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 TARIQ RAMADAN VA-T-IL BÉNÉFICIER D'UN PROCÈS ÉQUITABLE EN FRANCE?" PAR ALAIN GABON

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tijanni



Messages : 68
Date d'inscription : 03/10/2013

MessageSujet: TARIQ RAMADAN VA-T-IL BÉNÉFICIER D'UN PROCÈS ÉQUITABLE EN FRANCE?" PAR ALAIN GABON   Sam 24 Fév - 9:57






TARIQ RAMADAN VA-T-IL BÉNÉFICIER D'UN PROCÈS ÉQUITABLE EN FRANCE?" PAR ALAIN GABON

"Depuis le 2 février, Tariq Ramadan, l'un des intellectuels musulmans les plus influents d'Europe, est placé en détention provisoire et en isolement à la prison de Fleury-Mérogis, en France, suite aux accusations de viols de deux femmes qu'il nie totalement.

Les questions soulevées ici ne concernent en rien la culpabilité présumée ou l'innocence présumée de Ramadan. Ce sont des accusations sérieuses et Ramadan devra y faire face devant le tribunal. Ceux qui prétendent le contraire, de chaque côté de cette affaire suralimentée, ne peuvent le faire que par mauvaise foi, préjugés ou hypocrisie.

Cela dit, le traitement par le système judiciaire français des conditions préalables au procès a été entaché de controverses, d'allégations de déni de justice et de violation de la procédure régulière.

Le degré de déviation du système par rapport à la pratique normale a choqué même les détracteurs de Ramadan, comme l'avocat français Régis de Castelnau, qui a qualifié le déni de procédure régulière de «grave et constante».

Problèmes juridiques

Le premier problème résidait dans le refus d'accorder une caution et la décision de placer Ramadan en détention. La demande de remise en liberté sous caution de Ramadan n'a jamais été considérée. L'incarcération est généralement une mesure de dernier recours lorsque d'autres options telles que l'assignation à résidence, le bracelet électronique ou le signalement à un poste de police ne sont pas réalisables ou réalistes.

Les juges ont fait valoir que s'il était libre, Ramadan ferait pression sur ses accusatrices pour qu'elles abandonnent leurs accusations. Ceci est absurde. Il faudrait être un abruti fini pour tenter une telle chose, sachant comment une telle ligne de conduite pourrait être utilisée contre lui.

Le deuxième argument avancé était le risque de fuite. Ramadan est un citoyen suisse. Il n'y a aucune preuve que Ramadan pourrait s'enfuir dans un pays avec lequel l'UE n'a pas de traité d'extradition. Ramadan a pleinement coopéré avec les autorités judiciaires françaises et s'est rendu volontairement au tribunal.

Ramadan n'a pas seulement été gardé en détention, mais il a été maintenu à l'isolement. Sa femme et ses enfants se sont vu refuser le droit de lui rendre visite. Cela constitue une autre mesure pour laquelle les juges n'ont fourni aucune explication.

Lorsque la première plainte contre Ramadan a été déposée, c'était au parquet de la ville de Rouen. Logiquement, la ville de Rouen aurait dû avoir compétence naturelle sur l'affaire; toutefois, la compétence de la ville de Rouen a été levée pour être transférée au Parquet de Paris!

Cela a permis de transférer l'affaire de Ramadan au Procureur François Molins, spécialisé dans les affaires de terrorisme islamiste qui relève de la juridiction nationale française.

Molins est devenu une figure familière en France. Pendant trois ans il a été un visage très médiatique, apparaissant souvent dans des interventions longues et dramatiques, nous donnant des informations sur chacune des affaires terroristes qui ont ébranlé la vie publique française - l'affaire Charlie Hebdo, l'attentat de Nice et d'autres attaques moins meurtrières.

Pour les Français, Molins est devenu la personnalité de la lutte anti-terroriste. Mr anti-terrorisme islamiste en personne, ou le «procureur des djihadistes français» comme certains l'appellent affectueusement. Quiconque souhaitant associer l’affaire Ramadan au terrorisme islamiste n'aurait pas pu trouver meilleur personnage que celui de [Molins].
...
Deux poids, deux mesures

L'exceptionnalisme avec lequel Ramadan a été traité, en soi une violation de l'obligation constitutionnelle de la France de garantir l'égalité devant la loi, est encore plus clair lorsqu'on le compare à des accusations similaires contre d'autres personnalités et comment ces affaires ont été traitées.

Parmi les dizaines de cas similaires de viol, dont beaucoup avec des accusations formelles, qui ont émergé en France (et ailleurs) dans le sillage du mouvement MeToo, Ramadan est le seul qui a été emprisonné de cette façon.

Il y a eu une vague d'accusations d'agression sexuelle avec des accusations formelles de viol notamment contre les dirigeants du principal syndicat étudiant de France.

Mais les exemples flagrants du traitement différencié par l’Etat français ont été les affaires des deux principaux ministres du gouvernement d'Emmanuel Macron, accusés de viol (chacun par deux femmes, comme Ramadan).

Il s’agit du ministre du Budget Gerald Darmanin, "le nouveau Sarkozy", et le ministre de l'Environnement Nicolas Hulot, un ancien militant écologiste, journaliste et figure de télévision immensément populaire, en France une véritable icône culturelle depuis les années 1980.

Outre une focalisation médiatique embarrassante, pour laquelle ils se sont plaints longuement dans des entretiens profondément empathiques et compatissants pendant lesquels ils pouvaient aussi se défendre, contrairement à Ramadan, ils n'ont eu à subir qu'un bref interrogatoire de police puisque obligatoire dans de tels cas.

Dès que les accusations de viol ont fait surface et que la procédure judiciaire normale a commencé, tout le gouvernement de Macron, y compris le Premier ministre, Edouard Philippe, et le président lui-même ont apporté leur soutien à Darmanin, puis Hulot.

L'une des accusatrices de Hulot était mineure au moment du crime allégué, bien que Hulot nie les accusations. Il a également été accusé par Pascale Mitterrand, la petite-fille du défunt président français François Mitterrand.

Le moment clé de cette manifestation unanime et touchante de soutien fut lorsque Darmanin entra à l'Assemblée nationale française le lendemain de la première enquête préliminaire ouverte contre lui.

Avant la publication des résultats de l'enquête, les députés de la majorité du camp Macron lui ont fait une ovation debout. Darmanin a avoué avoir eu des relations sexuelles avec la «call-girl» qui l'accuse maintenant de viol, en échange d'une faveur dans une affaire judiciaire.

Procès équitable?

Comme on le voit, en France, tout est relatif, flexible et ajustable selon les accusés. Le même ‘deux poids, deux mesures’ peut être observé dans le traitement médiatique de l’affaire Ramadan comparé à celles de Darmanin et Hulot.

Tandis que Ramadan n’a eu qu’un occasionnel rappel, et du bout des lèvres, de la présomption d'innocence, alors que dès l’éclatement de l'affaire Darmanin, les médias ont soudainement adopté un mode différent, beaucoup plus "embarrassé", et un nouveau thème, celui de "l'éthique des médias" qui doit être réaffirmée pour éviter "l'excès" dans la couverture médiatique "hors contrôle" de l'affaire Hulot.

Les médias français sont d'une autocritique touchante sur le «lynchage» de Hulot, décrivant la couverture médiatique qui lui a été réservée comme un «dérapage», et réaffirmant avec force, cette fois, la présomption d'innocence de Hulot.

Maintenant ils font même campagne contre la «tyrannie de la transparence», tandis que les couvertures et les titres sensationnalistes des journaux [français] se demandent, partout, et avec une opposition apparente au mouvement #MeToo (célébré il y a peu): «Devrions-nous tout exposer» dans nos «tribunaux médiatiques»? Tellement noble. Assez curieusement, Ramadan n'a jamais été évoqué dans ces débats et reste absent de la crise de conscience des médias français. Et les mêmes médias nationaux qui hier mettaient en scène les accusatrices de Ramadan de la manière la plus empathique et compatissante (et bien sûr non critique), utilisent maintenant la diffamation contre les femmes qui ont porté plainte contre les deux ministres.

Rien de tout cela ne concerne les faits de l'affaire Ramadan. Il est soit coupable soit innocent. Mais tout cela suggère certainement qu'il est peu probable qu'il bénéficie d'un procès équitable, tel a été l'abus de pouvoir dans cette affaire.

Lire l'article en entier (en anglais) ici: http://www.middleeasteye.net/…/tariq-ramadan-going-get-fair…


Dernière édition par tijanni le Sam 24 Fév - 9:59, édité 1 fois
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tijanni



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MessageSujet: Re: TARIQ RAMADAN VA-T-IL BÉNÉFICIER D'UN PROCÈS ÉQUITABLE EN FRANCE?" PAR ALAIN GABON   Sam 24 Fév - 9:58

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Article #2

RAMADAN : ASSANGE EN VERSION FRANÇAISE-LE TEMPS

Par Christophe Catsaros

L’incarcération d’un intellectuel, aussi controversé soit-il, n’est jamais une mince affaire.

Celle de Tariq Ramadan, universitaire mondialement reconnu, sur la base d’accusations remontant à des faits qui se seraient déroulés en 2009 et 2012, l’est encore moins.

Que Tariq Ramadan ait eu un comportement prédateur relevant de la justice est une chose. Il mérite d’être jugé, et même sévèrement, pour ses agissements.

Mais que cela puisse constituer l’argument concluant de la longue polémique qui l’oppose à la nébuleuse islamophobe est une simplification d’une rare vulgarité.

Un cas d’hypocrisie collective digne de celle qui maintient le fondateur de Wikileaks Julian Assange enfermé dans l’ambassade d’Equateur à Londres depuis bientôt six ans.

Dans le cas de Tariq Ramadan, les circonstances aggravantes qui le maintiennent en détention sont précisément celles qui auraient dû valoir pour des circonstances atténuantes s’il ne faisait pas l’objet depuis plusieurs années d’une controverse médiatique d’une rare ténacité.

Ramadan est incarcéré en attente de son procès à cause de sa position théorique.

Spécialiste de l’Islam et de l’intégration, Tariq Ramadan a fait siennes des positions éclairées, polémiques et éminemment politiques.

Contre les adeptes de la théorie du conflit des civilisations, il a clamé la compatibilité entre les communautés de croyants et la démocratie inclusive.

Pour ses pourfendeurs, cela n’est que de la poudre aux yeux.

L’homme tiendrait un double discours, s’adressant différemment à ses interlocuteurs occidentaux et à ses adeptes musulmans.

Ces accusations brandies à maintes reprises par ses télé-accusateurs (Fourest, Finkielkraut pour ne citer que les plus haineux) semblent ignorer que la synthèse dialectique est une démarche intellectuelle parfaitement légitime.

Pour eux, concilier de manière dialectique des positions jugées incompatibles (démocratie inclusive / islam) serait le pire crime que puisse commettre quiconque.

Du coup, l’idée d’un double visage de Ramadan s’est progressivement établie comme une évidence médiatique, autorisant la plupart à prendre position contre lui sans même se donner la peine de le lire.

Dans On Superdiversity, un manifeste en trois langue (anglais, néerlandais, arabe) édité par le centre d’art contemporain Witte de With, à Rotterdam, Ramadan pose les préceptes d’un pacte républicain qui inclut sans digérer, c’est-à-dire sans aliéner ce qu’il intègre.

La clarté de son propos lui a valu une reconnaissance mondiale et une carrière académique brillante qu’est venue détruire l’affaire des viols présumés.

Suspendu de ses fonctions académiques, Tariq Ramadan est aujourd’hui incarcéré dans l’attente d’un procès qui s’efforcera de déterminer s’il y eut acte sexuel dans une chambre d’hôtel, s’il était consenti et si les personnes qui s’y sont adonnées ont fait l’objet d’une quelconque manipulation.

Sauf que, comme dans le cas d’Assange, cette triste affaire sexuelle déborde sur quelque chose qui la dépasse.

Une guerre qui dure depuis plusieurs années, lancée par une nébuleuse de pseudo intellectuels médiatiques, héros d’une laïcité haineuse et intolérante et qui prend pour cible tout ce qui pourrait constituer un nouveau pacte social entre la majorité laïque et la minorité musulmane.

Tariq Ramadan a failli incarner ce nouveau pacte social entre les musulmans et la République. Il a échoué.

Son échec personnel est aussi celui d’une société française qui ne parvient pas à faire une place à la plus grande minorité musulmane d’Europe.

Ses détracteurs peuvent se réjouir.

Le personnage, probablement l’un des seuls à s’adresser simultanément à une communauté de croyants et à celle académique, est à terre.

La théorie du conflit des civilisations a remporté une bataille.

CHRISTOPHE CATSAROS
Christophe Catsaros a étudié la philosophie à l’Université de Nanterre. Critique d’architecture, il est, depuis 2011, rédacteur en chef de Tracés, la revue de la SIA.

https://blogs.letemps.ch/christophe-catsaros/2018/02/22/ramadan-assange-en-version-francaise/

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Article #3

«LIBÉREZ TARIQ RAMADAN» : UNE PÉTITION DE PLUS DE 100 000 SIGNATURES EN FAVEUR DE L'ISLAMOLOGUE: RT FRANCE

La pétition d'un collectif intitulé «Free Tariq Ramadan», exigeant la «libération immédiate» du théologien accusé de viols, a recueilli plus de 100 00 signatures.

D'autres voix, parmi la communauté musulmane, dénoncent ce type de soutien.

Les soutiens de l'islamologue suisse Tariq Ramadan, actuellement en détention en France, se mobilisent.

Lancée il y a plusieurs semaines, une pétition exigeant «sa libération immédiate» a recueilli près de 110 000 signatures. Accusé de viols sur deux femmes et mis en examen, Tariq Ramadan serait, pour les auteurs de cette requête, victime des «forces antimusulmanes, représentées par des médias puissants, des institutions politiques et des islamophobes comme Caroline Fourest et Antoine Sfeir».

De plus, le 22 février, la page Facebook du collectif à l'origine de la pétition, intitulé «Free Tariq Ramadan», a fait savoir qu'un appel aux dons avait été lancé pour «aider à financer les frais d’avocats [de Tariq Ramadan] ainsi que la campagne» de communication de «Free Tariq Ramadan».

Cette dernière est en effet bien rodée, avec notamment un site web, ou la diffusion sur internet de vidéos de soutiens à l'islamologue, comme la prise de parole à ce sujet de la femme de Tariq Ramadan, Imam, ou de l'universitaire Nabil Ennasri (réputé proche du Qatar, selon Mediapart).

En outre, une tribune publiée sur Mediapart le 22 février, signée par une cinquantaine de personnes, pour la plupart militants, comme Marwan Muhammad (ancien directeur exécutif du CCIF) ou Houria Bouteldja (porte-parole des Indigènes de la République), dénonçait une «sévérité de traitement» contre Tariq Ramadan.

Dans leur ensemble, ces divers messages et prises de parole de soutien au théologien pointent du doigt un traitement de l'affaire par des médias qui chercheraient à nuire à ce dernier, ainsi que l'exercice de pressions politiques.

Parmi leurs arguments invoqués pour justifier la libération de Tariq Ramadan, figurent également l'état de santé de l'intellectuel, qui affirme souffrir de deux pathologies dont une sclérose en plaques, un état de santé qui ne serait pas compatible avec son actuelle détention. Or, une expertise médicale ordonnée par la justice, dont l'AFP a eu connaissance le 19 février, a jugé son état de santé bel et bien compatible avec son incarcération.

https://francais.rt.com/france/48270-liberez-tariq-ramadan-petition-pour-islamologue-recueille-plus-de-100-000-signatures

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With this devastating news, we are calling on you to support Tariq Ramadan’s legal fund so he can properly defend himself and to provide the best possible legal assistance.

Costs will be put towards legal procedures, legal fees, expert opinions and expert reports.

Please note that the Free Tariq Ramadan Campaign is the official campaign consisting of the Tariq Ramadan support committee. The Cotizup platform has certified our campaign.

This fundraising campaign was decided following the enormous legal costs involved in these legal procedures.

To support Tariq Ramadan’s legal defense:
HTTPS://WWW.COTIZUP.COM/FREETARIQRAMADAN
____________________________________________
UN APPEL À L'AIDE: SOUTENIR TARIQ RAMADAN DANS LES PROCÉDURES JURIDIQUES
Il est temps de soutenir le Pr. Tariq Ramadan financièrement : procédures juridiques, frais d'avocats, expertises et contres expertises.

Le « Free Tariq Ramadan Campaign » est la page officielle du comité de soutien du professeur Tariq Ramadan.

Cette campagne de financement a été décidée suite aux coûts très importants des procédures juridiques.

La plateforme Cotizup a certifié notre collecte. Nous avons besoin de votre soutien.

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