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 Pourquoi la liberté d’expression s’arrête à Dieudonné

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hud



Messages : 250
Date d'inscription : 18/08/2008

MessageSujet: Pourquoi la liberté d’expression s’arrête à Dieudonné   Dim 11 Jan - 9:47

Pourquoi la liberté d’expression s’arrête à Dieudonné






    Certains hasards de calendrier en disent long. Un an presque jour pour jour après l’interdiction du spectacle de Dieudonné à Nantes, qui mettra un terme à sa tournée, une grande marche républicaine est organisée… pour défendre la liberté d’expression. Et comble de l’ironie, y défileront ceux-là mêmes qui étaient à l’avant-poste du combat contre l’humoriste : les principaux responsables politiques de l’UMPS et les associations de l’antiracisme institutionnel.



Par cette contradiction manifeste, le deux poids deux mesures apparaît dans toute sa splendeur. Hier unis comme un seul homme pour faire taire un humoriste, les mêmes font aujourd’hui front commun contre « la barbarie » islamique qui menacerait la liberté d’expression. Reste évidemment à comprendre les vrais raisons de cette indignation à géométrie variable. Et sur cette question (comme sur les autres) si l’on veut s’approcher de la vérité, il vaut mieux s’éloigner à grands pas de l’opinion dominante…
 
Le 9 janvier, jour de deuil pour la liberté d’expression
La journée du 9 janvier 2014 a été pour le moins riche en rebondissements :
14 h 30 : le tribunal administratif de Nantes annule l’ordonnance d’interdiction du spectacle de Dieudonné, Le Mur ; 15 heures : Manuel Valls fait appel de cette décision ; 17 heures : réunion de l’audience en appel (et en l’absence de l’avocat de l’humoriste) ; 17 h 30 : rétablissement en urgence de l’interdiction par le Conseil d’État invoquant les risques de troubles à l’ordre public et d’atteintes à la dignité humaine en cas de maintien du spectacle ; 18 heures 30 : le Conseil d’État rend une ordonnance interdisant la tenue du spectacle de Dieudonné. Le tout à grands renforts de gendarmes : pas moins de 140 devant le Zénith faisant face à des spectateurs déçus et en colère, appelant à la démission de Manuel Valls. Coup de théâtre a priori surprenant puisque le tribunal administratif de Nantes avait considéré que les risques de débordement n’étaient pas fondés :
Citation :
« Le spectacle Le Mur prévu à Nantes apparaît comme la reprise, dans le cadre d’une tournée, du même spectacle présenté depuis plusieurs mois sur la scène parisienne (…). Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette manifestation ait donné lieu, au cours de cette période, à des troubles à l’ordre public. »
Et d’ajouter :
Citation :
« Il n’est pas justifié de ce que le préfet ne disposerait pas des moyens nécessaires propres à assurer le maintien de l’ordre public. »
Le tribunal estime ainsi que s’il existe une menace de troubles, l’interdiction est la sanction ultime et qu’avant celle-ci le préfet doit mettre en œuvre les moyens nécessaires, comme par exemple le déploiement de policiers autour de la salle, pour empêcher tout débordement. Sur ce point, les personnes venues manifester à Nantes n’étaient pas nombreuses et le cordon de sécurité déployé par la préfecture a amplement suffi à calmer les ardeurs. Enfin, le tribunal avait écarté une atteinte à la dignité humaine. Le juge des référés a en effet considéré que : « malgré la répétition des propos provocants et choquants à l’égard de faits historiques comme à l’encontre de personnes de la communauté juive, lesquels sont susceptibles de relever d’incriminations pénales compte tenu d’une présentation qui excède les limites de la liberté d’expression », il n’était pas établi « que le spectacle ait été construit autour de cette thématique ni même qu’elle en constitue une partie essentielle ». Le spectacle « ne peut être regardé comme ayant pour objet essentiel de porter atteinte à la dignité humaine », avait conclu le tribunal administratif.
L’arrêté d’interdiction pris par le Conseil d’État ressemble ainsi davantage à un coup de force juridique qu’à une décision équilibrée prise dans la sérénité en-dehors de toute pression politique. De nombreux juristes se sont d’ailleurs élevés contre ce qu’ils ont considéré comme un abus de pouvoir. Mais si Manuel Valls a fait de la censure de Dieudonné une affaire personnelle, il a néanmoins présenté la décision du Conseil d’État comme une « victoire pour la République » contre le racisme et l’antisémitisme. Pourtant, elle est lourde de conséquences pour les libertés publiques, et la « jurisprudence Dieudonné » crée un dangereux précédent qui a été dénoncé par des associations de défense des droits de l’Homme.
 
L’union nationale, marchepied du néoconservatisme
Un an plus tard, Manuel Valls participe au rassemblement du 11 janvier et affirme que « tout le monde doit venir à la manifestation », appelant à une « union nationale durable ».
Pourtant, la volonté de défendre becs et ongles la liberté d’expression partagée par le Premier ministre et les principaux responsables politiques aurait normalement dû profiter à Dieudonné, souvent victime d’extrémistes communautaires. Mieux, si l’accusation de racisme invoquée pour interdire ses spectacles est mise en avant, alors que dire de Charlie Hebdo ? Raciste, l’hebdomadaire l’est indiscutablement, comme le démontre l’un de ses anciens collaborateurs. Coutumier des dessins islamophobes, Charlie Hebdo avait publié les caricatures d’un journal d’extrême droite danois, ce qui lui avait valu un procès gagné par lui en partie grâce au soutien des élites politiques, Sarkozy en tête.
 
Dieudonné, humoriste subversif
Pour comprendre pourquoi la liberté d’expression s’arrête à Dieudonné, c’est un autre critère qu’il faut invoquer : le néoconservatisme. Idéologie dominante des élites mondialistes qui ont fait du « choc des civilisations » leur cheval de bataille, elle est partagée par le journal, comme le montre la nature de ses cibles : la menace islamique. Philippe Val ne fait aucun mystère de ses opinions sur l’Islam :
Citation :
« Si l’on regarde une carte du monde, en allant vers l’Est : au-delà des frontières de l’Europe, c’est-à-dire de la Grèce, le monde démocratique s’arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-Orient : c’est l’État d’Israël. Après, plus rien, jusqu’au Japon. […] Entre Tel-Aviv et Tokyo règnent des pouvoirs arbitraires dont la seule manière de se maintenir est d’entretenir, chez des populations illettrées à 80 %, une haine farouche de l’Occident, en tant qu’il est constitué de démocraties. »
L’observatoire du néconservatisme met d’ailleurs en bonne place l’hebdomadaire satirique en montrant les réseaux qui le lient au Cercle de l’Oratoire, officine néoconservatrice.
Même motif, même punition. Ce qui attire la sympathie des élites politiques pour Charlie Hebdo est aussi ce qui provoque leur antipathie pour Dieudonné. Par-delà les virages de sa trajectoire, souvent caricaturés par les médias, pour lesquels il serait passé comme par enchantement de l’antiracisme à l’antisémitisme, un fil rouge : son combat contre le colonialisme et plus particulièrement le néoconservatisme. C’était d’ailleurs l’objet de son sketch mettant en scène un colon israélien de décembre 2003, qui lui avait valu les foudres des associations de l’antiracisme institutionnel. Et c’est aussi celui de ceux où il s’attaque à la pensée dominante dans toutes ses dimensions : ses dénonciations du racisme, de la guerre impérialiste, des atrocités commises à Gaza, de George Bush, du néocolonialisme, de la Françafrique ou du mépris patronal sont autant de piques lancées dans le corps de la classe médiatico-politique. Dieudonné avait d’ailleurs voulu prolonger son combat sur la scène politique en se présentant aux présidentielles de 2007 contre le néoconservatisme et le néolibéralisme (tentative avortée faute de soutiens institutionnels) puis aux européennes de 2009 sur la liste antisioniste. La constance de son opposition au système de domination est la seule lecture de sa trajectoire permettant de comprendre ses contradictions apparentes. Passé du soutien de la gauche traditionnelle à l’antisionisme radical, Dieudonné n’a fait en réalité que transposer son combat contre l’antiracisme au cas de la politique israélienne. C’est sa liberté de ton et son courage qui font de lui un humoriste subversif, très loin des impertinences convenues et formatées de Charlie Hebdo, bien dans l’air du temps. Les élites politiques ne s’y trompent d’ailleurs pas, autant déterminées à soutenir le second qu’à censurer le premier.

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http://www.egaliteetreconciliation.fr/Pourquoi-la-liberte-d-expression-s-arrete-a-Dieudonne-30186.html
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hud



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Date d'inscription : 18/08/2008

MessageSujet: Attentats: l'émotion, mais pas l'unanimité   Dim 11 Jan - 10:01

http://www.lepoint.fr/societe/attentats-l-emotion-mais-pas-l-unanimite-10-01-2015-1895483_23.php
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