leurs véhicules, les familles regardent du balcon le déroulement de ces travaux. Tout cela pourrait sembler futile ; ce serait ne pas prendre conscience de l’importance qu’a la possession d’un bien pour ceux qui n’ont rien.
Les habitants de ces cités s’attachent à elles. Malgré les problèmes, malgré la laideur, malgré l’environnement désastreux ils sont reliés à ces quartiers. Beaucoup y sont nés, beaucoup y ont vécu longtemps. Ils y ont des souvenirs, des joies, des peines. Ils y vivent.
Il y a quelque temps, pour réhabiliter le quartier des Minguettes, on a détruit une série de tours. Les reportages de la télévision étaient alors instructifs. Les habitants du quartier « Démocratie » avaient les larmes aux yeux en voyant exploser une partie de leur existence. Il y a deux ans, la municipalité faisait la même opération au « Point du Jour », même visages tristes, même sentiment de perdre quelque chose… Il pourrait sembler curieux, pour ceux qui n’y vivent pas, de verser des larmes sur ces taudis, pourtant il y avait un véritable attachement pour ce béton...
C’est pourquoi il faut beaucoup réfléchir avant de détruire certains bâtiments. Les considérations financières ne doivent pas être les seules prises en compte. Certes il
Revenir en haut Aller en bas
sidi 3li



Messages : 23
Date d'inscription : 30/08/2008

MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Jeu 23 Avr - 13:47

coûte souvent moins cher de détruire que de restaurer mais la destruction des murs c’est aussi la destruction de parts de vie.
Dans cet esprit on pourrait essayer d’envisager l’accession à la propriété dans ces quartiers. Cela demanderait une évolution du statut de ces zones mais cela pourrait aider à l’intégration. Bien sûr, vu la faiblesse des moyens des locataires, cette accession à la propriété devrait être modulée, les prix des loyers en accession devraient être très serrés et l’on doit se préoccuper d’assurer la survie du système en gardant à la collectivité l’essentiel des charges.
Dans le même ordre d’idée, et ce sera ici plus facile, pourquoi ne pas créer des « jardins familiaux » au milieu des cités. Ces structures permettent à chaque habitant de cultiver son petit bout de terrain, de reprendre contact avec la nature, d’économiser un peu d’argent sur les dépenses de nourriture (certaines études tendent à prouver que ces jardins permettraient d’économiser 900 à 1000 € par an pour un investissement de quelques centaines d’euros.) Les « jardins familiaux » occupent le temps libre à un travail efficace. Ils rassemblent les familles autour d’objectifs. Plusieurs expériences ont intégré les « jardins familiaux » dans les D.S.Q. Ainsi à Bayonne, 54 parcelles ont été aménagées dans la ZUP des Hauts-de-Croix, à Angers la même tentative a été faite dans la cité des Plaines. Les municipalités ont acheté les terrains dont les frais d’aménagement ont été pris en charge par la Caisse d’allocations familiales.
Nul ne peut nier le rôle social bénéfique qu’eut, par le passé, l’association des « Jardins Ouvriers » aussi bien sur le plan matériel que moral.
Véritable chance pour l’insertion, ces jardins pourraient être aménagés dans certaines cités de Troyes. Aux Chartreux par exemple plusieurs zones sont disponibles. Bien sûr il peut sembler bizarre de planter des tomates au pied des tours. Mais ces jardins, installés sous les fenêtres, rendent les habitants propriétaires de l’espace.
Enfin, responsabiliser...
Nous ne reviendrons pas sur ce sujet largement traité plus haut. Mais la responsabilisation des hommes doit rester notre souci primordial dans tout programme adapté pour ces cités. La création de véritables comités de quartiers, dynamiques, responsables, impliqués dans tous les programmes de réhabilitation, encadrés par des animateurs proches de la population apporteraient de vraies réponses.
Les effets ne seront pas immédiats, il faut savoir prendre son temps pour convaincre avant de faire mais une action placée dans ce cadre aura une chance de perdurer et d’améliorer la situation de tous. On ne peut rattraper en quelques mois cinquante ans d’erreurs. A vouloir tout faire trop vite on prendrait ici encore le risque de plaquer une apparence qui ne correspondrait pas à la réalité. La discussion, la persuasion, l’écoute apporteront des solutions.
Ne pas être fataliste.
Il est facile de se replier sur soi, de considérer que la situation est trop dégradée pour ne rien essayer. C’est une façon de refuser d’avancer. On doit au contraire être optimiste sur les résultats à venir. Certaines villes ont réussi à transformer totalement leurs quartiers défavorisés. Troyes et la CAT ont la chance d’être encore une petite cité où le travail de proximité est possible, aucune explosion sociale n’a creusé de fractures indélébiles dans l’esprit des citoyens, tout est ici possible.
Une action volontariste a toutes les chances d’aboutir à condition qu’elle corresponde à un schéma original, novateur, destiné à rénover l’urbanité de notre ville.
V. Comment faire…
Certaines actions évoquées plus haut existent déjà. Leur présence dans ce texte pourrait faire penser que nous ignorons des expériences troyennes. En fait c’est une politique globale que nous voulons promouvoir pour harmoniser toutes ces expériences et pouvoir en suivre les résultats à moyen et long terme. Ce texte paraîtra à beaucoup le délire d’un doux rêveur. D’autres seront choqués par telles ou telles propositions ou avis. D’autres enfin ne verront pas l’acuité du problème pour Troyes ou la CAT...
J’aimerais faire de ce texte le début d’une réflexion commune à laquelle s’associeront, bien sûr, les professionnels, les maires qui ont menés des politiques courageuses et souvent bénéfiques dans leurs quartiers mais aussi les habitants concernés. J’aimerais qu’on établisse, pour notre ville, un « Plan de Sauvegarde et de Mise en valeur des quartiers » (PSMVQ) pour les quartiers difficiles (et pourquoi pas pour les autres… ), qu’on y consacre autant de temps, d’argent et d’énergie qu’on en a consacré pour les quartiers historiques de Troyes. J’aimerais enfin, qu’ensemble, nous choisissions un ou deux quartiers pour essayer de réaliser ce PSMVQ et pour voir les résultats, dans 5 ans. N’est-ce pas un projet ambitieux, un vrai chalenge pour notre ville ? Au moins aussi intéressant qu’un classement au patrimoine mondial, non ?
Tout ne se fera pas en un jour, tout ne sera pas gratuit mais l’imagination et l’opiniâtreté peuvent changer des choses apparemment inébranlables. Il suffit de le vouloir. Le voulons-nous ?



http://troyes2008.com/spip.php?article20
Revenir en haut Aller en bas
buono10
Invité



MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   Sam 16 Mai - 9:28

C'est quoi ce sujet de merde les chartreux ca craint un peu le soir et surtout la nuit mais de la a dire que c'est une banlieue difficile c'es un peu abusé
C'est une banlieu delaissé comme toute les banlieu de la france et puis c'es tou
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les quartiers difficiles...   

Revenir en haut Aller en bas
 
Les quartiers difficiles...
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LIMADA ? :: sur les Activites Associatives et la Jalia Musulmanes-
Sauter vers: