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ETUDES DES SCIENCES ISLAMIQUES EN LANGUE ARABE
 
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 L'ETHIQUE MUSULMANE

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salahaddin
Invité



MessageSujet: L'ETHIQUE MUSULMANE   Jeu 26 Juin - 9:03

L'ETHIQUE MUSULMANE
(Abrégé de Bihâr al-Anwâr)




Mohammad Mahdi ibn AbU Tharr al-Narâqî




Traduit de l'anglais et édité par
Abbas AHMAD al-Bostani

PUBLICATION DE LA CITÉ DU SAVOIR



Éditeur:
La Cité du Savoir
Abbas Ahmad al-Bostani
C.P. 712 Succ. (B)
Montréal, Québec, H3B 3K3
Canada
Tous droits de traduction, de reproduction et
d'adaptation réservés pour tous pays

© Abbas Ahmad al-Bostani
ISBN : 2-9505157-1-1
Table des Matières




Avant-propos
Titre I :
Les caractéristiques du corps et de l'âme

I - Le sens et l'origine de "akhlâq"
II -La Purification et l'ornement de l'âme
III - Les facultés de l'âme : leurs effets et caractéristiques
   A) L'âme et ses pouvoirs
   B) Les plaisirs et les peines
   C) La bonté et le bonheur
   D) Les vertus et les vices moraux
   E) La modération et la déviation
   F) Les différents types de vices
   G) L'importance de la Justice
        - Les différentes sortes de Justice
   H) L'auto-développement
Titre II :
Les maladies de l'âme et leur traitement

I - Les maladies du pouvoir de l'intellect et leur traitement
   A) La condition d'excès
       - La sournoiserie
   B) La condition de déficience
       - L'ignorance simple
   C) L'état de modération
       - La Connaissance et la Sagesse
   D) D'autres vices relatifs au pouvoir de l'intellect
       1- L'ignorance composée
       2- La perplexité et le doute
           - La certitude
       i) Les signes des hommes de conviction
       ii) Les stades de certitude
           - `ilm al-yaqîn
           - `ayn al-yaqîn
           - haqq al-yaqîn
       3- Le chirk (polythéisme)
           - Le tawhîd (monothéisme)
       4- Les tentations sataniques et la conscience
       5- La tricherie et la sournoiserie

II - Les maladies du pouvoir de colère et leur traitement
   A) La condition d'excès
       - La témérité
   B) La condition de déficience
       - La lâcheté
   C) L'état de modération
       - Le Courage
   D) D'autres vices du pouvoir de colère
       1- La peur
           - La Crainte d'Allah
       2- Se déprécier, ou avoir un complexe d'infériorité
       3- Le manque d'assurance
       4- Le manque de sens de la dignité
       5- La précipitation
       6- Le ressentiment envers le Créateur et Sa Création
       7- La colère
       8- La violence
       9- Le mauvais caractère
       10- La rancune
       11- L'orgueil et la vanité
       12- L'arrogance
       13- La rébellion
       14- L'aveuglement vis-à-vis des fautes que l'on commet soi-même
       15- Le fanatisme
       16- La dissimulation de la vérité
       17- Le manque de coeur et la cruauté

III - Les maladies du pouvoir de passion et leur traitement
   1- L'amour de ce monde
   2- L'amour de la fortune et de la richesse
       - L'abstinence (zohd)
   3- L'abondance et l'opulence
   4- L'avidité (hirç)
   5- La convoitise (tamac)
   6- L'avarice (bukhl)
   7- Le gain illicite
   8- La trahison (khiyânah)
   9- La licence et la débauche
   10- S'occuper des questions obscènes et harâm

IV - Les maladies communes aux pouvoirs de l'intellect, de colère et de passion, et leur traitement
   1- La jalousie (hasad)
   2- Agresser et insulter autrui
   3- Effrayer et tourmenter les Musulmans
   4- L'indifférence aux affaires des Musulmans
   5- Négliger d'accomplir le devoir d'al-`amr bil-ma`rûf wal-nahy `anil-monkar
   6- L'asociabilité
   7- Rompre les liens avec la famille et les proches
   8- Etre irrespectueux envers les parents
   9- Chercher les fautes des autres et divulguer leurs défauts et leurs péchés
   10- Divulguer le secret des gens
   11- La chamâtah
   12- Les insultes et la dispute (ta`n wa-mujâdalah)
   13- Se moquer des autres et les ridiculiser
   14- La plaisanterie
   15- La médisance (ghîbah)
   16- Le mensonge
   17- La simulation (riyâ')
   18- L'hypocrisie (nifâq)
   19- L'orgueil (ghurûr)
   20- Avoir des espérances et des désirs démesurés
   21- La rébellion (`içyân)
   22- L'effronterie
   23- La persistance dans le péché (al-içrâr `alal-ma`çiyah)
   24- La négligence (ghaflah)
   25- L'aversion (karâhah)
       - Le hubb
   26- Le sakhat
   27- Le huzn
   28- L'absence de confiance en Allah
   29- L'ingratitude (kufrân)
       - Le chukr
   30- L'impatience devant l'adversité (jaza`)
       - Le çabr
   31- Le fisq

Conclusion
Appendice : Supplication en vue du Perfectionnement Moral
Glossaire (des termes arabes)
Qu'est-ce que l'Islam ?


Avant-Propos


L'Ethique est l'une des plus importantes des sciences islamiques. Tout au long de l'histoire brillante de l'Islam, de grands Savants Musulmans se sont spécialisés dans ce domaine et ont produit des livres très appréciables traitant de ce sujet.

"Jâmic al-sacâdât" (Le Collecteur des Félicités) est l'un des meilleurs et des plus compréhensibles de ces livres. Il a été écrit par le grand Savant, le mystique et le philosophe moraliste Mohammad Mahdî ibn Abî Tharr al-Narâqî, qui était lui-même l'incarnation vivante de l'Ethique et des vertus morales islamiques. Le livre a été écrit en arabe et publié en trois volumes(1) . Al-Narâqî fut l'un des plus brillants penseurs de la fin du 12e/18e siècle et du début du 13e/19e siècle. Outre Jâmic al-sacâdât, al-Narâqî a écrit un grand nombre d'autres livres importants.

Pour faire revivre l'Ethique islamique dans un monde plongé dans le tourbillon du matérialisme et qui semble avoir tout, mais laissant dans l'oubli total les éternelles Valeurs spirituelles humaines, nous avons estimé qu'un effort vaut la peine d'être déployé pour condenser ce livre inappréciable en quelques courts articles, au bénéfice de ceux qui pourraient n'avoir pas accès au contenu du texte arabe original.

Nous espérons que le lecteur saura tirer profit de cet effort, et qu'il excusera nos imperfections.
Titre I
Les caractéristiques du corps et de l'âme


L'homme a une âme et un corps physique, et chacun d'eux a ses propres plaisirs et maladies. Ce qui nuit au corps est maladie, et ce qui lui fait plaisir traduit son bien-être, sa bonne santé et tout ce qui est en harmonie avec sa nature. La science qui traite de la santé et des maladies du corps est la médecine.

Les maladies de l'âme consistent en de mauvaises habitudes et en la soumission aux désirs, ce qui rabaisse l'homme au niveau de l'animal. Les plaisirs de l'âme sont une morale et des vertus éthiques qui élèvent l'homme et le rapprochent de la Perfection et de la Sagesse, et l'amènent près d'Allah. La science qui traire de tels sujets est la science de l'Ethique (cilm al-akhlâq).

Avant de commencer notre discussion sur la matière principale de notre sujet, il nous faut démontrer que l'âme de l'homme est incorporelle et immatérielle, et qu'elle a une existence indépendante du corps. Pour ce faire, nous nous référons aux nombreux arguments avancés à ce propos, et nous en mentionnons ci-après quelques-uns.

1 - L'une des caractéristiques des corps est que chaque fois que de nouvelles formes leur sont imposées, ils abandonnent leur ancienne forme. Mais dans le cas de l'âme humaine, de nouvelles formes, de nature sensible ou intellectuelle y entrent continuellement sans que les anciennes formes existant s'effacent pour autant. En fait, plus il y a d'impressions et de formes intellectuelles qui entrent dans l'esprit, plus l'âme se renforce.

2 - Lorsque trois éléments : couleur, odeur et goût apparaissent dans un objet, celui-ci se transforme. Pourtant l'âme humaine perçoit tous ces éléments sans être affectée par eux.

3 - Le plaisir que l'homme éprouve par la connaissance intellectuelle n'appartient qu'à l'âme, puisque le corps de l'homme n'y joue aucun rôle.

4 - Les formes abstraites et les concepts que l'esprit perçoit sont indubitablement non matériels et indivisibles. En conséquence, leur véhicule qui est l'âme doit aussi être indivisible, donc immatériel.

5 - Les facultés physiques de l'homme reçoivent leur énergie des sens, alors que l'âme humaine perçoit certaines choses sans l'aide des sens. Parmi ces choses que l'âme humaine comprend sans le concours des sens, on peut citer la loi de la contradiction, le principe selon lequel la totalité est toujours plus grande qu'une des parties qui la constituent, ainsi que d'autres principes universels semblables. La négation, de la part de l'âme, des erreurs commises par les sens, telles que les illusions optiques, se fait avec l'aide de ces concepts abstraits, même si la matière première nécessaire pour faire la correction (desdites erreurs) est fournie par les sens.

Maintenant, l'existence indépendante de l'âme ayant été démontrée, voyons ce qui est responsable de son bien-être et de sa joie, et ce qui la rend malade et malheureuse. La santé et la perfection de l'âme résident en sa compréhension de la vraie nature des choses, et cette compréhension peut la libérer de la prison étroite de la convoitise et de l'avidité et de toutes les chaînes qui freinent son évolution et son acheminement vers l'étape finale de la perfection humaine, laquelle réside dans la proximité de l'homme d'Allah. Tel est le but de la "sagesse théorique" (al-hikmah al-nadhariyyah). En même temps, l'âme humaine doit se purger de toutes les mauvaises habitudes et de tous les mauvais traits qu'elle pourrait avoir, et les remplacer par des modes de pensée et de conduite moraux et vertueux. Tel est le but de la "sagesse pratique" (al-hikmah al-camaliyyah). La sagesse théorique et la sagesse pratique sont rattachées l'une à l'autre comme la matière et la forme ; elles ne peuvent exister l'une sans l'autre.

En principe, le terme "philosophie" se réfère à la "sagesse théorique", et le terme "éthique" se réfère à la "sagesse pratique". L'homme qui aura maîtrisé à la fois la sagesse théorique et la sagesse pratique, est un miroir microcosmique d'un univers plus grand : le macrocosme.
I - Le sens et l'origine de "akhlâq"


Le mot "akhlâq" est le pluriel du mot "khulq", qui signifie "disposition". La "disposition" est cette faculté (malakah) de l'âme qui constitue la source de toutes les activités que l'homme accomplit spontanément et sans y réfléchir. "Malakah" est une propriété de l'âme, qui vient à l'existence par des exercices et des pratiques répétitifs et qu'il est difficile de détruire.

Une disposition (malakah) particulière peut apparaître chez les êtres humains par l'un des facteurs suivants :

1 - Un tempérament naturel et physique : on remarque que certaines personnes sont patientes alors que d'autres sont susceptibles et irritables. Certains individus sont facilement préoccupés et attristés, alors que d'autres font preuve de plus de force morale et de faculté d'adaptation.

2 - L'habitude qui se forme par la répétition continuelle de certains actes et qui mène vers l'émergence d'une certaine disposition.

3 - La pratique et l'effort conscient qui, s'ils se poursuivent assez longtemps, finissent par conduire à la formation d'une disposition.

Même si l'aptitude physique d'un individu produit certaines dispositions en lui, cela ne signifie pas que l'homme n'a pas le choix en la matière et qu'il est absolument contraint de se soumettre aux exigences de son tempérament naturel. Au contraire, puisque l'homme a le pouvoir de choisir, il peut vaincre les exigences de sa nature physique par la pratique et l'exercice, et acquérir la disposition de son choix.

Bien sûr, on doit admettre que les dispositions engendrées par les facultés mentales, telles que l'intelligence, la mémoire, l'agilité mentale, etc. ne sont pas altérables. Mais toutes les autres dispositions peuvent être changées selon la volonté de l'homme. L'homme peut contrôler ses désirs, sa colère et ses autres émotions, et les modeler pour s'édifier et se propulser dans le chemin de la Perfection et de la Sagesse.

Lorsque nous parlons de la capacité de l'homme à opérer un changement dans ses dispositions, nous n'entendons pas qu'il devrait détruire ses instincts de reproduction ou de conservation. Sans ces instincts, l'homme n'aurait pas pu exister. Ce que nous voulons dire en soulignant cette capacité, c'est que l'homme doit éviter d'aller vers l'un ou l'autre extrême les concernant, et qu'il faut maintenir une condition d'équilibre et de modération afin que ces instincts puissent remplir leurs fonctions convenablement. De même que le noyau d'une datte pousse pour devenir un arbre fruitier, grâce à des soins appropriés, ou qu'un cheval sauvage est dressé pour servir son maître, ou un chien pour devenir l'ami durable et le secours d'un homme, de même l'homme peut atteindre la Perfection et la Sagesse grâce à une auto-discipline et à une persévérance intelligentes.

La perfection humaine a plusieurs niveaux : plus grands sont l'auto-discipline et l'effort, plus haut est le niveau de perfection que l'homme pourra atteindre. En d'autres termes, l'homme est entre deux points extrêmes, le plus bas des deux est en-dessous du niveau des animaux, et le plus haut dépasse même le haut niveau des Anges. Le mouvement humain entre ces deux extrêmes est traité par cilm al-akhlâq", c'est-à-dire par la science de l'Ethique. C'est le rôle de l'Ethique d'élever l'homme et de l'amener du plus bas état de l'animal vers une position exaltée et supérieure à celle des Anges.

L'importance de l'Ethique est donc établie. Et c'est pour les raisons mentionnées ci-dessus que l'Ethique est considérée comme la plus exaltée et la plus appréciable des sciences, puisque le mérite de toute science est directement lié au mérite du sujet qu'elle concerne, et puisque le sujet de la science de l'Ethique est l'homme et le moyen par lequel il pourrait atteindre à la Perfection. En outre, nous savons que l'homme est la plus noble des créatures et que le but final de son existence est d'atteindre la Perfection ; c'est pourquoi il s'ensuit que l'Ethique est la plus noble des sciences.

En fait, dans le passé, les philosophes ne considéraient aucun des autres domaines de l'apprentissage comme étant une science vraiment indépendante. Ils croyaient que sans la science de l'Ethique et la Purification spirituelle, la connaissance approfondie de toute autre science est non seulement dénuée de toute valeur, mais conduirait en réalité à l'obstruction de la perspicacité et à la destruction ultime de ceux qui la poursuivent. C'est pour cela qu'il a été dit que :

- "La connaissance est le voile le plus épais" (1)

et il s'agit de la connaissance qui empêche l'homme de voir la nature réelle des choses.


à suivre
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tijanni



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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Lun 14 Juil - 5:18

II - La purification et l'ornement de l'âme


Les vertus morales chez l'homme lui font gagner le Bonheur éternel, alors que la corruption morale le conduit au malheur éternel. C'est pourquoi il est nécessaire pour l'homme de se purifier de tous traits vils de caractère, et d'orner son âme de toutes les vertus morales et éthiques. En outre, si on ne se dépouille pas de toutes les mauvaises habitudes, il est impossible de développer en soi des vertus morales. A cet égard, l'âme humaine peut être comparée à un miroir. Si nous voulons voir quelque chose de beau se refléter dans un miroir, nous devons tout d'abord nettoyer le miroir afin que la poussière et la saleté ne défigurent pas le reflet. Toute tentative d'obéir aux Commandements d'Allah ne sera couronnée de succès que si l'on se purifie des mauvaises habitudes et tendances ; autrement, elle équivaut à mettre des bijoux sur un corps sale. Lorsque l'auto-purification aura été faite et que l'on se sera dépouillé de toutes mauvaises habitudes dans la pensée, la parole et les actes, l'âme sera alors prête à recevoir la Grâce illimitée d'Allah. Une telle réception est l'ultime raison pour laquelle l'homme a été créé.
En vérité, la Grâce d'Allah et les Mystères Divins sont toujours accessibles à l'homme. C'est à l'homme de purifier son âme et de développer en lui la réceptivité nécessaire pour bénéficier de la Grâce infinie de son Créateur.
Selon un hadith attribué au Prophète Mohammad (S):(2)
- "Les Anges n'entrent pas dans une maison où il y a un chien." (2)
Comment serait-il donc possible que les rayons de la Grâce d'Allah et l'Illumination Divine entrent dans un coeur plein à ras bord de désirs immoraux, égoïstes et bestiaux ? La Parole du Prophète (S) :
- "Ma Religion est fondée sur la propreté." (3)
ne se réfère pas seulement à la propreté extérieure, elle fait beaucoup plus allusion à la pureté interne de l'âme.
Pour atteindre la Perfection ultime et finale, il est nécessaire de suivre le chemin de la lutte contre les désirs égoïstes et les tendances immorales qui existeraient dans l'âme, et donc de préparer celle-ci à recevoir la Grâce d'Allah. Si l'homme pose le pied sur le chemin de l'auto-purification, Allah lui viendra en aide et le guidera tout au long de ce chemin :
- "Oui, Nous dirigerons ceux qui combattront pour Notre Cause. Allah les guide sur Notre Chemin." (29 : 69) (4)
________________________________________



III - Les facultés de l'âme :
leurs effets et caractéristiques

A sa création, l'âme de l'homme est comme une plaque vierge, dépouillée de toutes facultés (traits), bonnes ou mauvaises. Au fur et à mesure qu'on avance dans la vie, on développe des facultés qui sont directement liées à son mode de vie, à ses idées et à ses actes. La parole et les actes de l'homme produisent, lorsqu'ils sont répétés pendant une longue période, un effet durable sur l'âme, effet connu comme "faculté". Cette faculté pénètre l'âme et devient l'origine et la cause des actions de l'homme. En d'autres termes, l'âme humaine s'habitue à cette faculté, établit avec elle une union et détermine la direction de l'être humain en accord avec les exigences de ladite faculté. Si de telles facultés (malakât) sont nobles, elles se manifestent sous forme de parole et de conduite morales chez l'homme. Et si, au contraire, elles sont mauvaises et basses, elles se manifestent sous forme de conduite perverse et immorale.
Ces mêmes facultés jouent un rôle décisif dans la détermination du sort de l'individu dans le monde éternel de l'Au-delà. Là, l'âme sera accompagnée des mêmes facultés auxquelles elle a été associée dans ce bas-monde. Si ces facultés sont vertueuses, l'âme aura une béatitude éternelle, et si elles sont malades, elle subira une éternelle damnation.
Cette question des malakât fournit la réponse à ceux qui se demandent comment Allah Clément et Miséricordieux pourrait condamner un individu à une damnation éternelle pour un péché commis en un court laps de temps. Ce qu'il faut garder présent à l'esprit, à ce propos, c'est que lorsqu'un péché commis répétitivement conduit au développement d'une faculté chez l'homme, la torture et la punition qu'elle appelle affecte également l'âme, puisqu'elle y est incorporée. Le Coran dit à cet égard :
- "Nous attachons au cou de chaque homme son oiseau d'augure, et Nous lui présenterons le Jour de la Résurrection un livre qu'il trouvera grand ouvert : "Lis ton livre Ton âme te suffit aujourd'hui pour témoigner contre toi."." (17 : 13-14) (5)
Et :
- "Le livre sera posé tu verras alors les coupables anxieux au sujet de son contenu, et disant : "Malheur à nous Pourquoi ce livre ne laisse-t-il rien, de petit ou de grand, sans le compter ?" Et ils trouveront présent devant eux tout ce qu'ils auront fait." (18 : 49) (6)
Et :
- "Le Jour où chaque âme trouvera présent devant elle ce qu'elle aura fait de bien et ce qu'elle aura fait de mal, elle souhaitera qu'il y eût un long intervalle entre elle et ses actes." (3 : 29) (7)

A) L'âme et ses pouvoirs
L'âme (nafs) est cette essence Divine qui emploie le corps et en utilise les divers organes pour atteindre ses buts. L'âme a aussi d'autres noms, tels que : "esprit" (ruh), "intelligence" (caql), et "coeur" (qalb), bien que ces termes aient également d'autres usages.
Les plus importantes des facultés de l'âme sont :
1 - Le pouvoir d'intelligence (al-quwwah al-caqliyyah) - angélique.
2 - Le pouvoir de colère (al-quwwah al-ghadhabiyyah) - féroce
3 - Le pouvoir de désir (al-quwwah al-chahwiyyah) - animal.
4 - Le pouvoir d'imagination (al-quwwah al-wahmiyyah, ou : al-quwwah al-câmilah) (3) - domestique.
La fonction et la valeur de chacun de ces pouvoirs ou forces de l'âme sont communément bien comprises. Si l'homme n'avait pas le pouvoir de raison, il lui aurait été impossible de distinguer le bien du mal, le bon droit de l'erreur, et le vrai du faux. S'il ne possédait pas le pouvoir de colère, il n'aurait pas pu se défendre contre les attaques et les agressions. Si la force de l'attirance sexuelle et du désir n'existait pas chez l'homme, la permanence de l'existence de l'espèce humaine aurait été en danger. Et enfin, si l'homme manquait de pouvoir d'imagination, il n'aurait pas pu se représenter ce qui est universel et ce qui est particulier, ni tirer aucune conclusion fondée sur eux.
Avec cette explication, les caractéristiques mentionnées pour chacune des quatre facultés humaines deviennent claires et compréhensibles. La "raison" est l'Ange qui guide l'homme. Le pouvoir de colère et de férocité en l'homme suscite en lui la férocité et la violence. Son pouvoir de désir et de passion le propulse ers l'immoralité et la licence. Et le pouvoir d'imagination chez l'homme lui fournit le matériel préliminaire pour l'élaboration d'intrigues, de complots et de machinations démoniaques. Maintenant, si la faculté de raison est utilisée pour contrôler les autres facultés, elle les garde à leur juste place et modère leurs excès, et les autres facultés travailleront dès lors pour le bien-être de l'homme, et accompliront des fonctions utiles autrement, elles ne seraient capables que de faire le mal.
La corrélation entre ces quatre facultés de l'âme humaine est décrite de la façon allégorique suivante : imaginons un voyageur monté sur un cheval et suivi d'un chien et d'un homme qui l'espionne pour le compte de quelques bandits. Supposons que l'homme à cheval représente la raison, sa monture le désir et la passion, le chien le pouvoir de colère et de férocité et l'espion le pouvoir d'imagination. Si le voyageur réussit à contrôler sa monture, le chien et l'espion, et à maintenir son autorité sur eux, il arrivera à sa destination sain et sauf autrement, il sera détruit. L'âme humaine est donc une scène ou un champ de bataille sur lequel il y a une lutte continuelle entre ces quatre forces. Quelles seront la caractéristique dominante et la nature de l'âme de l'individu, cela dépend entièrement de l'issue de cette lutte.En d'autres termes, cette issue déterminera le caractère et l'inclination de ladite âme. C'est pour cela que certaines âmes sont angéliques, d'autres bestiales, et d'autres encore démoniaques.
Selon un hadith, l'Imam cAli (P) (4) a dit :
- "Allah a doté les Anges d'un intellect sans désir sexuel et sans colère, et les animaux d'un instinct de colère et de désir sans raison. IL a exalté l'homme en le dotant de toutes ces qualités. En conséquence, si la raison de l'homme domine ses désirs et sa férocité, il se rehausse à une position supérieure à celle des Anges car cette position est atteinte par l'homme malgré l'existence d'obstacles, alors que les Anges n'ont pas d'épreuve." (Cool

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tijanni



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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Lun 14 Juil - 5:19

B) Les plaisirs et les peines
Le plaisir est une condition éprouvée par l'âme lorsqu'elle perçoit quelque chose d'harmonieux avec sa propre nature. La peine et la souffrance se produisent lorsque l'âme entre en contact avec des choses qui sont discordantes avec sa nature. Puisque les pouvoirs de l'âme sont au nombre de quatre, il s'ensuit que les plaisirs et les peines de l'âme doivent être divisés en quatre catégories, dont chacune correspond à l'un de ces quatre pouvoirs.
Le plaisir de la faculté de raisonnement réside dans l'acquisition de connaissances à propos de la nature réelle des choses la peine de cette faculté réside dans l'ignorance et la privation de telles connaissances.
Le plaisir de la faculté de colère et de férocité réside dans le sentiment d'être victorieux et dans la satisfaction de vaincre tout ennemi et de se venger la peine de cette faculté réside dans le sentiment d'être vaincu ou défait.
La joie de la faculté de désir et de passion est la jouissance de nourriture, de boisson et d'acte sexuel alors que sa peine réside dans l'absence de ces jouissances.
Le plaisir de la faculté d'imagination réside dans la visualisation des particularités qui conduisent à l'apparition de désirs charnels et de tendances démoniaques alors que sa peine réside dans l'insuffisance et l'inadéquation de ces visions.
Le plus intense et le plus pur des plaisirs est celui éprouvé par la faculté de raison. C'est une forme de plaisir qui est à la fois inhérent à l'homme et naturel chez lui. C'est un plaisir constant, non sujet au changement d'expérience dans la vie quotidienne.
Il est différent des autres plaisirs, qui appartiennent au corps et à l'être bestial, et qui sont de nature transitoire et sans valeur durable. Ces plaisirs bestiaux sont en fait si bas et triviaux que l'homme en a honte et s'efforce de les dissimuler. Si on disait à un homme qu'il tirerait un grand plaisir du fait de manger, de boire et de s'adonner à l'acte sexuel, il en serait honteux et bouleversé. Alors que si de tels plaisirs étaient de nature humaine, non seulement il n'en serait nullement honteux, mais il en serait fier si on les rendait largement publics.
Nous pouvons donc conclure que la sorte de plaisir qui est vraiment gratifiant pour l'homme, et non seulement en apparence, est le plaisir éprouvé par la faculté de raisonnement de l'âme. Cette sorte de plaisir a plusieurs degrés, dont le plus sublime est éprouvé par la proximité d'Allah. Pour atteindre ce plaisir suprême, il faut aimer et connaître Allah, et déployer des efforts inlassables en vue de se rapprocher toujours de LUI. Lorsque tous les efforts d'une personne sont déployés dans le but d'atteindre ce vrai et durable plaisir, les plaisirs sensuels sont vaincus et remis à leur place naturelle, c'est-à-dire poursuivis avec modération.

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tijanni



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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Jeu 11 Sep - 14:16

C - La bonté et le bonheur

Le but ultime de la Purification de l'âme et de l'acquisition d'un caractère moral et éthique est d'atteindre la félicité et le bonheur. La plus parfaite félicité et le bonheur le plus complet pour l'homme est l'incarnation et la manifestation des attributs et des caractéristiques Divins. L'âme d'un homme vraiment heureux se développe avec la connaissance et l'amour d'Allah  elle est illuminée par l'éclat émanant d'Allah Lorsque cela arrive, rien d'autre que la beauté ne viendra de LUI, puisque la beauté n'émane que de ce qui est beau.

On doit garder présent à l'esprit que la vraie félicité ne peut être atteinte ou conservée sans que tous les pouvoirs et facultés de l'âme soient purifiés et réformés. La réforme de quelques facultés ou de toutes les facultés de l'âme, pendant une courte période, ne suffirait pas à atteindre le bonheur. On ne peut dire d'un corps qu'il est sain que lorsque tous ses organes le sont. Donc, la personne qui cherche à atteindre le bonheur parfait et ultime doit se libérer des griffes des forces et des tendances démoniaques et bestiales et poser le pied sur l'échelle de l'ascension vers des royaumes plus sublimes.
 


D) Les vertus et les vices moraux

Dans notre dernière discussion, nous avons affirmé que l'âme humaine possède quatre pouvoirs distincts. ce sont l'intellect, la colère, la passion et le pouvoir d'imagination. Ce qu'il convient de noter ici, c'est que la purification et l'entraînement convenable de ces pouvoirs mènera vers l'émergence d'une faculté particulière chez l'être humain.

La purification et l'entraînement approprié du pouvoir de l'intellect déboucheront sur le développement de la Connaissance, et par voie de conséquence, de la Sagesse, chez l'être humain. La purification du pouvoir de colère conduira à l'émergence de la faculté de Courage, et par voie de conséquence d'endurance (hilm). La purification du pouvoir de passion et de désir mènera au développement de la faculté de Chasteté, et par voie de conséquence, de la générosité. Et enfin, la purification du pouvoir d'imagination conduira à l'émergence de la faculté de Justice chez l'être humain.

Les vertus morales sont donc : la Sagesse, le Courage, la Chasteté, et la Justice. Les qualités négatives opposées à ces qualités positives sont : l'ignorance (5), la lâcheté, la concupiscence, l'injustice et la tyrannie.

La Sagesse signifie la possession d'une compréhension du monde qui concorde avec la réalité des choses. La présence du Courage et de la Chasteté signifie que les pouvoirs de colère et de désir sont totalement sous les ordres de l'intellect, et complètement libérés des liens de la concupiscence et de l'égoïsme. En ce qui concerne la Justice, elle se rapporte à l'état où le pouvoir d'imagination est complètement sous le commandement du pouvoir de l'intellect. Cela implique la régulation de tous les pouvoirs de l'âme par le pouvoir d'intellect. En d'autres termes, la présence de la faculté de Justice dans l'âme nécessite la présence des trois autres facultés, de Sagesse, de Courage et de Chasteté.

Une question importante doit être soulignée ici. Du point de vue de l'éthique islamique, une personne qui aura développé chez elle les quatre facultés ne sera méritante que si la possession de ces vertus profite aussi aux autres gens. C'est ce que la raison nous dit, et nous fait comprendre que les vertus purement intérieures et privées n'ont pas beaucoup de valeur, et celui qui les posséderait ne mériterait pas de louanges.
 


E) La modération et la déviation

Chacune des quatre vertus éthiques doit être pratiquée jusqu'à un certain degré et dans des limites définies. Une fois ces limites dépassées, la vertu se transforme en vice. Si l'on conçoit chaque vertu comme le centre d'un cercle, tout mouvement d'éloignement de ce centre serait considéré comme un vice, et plus on s'éloigne de ce point central, plus grand sera le vice. C'est pourquoi il y a pour chaque vertu d'innombrables vices., puisqu'il y a un seul centre dans le cercle, alors qu'il est entouré d'un nombre infini de points. Concernant la déviation ou l'écart de ce centre, il importe peu en quelle direction elle se fait. La déviation du centre, quelle qu'en soit la direction, est un vice.

Trouver le vrai centre -ce qui comporte une modération absolue- n'est pas chose facile. Mais il est encore plus difficile de rester dans ce centre et de préserver cet équilibre. Le Prophète (S) a dit :

- "La Sourate Hûd m'a fait vieillir pour le propos suivant : "Reste ferme comme tu en as reçu l'ordre."." (11 : 112) (9)

Par opposition au vrai centre, il y a le centre approximatif, lequel est plus accessible. Les gens qui se purifient et développent leur âme arrivent normalement à ce centre relatif et acquièrent une modération relative. C'est pour cette raison que les vertus morales diffèrent d'une personne à l'autre, d'une circonstance à l'autre, et d'une époque à l'autre. La modération relative, tout comme la déviation, couvre une large région au centre de laquelle se situe le point d'équilibre et de modération absolus.
 
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tijanni



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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Jeu 29 Jan - 13:30

F) Les différents types de vices

Nous avons déjà dit que dévier de la modération et du milieu conduit au vice. Cette déviation vers chacune des deux extrémités opposées au milieu est d'innombrables degrés. Ci-après, nous allons mentionner seulement les deux extrémités correspondant à chaque vertu morale.

(tafrît) (ictidâl) (ifrât)

déficience Modération excès

stupidité Sagesse sournoiserie

lâcheté Courage témérité

léthargie Chasteté rapacité

soumission Justice tyrannie
 


Il y a ainsi huit sortes de vices, dont nous allons décrire chacune d'une façon brève.

1- La stupidité est la déficience de la Sagesse, c'est-à-dire le fait de manquer d'utiliser le pouvoir de l'intellect pour comprendre la nature des choses.

2- La sournoiserie est l'utilisation excessive de l'intellect, c'est-à-dire le fait d'utiliser le pouvoir de l'intellect là où il ne faudrait pas, ou de l'utiliser trop là où il est approprié de l'utiliser (normalement).

3- La lâcheté est la déficience du Courage, c'est-à-dire avoir peur et faire montre d'irrésolution là où il ne faut pas.

4- La témérité est l'excès de Courage, c'est-à-dire se montrer insouciant, imprudent -là où il ne faut pas.

La léthargie est l'état déficient pour lequel le point de modération est la Chasteté  ce qui veut dire faillir à utiliser les choses dont le corps a besoin.

6- La rapacité est l'autre extrême de la Chasteté, à l'opposé de la léthargie, et signifie l'excès dans l'acte sexuel, le manger, le boire et dans les autres plaisirs sensuels.

7- La soumission est l'état déficient pour lequel le point de modération est la Justice, et elle signifie l'acceptation de l'oppression et de la tyrannie.

8- La tyrannie est l'autre extrême de la Justice, à l'opposé de la soumission, et elle signifie soit s'opprimer soi-même, soit opprimer autrui.

Chacun de ces huit vices a de nombreuses branches et subdivisions qui sont reliées à la direction et au degré de la déviation par rapport aux quatre vertus. Etant donné que la déviation pourrait se produire en un nombre illimité de degrés, il n'est pas possible d'énumérer tous ces degrés. Toutefois, nous allons mentionner ici quelques uns des plus connus de ces vices, et par la suite nous discuterons des moyens de les combattre.

Les vices sont divisés d'après les pouvoirs auxquels ils sont rattachés, à savoir l'intellect, la colère et la passion.

1- Le pouvoir de l'intellect peut pousser à deux sortes de vices : la stupidité et la sournoiserie, dont les subdivisions supplémentaires sont :

- l'ignorance simple : le non-savoir

- l'ignorance composée : être ignorant et inconscient de son ignorance

- la perplexité et le doute : qui sont à l'opposé de la certitude et de la conviction

- les tentations charnelles : à l'opposé desquelles est la contemplation de la beauté de la Création Divine

- la duperie et la tricherie : en vue de parvenir à des fins dictées par la passion et la colère

- le chirk (le polythéisme) : qui est à l'opposé de la croyance en l'Unité et l'Unicité d'Allah.

2- Le pouvoir de colère a deux vices : la lâcheté et la témérité, dont les subdivisions sont :

- la peur : état psychologique causé par l'attente d'un événement douloureux ou la perte d'une condition favorable

- le manque d'endurance et l'auto-dépréciation : qui découlent de la faiblesse de l'esprit et dénotent une incapacité à faire face aux difficultés. A l'opposé de ces traits de caractère négatifs on trouve la fermeté, qui signifie la capacité d'endurer les difficultés de l'adversité

- la timidité : elle découle du manque de confiance en soi-même et de la faiblesse de caractère, et indique une incapacité à lutter pour atteindre des buts nobles et méritoires. A l'opposé de ce vice, il y a la vertu de la force d'âme, c'est-à-dire le courage et la bonne volonté d'entreprendre de grands efforts en vue d'atteindre la vraie félicité et la Perfection

- le manque de sens de la dignité : il découle lui aussi de la faiblesse de caractère, et il se traduit par un manquement à la nécessité de s'occuper de près des questions qui nécessitent qu'on s'en occupe

- la précipitation : c'est une autre manifestation de la faiblesse de caractère, et elle signifie la prise de décisions et l'engagement dans des actions sans y réfléchir suffisamment. L'extrême opposé à ce vice est la léthargie, qui est une tendance à la mollesse et au manque d'alacrité et d'empressement lorsqu'il s'agit de prendre une initiative qui exige de la rapidité

- le doute sur Allah et sur les Croyants : c'est là une autre manifestation d'un caractère faible et timide. A l'opposé de ce vice, on trouve la confiance totale en Allah et dans les Croyants, qui est un signe de courage et de confiance en soi-même

- la colère : qui est à l'opposé de la patience et de l'endurance

- l'esprit de vengeance : qui est à l'opposé de la clémence

- la violence : elle est suscitée par le pouvoir de colère et l'usage de la force en vue de parvenir à un but. A l'opposé, on trouve l'esprit de conciliation et la compassion

- le mauvais caractère : à l'opposé duquel on trouve le bon caractère

- l'envie et la malice : résultant du pouvoir de colère

- l'inimitié ou l'hostilité : c'est une manifestation du pouvoir de colère, qui se trouve à l'opposé de l'amitié

- l'amour-propre et la vanité : dont l'autre extrême est le complexe d'infériorité

- l'arrogance : qui est à l'opposé de l'humilité

- la vantardise : qui consiste à parler de soi avec fierté et satisfaction. Cet état découle de l'arrogance

- la rébellion : qui signifie désobéissance à quelqu'un qui mérite d'être obéi. Cet état découle lui aussi de l'arrogance, et il est à l'opposé de l'obéissance à quelqu'un à qui il est nécessaire d'obéir

- le fanatisme : une dévotion quasi aveugle pour quelque chose

- l'injustice et la dissimulation de la vérité : état dont l'opposé est la Justice et la fermeté dans la défense de la vérité

- la brutalité : manque de compassion et de clémence lorsque celles-ci sont nécessaires.

3- Les vices du pouvoir de passion et de désir sont la léthargie et la cupidité, dont les subdivisions sont :

- l'envie de ce bas-monde et des richesses : dont l'opposé est le zuhd (la sobriété)

- l'abondance et l'opulence : dont l'opposé est la pauvreté

- la cupidité (tamac) : dont l'opposé est l'indifférence aux possessions des autres

- l'avidité (hirç) : dont l'opposé est le contentement de ce qu'on a

- la convoitise de ce qui est interdit par la Religion et l'engagement dans des actes illicites : dont l'opposé est le "warac" (Piété), l'abstinence de ce qui est interdit

- la tricherie : dont l'opposé est l'honnêteté

- toutes les sortes de débauche : telles que l'adultère, la sodomie, l'alcoolisme et toutes autres formes de conduite frivole

- s'enfoncer dans le faux et croire aux choses fausses

- s'habituer à tenir des propos frivoles et insensés et des fanfaronnades vides.

Ainsi nous arrivons à la fin de l'énumération des vertus et des vices appartenant exclusivement à chacun des trois pouvoirs. Maintenant, nous allons énumérer les vertus et les vices appartenant simultanément à deux ou trois pouvoirs de l'âme :

-la jalousie : c'est-à-dire le désir envieux des fortunes des autres

- insulter et rabaisser les autres : dont l'opposé est le respect des autres

- ne pas être sympathique ou serviable envers autrui

- la flatterie

- rompre les liens avec la famille et les proches

- ne pas remplir les devoirs envers les parents et être désavoué par eux

- se mêler des affaires des autres en vue de découvrir leurs défauts

- révéler les secrets des gens : dont le contraire est le fait de garder les secrets des autres et même de les cacher

-provoquer des frictions et des désaccords entre les gens : dont la qualité opposée est d'amener la paix et l'harmonie entre les gens

- blasphémer

- polémique verbale et animosité

- se moquer des autres et les ridiculiser

- médire de quelqu'un

- mentir

- convoiter la célébrité et une haute position sociale

- aimer les louanges et détester les critiques : à l'opposé de ce vice, il y a l'indifférence et aux louanges et aux critiques

- la simulation : c'est-à-dire faire quelque chose pour attirer sur soi une attention favorable

- l'hypocrisie : dont l'opposé est le fait d'être le même intérieurement et extérieurement

- se duper : ce qui est à l'opposé de la perspicacité, du savoir et de l'humilité

- la rébellion : dont l'opposé est l'obéissance

- l'impudence et l'effronterie : dont l'opposé est la modestie et la pudeur

- se faire beaucoup d'illusions

- la persistance dans le péché : dont l'opposé est la repentance

- se négliger et s'éloigner de soi-même : dont l'opposé est faire attention à soi-même et être conscient de son but

- être apathique et indifférent à son bonheur et à son bien

- la haine déplacée : dont l'opposé est l'amitié et l'amour approprié

- inconstance et déloyauté : dont l'opposé est la loyauté

- l'isolement et l'éloignement des autres : dont l'opposé est la sociabilité et l'amitié

- le ressentiment et la hargne : dont l'opposé est le calme et la maîtrise de soi

- le chagrin et le remords : dont l'opposé est la gaieté et la joie

- le manque de confiance en Allah

- l'ingratitude : dont l'opposé est la gratitude et la reconnaissance

- l'impiété : c'est-à-dire la désobéissance aux Commandements d'Allah et leur transgression  l'opposé en est la piété et l'accomplissement des devoirs prescrits par Allah, ainsi que l'accomplissement des actes recommandés par Allah.
 
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tijanni



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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Mer 11 Mar - 9:14

G) L'importance de la Justice

Ayant énuméré tous les vices et vertus, il est nécessaire maintenant d'avoir une compréhension de la vraie signification de la qualité (vertu) de Justice, puisque toutes les vertus éthiques découlent de cette qualité, tout comme tous les vices émanent de l'injustice, laquelle est l'opposé de la justice. Platon a dit, à cet égard :

- "Lorsque la qualité de Justice se développe chez un homme, toutes les autres qualités et facultés de l'âme sont illuminées par elle, et ces facultés acquièrent toutes la lumière les unes des autres. Telle est la condition dans laquelle l'âme humaine agit et se meut de la meilleure façon possible, s'acheminant vers la proximité de la Source de la Création."

La qualité de Justice sauve l'être humain du danger de la déviation vers les extrêmes, que ce soit sur les plans personnel ou social, et lui permet de pouvoir atteindre à la félicité et aux Bénédictions. Bien évidemment, il convient de noter que cette qualité ne peut être pratiquée avec succès que si l'homme sait ce qu'est le juste milieu, et peut le distinguer de l'excès lorsqu'il s'y trouve confronté. Une telle possibilité de distinction ne peut être acquise qu'à travers les Saints Enseignements de l'Islam, lequel comporte des instructions élaborées relatives à tout ce dont les êtres humains ont besoin pour atteindre au bonheur et à la félicité dans ce monde et dans l'Autre.
 


- Les différentes sortes de Justice

La Justice est de trois sortes :

1- La Justice entre les êtres humains et Allah  c'est-à-dire les punitions et les récompenses qu'Allah donne à l'homme en fonction de ses actes. En d'autres termes, à chaque acte -bon ou mauvais- de l'homme, Allah prescrit une récompense ou un châtiment appropriés. Autrement ce serait une injustice et une violation de droits de la part d'Allah, et un traitement injuste réservé à Sa créature, or Allah est éloigné d'une telle injustice.

2- La Justice entre les êtres humains, c'est-à-dire que chacun doit respecter les droits individuels et sociaux des autres et agir conformément aux Lois Sacrées de l'Islam. Cela s'appelle la Justice sociale. Dans les Traditions du Prophète (S), les droits sociaux sont énumérés comme suit :

- "Chaque Croyant a trente obligations envers son Frère dans la Foi, obligations qu'il n'aura pas respectées tant qu'il ne s'en sera pas acquitté effectivement, à moins qu'il n'en soit dispensé par son frère dans la Foi. Ces obligations sont :

- pardonner à son Frère dans la Foi ses erreurs 



- garder pour lui ses secrets 

- lui tendre la main lorsqu'il est sur le point de tomber 

- accepter ses excuses  décourager toute médisance à son égard 

- continuer à lui donner de bons conseils 

- préserver soigneusement son amitié 

- se charger honnêtement du dépôt qu'il lui a confié 

- lui rendre visite lorsqu'il tombe malade 

- être à ses côtés au moment de son agonie 

- accepter son invitation et ses cadeaux 

- lui rendre de la même façon les faveurs qu'il lui aurait accordées 

- le remercier pour les services rendus 

- être reconnaissant de son aide 

- protéger son honneur et sa propriété 

- l'aider à faire face à ses besoins 

- faire un effort en vue de résoudre ses problèmes 

- lui dire "Qu'Allah te bénisse" lorsqu'il éternue 

- le guider vers ce qu'il a perdu 

- répondre à ses félicitations sans essayer de les mal interpréter 

- accepter ses dons 

- confirmer ce qu'il affirme sous serment 

- être bon et amical avec lui, et non antipathique ni hostile 

- l'aider, qu'il soit victime d'une injustice (l'aider à recouvrer ses droits) ou injuste (en le poussant à réparer son injustice) 

- s'abstenir de se sentir las de lui ou d'en avoir assez de lui 

- ne pas l'abandonner lorsqu'il se trouve en plein ennui 

- il doit aimer pour lui ce qu'il aime pour lui-même, et détester pour lui ce qu'il déteste pour lui-même." (10)
3- La Justice entre les vivants et les morts : c'est une sorte de Justice qui commande que les vivants se souviennent des morts avec bonté, acquittent leurs dettes (non payées), se conforment à leurs volontés, prient pour eux, fassent l'aumône pour eux, implorent Allah de leur pardonner, fassent la charité à leur mémoire.

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kortobi
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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Lun 6 Juil - 8:45

chokrane
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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Ven 10 Juil - 12:36

H) L'auto-développement

La conclusion qu'on peut tirer de ce chapitre est que la Justice signifie la maîtrise totale par l'intellect de tous les autres pouvoirs et facultés de l'âme humaine, afin que ceux-ci acheminent l'homme vers son but ultime, à savoir la Perfection humaine en vue de plaire à Allah. En d'autres termes, lorsque l'intellect gouverne le corps et que la Justice y prévaut, elle prévaut également dans le domaine qui se trouve sous sa juridiction (c'est-à-dire tout le corps). Exactement comme lorsque le gouvernant d'une société est juste, la Justice se répandra dans toute cette société, et lorsqu'il est injuste, l'injustice prévaudra dans tout le pays. C'est ce qui est indiqué dans le hadith suivant :

- "Chaque fois que le gouvernant est juste, il partage la récompense et le mérite de toutes les bonnes actions accomplies par ses sujets, et chaque fois qu'il est injuste, il sera considéré comme complice dans tous les péchés et mauvaises actions commis par eux." (11)

L'autre conclusion qu'on peut tirer est que l'on ne saurait réformer quelqu'un d'autre tant qu'on ne se sera pas réformé soi-même. Cela veut dire que si un individu est incapable de faire valoir la Justice en lui-même, comment pourrait-il la mettre en application chez ses parents, les membres de sa famille, ses concitoyens et enfin dans toute la société ? L'auto-développement prime donc nécessairement tout, et cet auto-développement ne peut se réaliser qu'à travers la Science de l'Ethique.
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tijanni



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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Ven 10 Juil - 12:37

Titre II

Les maladies de l'âme et leur traitement

 


Pour guérir les maladies physiques, il y a certaines règles et procédures à suivre. Il faut tout d'abord et avant tout identifier la maladie. Il faut ensuite déterminer le mode de traitement. Il faut en troisième lieu appliquer le traitement en recourant à des médicaments appropriés et en évitant l'utilisation de tout ce qui est nuisible, et ce jusqu'à la guérison complète.


Il a été noté précédemment que les maladies de l'âme surviennent lorsque les pouvoirs de celle-ci franchissent les limites de la modération et s'acheminent vers les extrêmes contraires : l'excès ou la déficience. Le traitement de ces maladies de l'âme doit être similaire à celui des maladies corporelles, et doit passer par les trois stades mentionnés ci-dessus avant d'aboutir à une guérison complète. Nous allons donc continuer notre discussion sur ce sujet en décrivant chacune de ces maladies et en indiquant le traitement qui lui est propre. Les maladies à étudier sont divisées en quatre catégories qui sont les suivantes :

1- Les maladies du pouvoir de l'intellect et leur traitement.

2- Les maladies du pouvoir de colère et leur traitement.

3- Les maladies du pouvoir de passion et leur traitement.

4- Les maladies relatives à la combinaison de deux de ces pouvoirs ou de tous les trois.

Avant de parler en détail des maladies de ces quatres catégories, il faut noter que chacun des pouvoirs évoqués peut se trouver dans n'importe lequel des trois stades : modération, déficience ou excès.

En traitant de chacun de ces pouvoirs, nous devrons tout d'abord considérer sa déviation vers l'excès, qui est une forme de maladie, et indiquer son traitement propre. Puis il nous faudra parler de sa déviation vers la déficience et du moyen de traiter celle-ci. Enfin nous devrons considérer son état de modération. Nous conclurons notre étude de chacun desdits pouvoirs par un examen des différentes sortes de maladies morales qui pourraient atteindre ces pouvoirs, et leur mode de traitement.





I - Les maladies du pouvoir de l'intellect et leur traitement


A) La condition d'excès


- La sournoiserie

C'est l'un des vices du pouvoir de l'intellect dans son état d'excès ou d'extrême. Lorsque l'intellect humain est atteint de cette maladie, il se trouve plongé dans des examens et des analyses si méticuleux qu'il perd le tempérament. En d'autres termes, l'activité mentale de l'individu, au lieu de rapprocher celui-ci de la compréhension de la réalité, l'en éloigne, et peut même le conduire à nier la réalité -comme dans le cas des sophistes- ce qui l'enfonce dans une fondrière de doute et d'indécision concernant les Lois religieuses et leur application.

La façon de traiter cette maladie fatale consiste en ce que l'individu concerné doit tout d'abord être conscient de son danger, y réfléchir, et ensuite faire un effort pour forcer son esprit à rester dans les limites de la modération. En se guidant sur le sens commun et en ayant pour critère la pensée et le jugement des gens normaux, il doit juger sa propre pensée et ses propres jugements, en restant sur ses gardes jusqu'à ce qu'il arrive à la condition de modération.
 


B) La condition de déficience

- L'ignorance simple

Cette maladie est due à une déficience du pouvoir de l'intellect chez l'individu, et on dit que l'individu en est atteint lorsqu'il manque de savoir et d'instruction tout en étant inconscient de son ignorance. Cette ignorance est en opposition avec "l'ignorance composée", dans laquelle l'individu concerné non seulement est inconscient de son ignorance, mais se considère comme connaisseur.

Il est évident que le traitement de "l'ignorance simple" est plus facile que celui de "l'ignorance composée". Pour guérir "l'ignorance simple", tout ce qu'il faut faire, c'est examiner les mauvaises conséquences de l'ignorance et se rendre compte que ce qui distingue l'homme de l'animal c'est la connaissance et l'instruction. En outre, il faut tenir compte de l'importance de la connaissance et de l'instruction, comme en témoignent aussi bien la raison que la Révélation. La conséquence d'une telle méditation et d'une telle réflexion sera un désir automatique d'instruction. Il faut poursuivre ce désir avec la plus grande ardeur, et empêcher le moindre brin d'hésitation ou de doute d'entrer dans son esprit.
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tijanni



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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Ven 10 Juil - 12:38

C) L'état de modération

- La Connaissance et la Sagesse

Cet état se trouve entre deux extrêmes : "la sournoiserie" et "l'ignorance simple". Indubitablement, la Connaissance et la Sagesse sont deux des qualités les plus sublimes que l'homme puisse posséder, puisqu'elles sont les Attributs Divins les plus importants et les plus nobles.En fait, c'est cette caractéristique qui rapproche l'homme d'Allah. La raison en est que plus l'homme est connaisseur et instruit, plus il est capable d'abstraction (tajarrud), puisqu'il a été démontré en philosophie que la connaissance et l'abstraction sont complémentaires. C'est pourquoi, plus le degré d'abstraction de l'esprit est grand, chez un homme, plus il est proche de l'Essence Divine, dont l'idée dans l'esprit humain est le plus haut degré de l'abstraction.

Le Saint Coran dit, dans l'exaltation de la Connaissance et de la Sagesse :

- "... Celui à qui la Sagesse a été donnée, bénéficie d'un grand bien." (2 : 269) (12)

- "Voilà des exemples que Nous proposons aux gens, mais ceux qui savent sont seuls à les comprendre." (29 : 43) (13)

Selon un hadith, le Prophète (S) a dit à Abû Thar :

- "S'asseoir pendant une heure dans une assemblée de gens instruits vaut mieux, aux Yeux d'Allah, qu'accomplir mille Prières par nuit pendant mille nuits, et que réciter tout le Coran douze mille fois, ou encore, vaut mieux que toute une année d'adoration, pendant laquelle on jeûne tous les jours et on passe toutes les nuits en priant. Si quelqu'un sort de sa maison dans l'intention d'aller acquérir le Savoir, Allah lui alloue, pour chaque pas qu'il fait, la récompense réservée à un Prophète, et la récompense accordée à mille Martyrs de (la bataille de) Badr. Et pour chaque mot qu'il entend ou qu'il écrit, une cité lui sera réservée au Paradis..." (14)

En Islam, certaines règles de bonne conduite sont prescrites aussi bien pour les enseignants que pour les élèves, règles qu'on trouve exposées et expliquées en détail dans des ouvrages spécialisés, dont le meilleur est peut-être "Adâb al-mutacallimîn" de Zayn al-Dîn ibn cAli al-cAmilî (1495-1559 de l'ère chrétienne). Voici quelques-unes des règles de bonne conduite relatives à l'élève et à l'enseignant :

1- L'élève doit s'abstenir de suivre ses penchants égoïstes et lascifs, et de fréquenter des gens mondains, car ils sont pareils à un voile qui empêche l'accès à la Lumière Divine.

2- Sa seule motivation pour ses études doit être de satisfaire Allah et d'atteindre à la félicité dans l'Autre Monde, et non de gagner une richesse, une célébrité ou l'honneur mondain.

3- L'étudiant doit mettre en pratique tout ce qu'il apprend et comprend, afin qu'Allah accroisse son Savoir. Le Prophète (S) a dit :

- "Celui qui acquiert la Connaissance d'un homme instruit et qui agit en conformité avec cette Connaissance, aura le Salut, et celui qui acquiert une connaissance pour une raison attachée à ce monde, n'aura que ce qu'il a acquis (et il ne recevra aucune récompense dans l'Autre Monde)." (15)

4- L'élève doit honorer son instituteur, être humble et obéissant envers lui.

La conduite convenable de l'enseignant doit être la suivante :

1- L'enseignement qu'il dispense doit avoir pour but la Satisfaction d'Allah et ne pas avoir des fins liées à ce monde.

2- L'enseignant doit encourager et guider son élève, être bon envers lui, et lui parler avec un langage qui soit au niveau de sa compréhension.

3- L'enseignant doit transmettre sa Connaissance seulement à ceux qui la méritent, et non pas à ceux qui pourraient en abuser.

4- L'enseignant ne doit parler que de ce qu'il connaît, et il doit s'abstenir d'aborder des sujets dont il est ignorant.

Il est ici nécessaire d'expliquer ce que signifient la Connaissance, l'apprentissage et la sorte d'enseignement dont nous parlons. En d'autres termes, la question est de savoir si l'honneur et le respect pour la Connaissance et le Savoir, principe qui caractérise l'Islam, s'applique à toutes les sciences, ou seulement à certaines d'entre elles. La réponse est que le domaine de l'enseignement peut être divisé en deux groupes :

a) les sciences relatives à ce bas-monde, telles que la médecine, la géométrie, la musique, etc.

b) les Sciences ayant trait au développement spirituel de l'homme.

C'est cette seconde sorte d'apprentissage qui est hautement appréciée par les Saints Enseignements de l'Islam. Toutefois, le premier groupe de sciences est également considéré comme important, et leur acquisition est un obligation de suffisance (wâjib kifâ'î) pour tout Musulman. Cela veut dire que tous les Musulmans sont obligés de les apprendre jusqu'à un niveau suffisant pour faire face aux besoins de la Communauté Musulmane.

En ce qui concerne les Sciences dont l'acquisition est nécessaire au développement spirituel de l'homme, elles sont les suivantes : la connaissance des Doctrines de la Religion (uçûl al-dîn, ou les Principes de la Religion), l'Ethique (akhlâq) -qui a été fondée en vue de guider l'homme vers ce qui l'amène au Salut et l'éloigner de ce qui le conduirait à l'égarement- et la Jurisprudence Musulmane (fiqh) -laquelle concerne les devoirs individuels et sociaux des êtres humains du point de vue de la Loi Islamique.
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tijanni



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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Ven 10 Juil - 12:39

D) D'autres vices relatifs au pouvoir de l'intellect

1- L'ignorance composée

L'ignorance composée est, comme nous l'avons noté plus haut, une ignorance dans laquelle quelqu'un n'est pas seulement ignorant, mais également inconscient de son ignorance. C'est une maladie fatale, dont le traitement est extrêmement difficile, car la personne "ignorante composée" ne voit aucun défaut en elle-même, et n'a par conséquent aucune motivation pour se corriger. Elle demeure ainsi ignorante jusqu'à la fin de sa vie, et les conséquences désastreuses de cet état la détruisent. Pour guérir cette sorte d'ignorance, nous devons en explorer les racines. Si la cause de l'ignorance composée d'un individu est une tendance à un esprit tordu, le meilleur remède pour lui est d'apprendre quelques sciences exactes, telles que la géométrie ou l'arithmétique, ce qui devrait permettre à son esprit de se débarrasser de ses confusions et de son inertie mentale, et devrait le conduire vers la stabilité, la clarté et la modération. De cette façon, l'ignorance composée se transforme en une ignorance simple, et l'individu peut alors être motivé pour l'acquisition de la Connaissance. Et si la cause du vice réside dans la façon de raisonner de l'individu, celui-ci doit comparer son raisonnement avec celui d'hommes de recherche et de pensée claire, afin qu'il puisse découvrir son erreur. Et enfin, si la cause de l'ignorance de l'individu est autre, tels un préjugé ou une imitation aveugle, il doit s'efforcer de l'éliminer.

2- La perplexité et le doute

Une autre maladie qui affecte le pouvoir de l'intellect est le vice du doute et de la perplexité, qui rend celui qui s'en trouve atteint incapable de distinguer le bien du mal, le Droit Chemin de l'erreur. Cette maladie est normalement provoquée par l'apparition d'un certain nombre d'éléments de conviction contradictoires, ce qui sème la confusion dans son esprit et l'empêche de parvenir à une conclusion définitive.

Pour guérir de cette maladie, l'individu doit tout d'abord considérer les principes axiomatiques de la logique, tels la loi de la contradiction, le principe selon lequel le tout est toujours plus grand que n'importe laquelle des parties qui le composent, la loi de l'identité, etc. et fonder tout son raisonnement par la suite sur ces principes, ce qui devrait l'amener à réaliser que la Vérité est une, et qu'excepté cette unique Vérité toutes les autres conclusions sont fausses. De cette manière, il pourra éliminer du tissu des pensées contradictoires celles qui le désorientent.

- La Certitude

A l'opposé de l'ignorance, de la perplexité et du doute, il y a la Certitude, laquelle n'est rien d'autre qu'une conviction certaine et éternelle qui, étant en conformité avec la réalité, ne peut être ébranlée par aucun doute, si fort soit-il. Cela est particulièrement important en ce qui concerne la éologie et ses différentes branches. En d'autres mots, la Croyance en l'Existence d'Allah, en Ses Attributs négatifs et positifs, en la Prophétie et la Résurrection, et en tout ce qui s'y rapporte, doit être si forte qu'elle ne saurait être ébranlée par aucun doute. L'état de Certitude est l'un des états les plus hauts possibles pour l'homme, et il n'est atteint que par fort peu d'êtres humains.

Selon un hadith attribué au Prophète (S) :

- "La Certitude est une Croyance complète." (16)

L'Imam Jacfar al-Câdiq (P) a dit :

- "Allah, le Suprême, par Sa Justice Suprême, a associé le bonheur et le confort à la Certitude et au Contentement, et IL a accouplé le chagrin et la douleur au doute et au ressentiment." (17)
 
 


i) Les signes des hommes de conviction

Il y a certains signes associés à l'état de Certitude, à travers lesquels chacun peut se tester pour déterminer son degré de conviction. Ces signes sont :

1- Compter sur Allah dans ses affaires, et ne travailler que pour LE satisfaire. En d'autres termes, on doit croire fermement que :

- "Il n'y a pas de pouvoir ni de puissance (dans ce monde) en dehors de ceux accordés par Allah, Le Plus-Haut, Le Plus-Grand." (18)

2- Humilité devant Allah, intérieurement et extérieurement, en tous temps et dans toutes les circonstances, et obéissance à Ses Commandements, jusque dans le plus petit détail.

3- La possession de pouvoirs extraordinaires -presque miraculeux- grâce au fait d'être proche d'Allah (à condition que cela se produise après qu'on se soit rendu compte combien on est insignifiant et faible devant la Grandeur et la Majesté d'Allah).
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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Ven 10 Juil - 12:40

ii) Les stades de Certitude

- cilm al-yaqîn

Ce qui est certain et conviction permanente. Il est pareil à la conviction d'un homme qui, lorsqu'il voit la fumée, croit avec certitude qu'il y a également le feu.

- cayn al-yaqîn

C'est apercevoir quelque chose avec l'oeil -externe ou interne. Et pour reprendre l'exemple précédent, il est comme la conviction d'un homme qui voit non seulement la fumée, mais le feu également.

- haqq al-yaqîn

C'est l'état de Certitude acquis lorsqu'une sorte d'union spirituelle et réelle existe entre le connaisseur et la chose connue. Ce pourrait être le cas lorsque, par exemple, quelqu'un se trouve au milieu du feu dans l'exemple précité. Cela s'appelle "l'union entre le connaisseur et le connu". Pour atteindre l'état de "haqq al-yaqîn", on doit remplir certaines conditions nécessaires, qui sont les suivantes :

a) L'âme de l'individu doit avoir la capacité de recevoir et de comprendre ces vérités. L'âme de l'enfant, par exemple, ne peut pas comprendre la réalité des choses.

b) L'âme ne doit pas être polluée par la corruption et le péché.

c) On doit concentrer son attention sur l'objet en question, et l'esprit doit être dégagé de toute pollution d'intérêts bas et relatifs à ce bas-monde.

d) On doit être dépouillé de toute sorte d'imitation et de préjugés aveugles.

e) Pour atteindre ce but, des préliminaires pertinents et nécessaires doivent être accomplis.

3- Le chirk (polythéisme)

Le chirk est une autre maladie sérieuse de l'âme, et il est une branche de l'ignorance. Il consiste à croire que d'autres forces, en plus d'Allah, jouent un rôle dans la direction des affaires du monde. Si quelqu'un adore ces forces, il commet ce qu'on appelle "chirk cibâdî" (polythéisme dans l'adoration), et si quelqu'un leur obéit, on appelle son acte "chirk itâcî" (polythéisme dans l'obéissance). La première sorte de polythéisme s'appelle aussi "chirk jalî" (polythéisme manifeste), et la seconde, "chirk khafî" (polythéisme caché). Il est possible que le Verset coranique :

- "La plupart d'entre eux ne croient en Allah qu'en LUI associant d'autres divinités." (12 : 106) (19)

fasse référence à cette sorte de chirk.

- Le tawhîd (monothéisme)

A l'opposé du chirk, il y a le "tawhîd" (monothéisme), qui signifie qu'il n'y a pas dans l'univers d'autre force que Celle du Tout-Puissant Allah. Le tawhid a plusieurs stades, qui sont :

a) L'acceptation ou l'admission verbale du tawhîd, en l'occurrence, la profession de la formule :

- "Il n'y a de dieu qu'Allah" (20)

sans y croire intérieurement.

b) Croire du fond du coeur, après avoir prononcé verbalement l'attestation d'adhésion au monothéisme ci-dessus mentionnée.

c) Réaliser l'Unicité d'Allah par épiphanie et par expérience surnaturelle. En d'autres termes, on découvre que la vaste multiplicité des créatures dérivent leur existence d'Allah L'Unique, et on reconnaît qu'il n'y a pas d'autre pouvoir à opérer dans l'univers que Celui d'Allah.

d) On ne voit rien dans le monde, excepté L'Etre Divin, et on perçoit toutes les créatures comme étant des émanations et des reflets de Cet Etre.

Ces stades de croyance au tawhîd nous conduisent à reconnaître la cause de la maladie du chirk. La raison originelle du chirk est l'immersion dans le monde matériel et l'oubli d'Allah. Pour en guérir, on doit méditer sur la création des Cieux et de la Terre, et sur les myriades de créatures d'Allah. Cela peut susciter en nous l'appréciation de la Gloire d'Allah. Plus notre méditation et notre contemplation sur la beauté de l'univers et le mystère de sa création est profonde, plus notre Foi en l'Existence et l'Unicité d'Allah sera grande. Le Coran dit :

- "Pour ceux qui pensent à Allah, debout, assis ou couchés, et qui méditent sur la création des Cieux et de la Terre, (en disant) : "Notre Seigneur ! TU n'as pas créé tout ceci en vain ! Gloire à TOI ! Préserve-nous du Châtiment du Feu." (3 : 191) (21)

L'Imam al-Redha (P) a dit :

- "L'adoration ne consiste pas à prier et à jeûner beaucoup, mais à méditer beaucoup sur la Création d'Allah." (22)

4- Les tentations sataniques et la conscience

Tout ce qui entre dans la conscience humaine vient soit par l'intermédiaire des Anges de bienfait, soit par l'intermédiaire du diable. Dans le premier cas, c'est une inspiration (ilhâm), dans le second, c'est la tentation (waswâs). L'âme humaine est un champ de bataille dans lequel l'armée des Anges et l'armée des diables sont rangées en ordre de bataille, et l'homme a le choix de fortifier l'une ou l'autre. Si c'est l'armée des diables qui est renforcée, l'homme fera l'objet de tentations démoniaques et ses actions extérieures vont refléter sa condition intérieure. Mais si c'est l'armée des Forces Divines qui est consolidée, l'homme deviendra l'incarnation des Attributs et des Caractéristiques Divins.

Le Saint Coran relate comment Satan (Iblîs) a juré d'égarer les êtres humains et de les amener au péché :

- "Il dit : "A cause de l'aberration que TU as mise en moi, je les guetterai sur Ta Voie Droite. Puis je les harcèlerai, par-devant et par-derrière, sur leur gauche et sur leur droite. TU ne retrouveras, chez la plupart d'entre eux, aucune reconnaissance." (7 : 16-17) (23)

A propos des gens qui cèdent au diable, le Saint Coran dit :

- "Ils ont des coeurs avec lesquels ils ne comprennent rien ; ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas ; ils ont des oreilles avec lesquelles ils n'entendent pas. Voilà ceux qui sont semblables aux bestiaux, ou plus égarés encore. Voilà ceux qui sont insouciants." (7 : 179) (24)

Et à propos de ceux qui ne sont pas influencés par le diable, le Coran dit :

- "Quant à ceux qui auront cru en Allah et qui se seront placés sous Sa protection, IL les introduira

bientôt dans Sa Miséricorde et dans Sa Grâce, et IL les dirigera vers LUI, dans un Chemin Droit." (4 : 175) (25)

Le moyen de combattre les tentations démoniaques est la délibération sur l'Au-delà. Si on médite sur les conséquences qu'entraîne le fait de suivre le conseil du diable, et sur ce que l'avenir nous réserve à cause de notre obéissance à celui-ci, nous trouverons le Droit Chemin et serons libérés des tentations démoniaques. Lorsque nous aurons trouvé la Voie Droite, Allah viendra à notre aide et nous guidera vers l'ultime bonheur et la félicité, comme IL nous l'a fait savoir clairement dans le Verset coranique ci-dessus.

5- La tricherie et la sournoiserie

La sournoiserie est un autre vice appartenant au pouvoir de l'intellect, et apparaît par l'action des désirs sataniques et diaboliques des pouvoirs de la passion et de la colère. La sournoiserie, la tricherie, est définie comme un complot conscient contre les autres et comme l'élaboration de plans détaillés et minutieux en vue de leur nuire. Ce vice est fatal, parce que l'individu qui en serait atteint est compté comme un membre du parti du diable. Le Saint Prophète (S) dit à ce propos :

- "Quiconque complote contre un Frère Musulman n'est pas de nous (n'est pas Musulman)." (26)

Le moyen de guérir cette maladie est que celui qui en est atteint doit prendre conscience des conséquences dangereuses de ce vice et se mettre dans la tête que quiconque creuse un fossé pour les autres y tombera un jour lui-même, subissant ainsi la punition qu'il mérite, dans ce monde même. Il doit se demander pourquoi au lieu d'être bon et bienveillant envers les autres, il complote contre eux.
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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Ven 10 Juil - 12:41

II - Les maladies du pouvoir de colère et leur traitement

 

Comme il a été noté plus haut, le pouvoir de colère a trois états : déficience, modération et excès, dont chacun sera abordé en détail ci-après.


A) La condition d'excès

- La témérité

La témérité, une des maladies du pouvoir de colère, est une imprudence menant à des situations dangereuses et mortelles malgré les avertissements de la raison et de la Religion.

Le Saint Coran l'interdit explicitement dans les termes suivants :

- "Ne vous exposez pas, de vos propres mains, à la destruction." (2 : 195) (27)

Le moyen de guérir la témérité est de penser soigneusement, avant de se lancer dans n'importe quelle action, pour savoir si celle-ci est conforme ou non à la raison et à la Religion. Si elle est conforme, on peut l'entreprendre, mais si elle est désapprouvée par l'une d'elles, on doit s'en abstenir. Il est même nécessaire de s'abstenir de toute action qui comporte ne serait-ce qu'un danger minime, afin de diminuer sa propension pour la témérité. On doit maintenir cette attitude jusqu'à ce qu'on soit certain qu'on est complètement guéri de ce vice, et jusqu'à ce que la condition de modération, c'est-à-dire le Courage, soit atteinte. Une fois arrivé à cet état, on doit essayer de le préserver.

B) La condition de déficience

- La lâcheté

La lâcheté est une attitude timide face à une situation qui appelle une action violente. Elle est à l'opposé du tempérament de colère et de violence, et a pour origine un sentiment d'infériorité, d'irrésolution, de mélancolie et de manque de confiance en soi. Le Prophète (S) dit à ce propos :

- "O Allah ! Je me protège auprès de TOI contre l'avarice et la lâcheté." (28)

Le moyen de guérir la lâcheté consiste à stimuler en soi-même le tempérament de colère et de violence, et suivre un cours d'action violente quand cela n'est pas très dangereux, et ce jusqu'à ce que l'âme arrive à l'état de Courage, lequel est la condition modérée du pouvoir de colère. On doit ensuite prendre garde de ne pas s'écarter de l'état de modération vers la condition d'excès.

C) L'état de modération

- Le Courage

Le Courage est la manifestation du pouvoir de colère dans son état de modération, et il est défini comme étant la soumission du pouvoir de colère au pouvoir de l'intellect. Cette soumission est le plus admirable trait et elle est la cause de nombreuses Vertus spirituelles. On y accède après un combat réussi contre la témérité et la lâcheté, combat qui exige une persévérance constante et des exercices soutenus.
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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Ven 10 Juil - 12:51

D) D'autres vices du pouvoir de colère

Le pouvoir de colère peut être atteint de dix-sept vices divers que nous allons décrire brièvement ci-après.

1- La peur

La peur est une attente inquiète de l'arrivée de quelque chose de déplaisant. Par exemple, on peut avoir peur de prendre le bateau ou de dormir seul dans une maison. Il est évident qu'il y a une différence entre la lâcheté et la peur.

La peur est de deux sortes. Primo, il y a la peur d'Allah et la peur des péchés et de la Punition Divine. Secundo, il y a la peur d'autres choses qu'Allah. La première sorte de peur est louable et conduit l'homme à la Perfection, alors que la seconde sorte est un vice indésirable suscité par la maladie de la lâcheté.

La peur impropre est suscitée par la possibilité que quelque chose de déplaisant puisse arriver soit à soi-même, soit à un être cher. Par exemple, on peut avoir peur de la mort, d'un danger fatal, des cadavres, des démons, etc. La cause originelle de ces peurs est une faiblesse spirituelle qui peut être enrayée par un auto-examen. Par exemple, si quelqu'un réalise qu'il ne peut rien faire pour prévenir un danger certain ou probable de mort, et que cette peur ne sert pas à le prévenir, il perdra peu à peu sa peur. Si sa peur de la mort est suscitée par un attachement excessif à la vie et aux choses matérielles, il doit s'efforcer de réduire cet attachement.

Certaines peurs ont des causes imaginaires. Il en va ainsi de la peur de l'obscurité et des cadavres. Dans de tels cas de peur, on doit se débarrasser de ses imaginations et renforcer son âme.

- La Crainte d'Allah

La sorte de peur appropriée et louable est celle de la Majesté et de la Grandeur d'Allah. Cette peur s'appelle aussi "khachiyah" ou "rahbah". C'est aussi le cas de la peur des péchés qu'on a commis et de leur punition. Plus cette peur est grande, plus elle peut contribuer au développement et à la perfection spirituels de l'individu. De plus, plus grande et plus profonde est la compréhension ou la connaissance d'Allah, plus grande sera notre peur de la Puissance d'Allah. Le Saint Coran dit :

- "... Parmi les serviteurs d'Allah, ceux qui LE craignent sont surtout les Savants..." (35 : 28) (29)

Ainsi, dans les hagiographies, nous apprenons que des Saints tombent en syncope, et cela à cause de l'intensité de leur peur d'Allah.

L'intense peur d'Allah est la meilleure force de contrôle sur l'esprit humain ; parce qu'elle affaiblit les désirs lascifs et égoïstes, préserve l'homme pieux de la rébellion et du péché, et domestique le coeur de l'homme pour l'amener à la soumission aux Commandements d'Allah. De plus, la peur d'Allah annihile toutes les autres peurs, renforce l'homme pour faire face à l'injustice, à la tyrannie et à l'oppression. Parlant de cette catégorie de gens, le Saint Coran dit :

- "... Ils ont la sécurité et ils sont bien dirigés..." (6 : 82) (30)

Et :

- "... Ne craignez pas les hommes ; craignez-Moi..." (5 : 44) (31)

Et :

- "... Allah est satisfait d'eux ; ils sont satisfaits de LUI : voilà pour celui qui redoute son Seigneur." (98 : Cool (32)

Et :

- "Quant à celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur, et qui aura préservé son âme des passions, le Paradis sera son refuge." (79 : 40-41) (33)

Et le Prophète (S) a dit :

- "Quiconque redoute Allah, Allah fera en sorte que toute chose le redoutera, et quiconque ne redoute pas Allah, Allah le fera redouter toute chose." (34)

En tout cas, il y a d'innombrables Versets coraniques et ahadith qui soulignent le mérite de la Crainte d'Allah. Mais le souci de la brièveté nous empêche de les énumérer ici.

Il faut avoir en vue que même en craignant Allah, on doit prendre garde de rester dans les limites de la modération, afin que la Crainte d'Allah ne conduise pas l'homme à perdre tout espoir dans Sa Miséricorde et Sa Compassion, étant donné que perdre espoir en la Miséricorde et la Compassion d'Allah est en soi un péché. Le Coran dit :

- "Qui donc désespère de la Miséricorde de son Seigneur, sinon ceux qui sont égarés ?" (15 : 56) (35)

Si la Crainte d'Allah atteint un tel degré extrême, elle devrait alors être contrebalancée par le "rajâc" (l'espoir) dans la Pitié d'Allah, car avec ces deux ailes, celle de l'espoir et celle de la Crainte, on peut s'élever aux plus hauts niveaux de la Perfection humaine. Le Saint Coran dit, en effet, à ce propos :

- "Informe Mes serviteurs que JE suis, en Vérité, Celui Qui pardonne, Le Miséricordieux, et que Mon Châtiment est le Châtiment douloureux." (15 : 49-50) (36)

2- Se déprécier, ou avoir un complexe d'infériorité

Ce vice, causé par la lâcheté, est une condition qui survient lorsqu'un individu, manquant du courage pour intervenir positivement dans une affaire importante, s'abstient d'assumer des responsabilités sociales, telles que persuader autrui d'accomplir de bonnes actions et l'empêcher de commettre de mauvaises actions.

Le traitement de cette maladie est le même que celui décrit à propos de la lâcheté. L'individu atteint de ce vice moral doit savoir qu'un vrai Croyant en Allah ne fait jamais l'objet de disgrâce, et qu'Allah accorde honneur et dignité au Croyant. Le Saint Coran dit à ce propos :

- "... L'honneur appartient à Allah, à Son Messager et aux Croyants..." (63 : Cool (37)

Il y a une Tradition qui dit :

- "Allah a assigné au Croyant le devoir de supporter tout sauf l'auto-humiliation." (38)

Le caractère opposé à l'auto-dépréciation est la force de caractère et le respect de soi, c'est-à-dire que l'on doit acquérir un tempérament imperméable à toute chose, plaisante ou douloureuse, le compliment ou le blâme par exemple. Selon l'Imam al-Bâqir (P) :

- "Un vrai Croyant est plus inébranlable que la montagne." (39)

Selon une autre Tradition, le même Imam al-Bâqir (P) a dit :

- "Allah a doté le Croyant de trois qualités : l'honneur dans ce monde et dans l'Au-delà, le Salut dans les deux mondes, et la crainte qu'il inspire aux coeurs des oppresseurs." (40)

3- Le manque d'assurance

C'est un sentiment d'infériorité résultant d'une absence d'effort en vue d'atteindre aux sommets de la Perfection ouverts à l'être humain, et d'une tendance à se contenter de petites réalisations. Il est à l'opposé de la confiance en soi, laquelle traduit la volonté de faire un effort en vue d'atteindre la félicité dans ce monde et dans l'Autre Monde, et de parvenir à la Perfection. Cette vertu de confiance en soi découle des qualités de fermeté, de Courage et de respect de soi-même. Le traitement du manque d'assurance est subsidiaire à celui de la maladie de la lâcheté, laquelle est la mère de tous les vices de cette catégorie.
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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Jeu 8 Déc - 13:19

4- Le manque de sens de la dignité

Ce vice consiste en un manque d'attention suffisante aux questions qui mériteraient qu'on leur prête attention, tels que la Foi, l'honneur, les enfants et la propriété. Ce vice découle d'une faiblesse de caractère et d'un complexe d'infériorité. A son opposé, il y a le sens de l'honneur, vertu louable chez l'homme. Aux yeux de la Religion, ce sens de l'honneur implique un effort en vue de l'immuniser contre la déviation, un zèle pour sa propagation, un souci de se conformer soi-même aux Lois religieuses et d'encourager les autres aussi à les suivre.

En ce qui concerne l'honneur personnel d'un individu, il signifie la sauvegarde du respect de soi et un effort en vue de préserver son honneur. En ce qui concerne les enfants d'un individu, le sens de la dignité signifie que le père doit satisfaire leur droit à l'éducation et à un développement éthique et culturel sérieux, afin qu'ils puissent recevoir de bonne heure une éducation morale qui deviendra une part intégrante de leur personnalité. L'Islam accorde une grande importance aux devoirs des parents d'éduquer et d'élever leurs enfants. Cette question est abordée en détail dans des livres de Traditions.

En ce qui concerne la propriété et la possession, la dignité signifie que l'on doit toujours les considérer comme étant une partie de la Bénédiction d'Allah et comme un dépôt confié par Allah à l'homme. Celui-ci doit s'abstenir de les dépenser avec extravagance, et s'en servir pour s'acquitter de ses devoirs religieux, sans oublier de penser aux nécessiteux.

5- La précipitation

C'est un état dans lequel on se trouve poussé à prendre une décision brusque ou à entreprendre une action brusque, sans réfléchir suffisamment. Cette condition aussi est une conséquence de la faiblesse de caractère et d'un complexe d'infériorité. Son opposé est la vertu de réflexion dans l'action et dans la parole. Le résultat de la précipitation est nuisible, et elle aboutit au remords et à la repentance. Dans beaucoup de cas, le dommage consécutif à une action hâtive est irréversible.

Pour traiter le vice de la précipitation, on doit prendre conscience de ses conséquences désastreuses, et s'habituer à une conduite digne et réfléchie.

6- Le ressentiment envers le Créateur et Sa Création

C'est une condition qui survient lorsqu'un individu garde rancune et cynisme à l'égard d'Allah, de Sa Créature et de leurs réalisations, interprétant tout d'une façon négative. Ce vice aussi est une conséquence de la lâcheté et le produit d'un complexe d'infériorité ; car une personne faible de caractère agit selon les impressions que son imagination peut produire. Il y a, à l'opposé de ce trait de caractère, la bonne volonté et la confiance en Allah et dans les hommes, ce qui veut dire adopter une attitude favorable envers toute chose, sauf s'il y a une preuve évidente du contraire. Le Coran dit à cet égard :

- "Vous vous êtes fait une fausse idée, et vous étiez un peuple perdu." (48 : 12) (41)

L'Imam cAli (P) a dit :

- "Pensez positivement à ce que fait votre Frère, à moins que vous n'ayez une preuve qui vous conduit à penser le contraire. Ne mettez pas en doute ce qu'il dit aussi longtemps qu'il est possible pour vous de le considérer (ce qu'il dit) comme étant juste." (42)

Le moyen de neutraliser ce vice est de négliger tout ce qu'on pourrait voir ou entendre à propos d'un Frère dans la Foi, et de maintenir à son sujet une opinion favorable et d'observer une attitude respectable et affectueuse à son égard.

7- La colère

La colère est l'une des conditions de l'âme, et elle a trois états :

a) L'état d'excès, lequel est défini comme étant ce qui met quelqu'un hors des limites de la Religion et de ses Lois.

b) L'état de déficience, lequel est défini comme étant l'état où l'on manque d'entreprendre une action violente même si elle est nécessaire pour son auto-défense.

c) L'état de modération. C'est l'état dans lequel la colère est stimulée dans des circonstances appropriées et admissibles.

Il est donc clair que le premier et le deuxième états sont au nombre des vices de l'âme, alors que le troisième fait partie des vertus éthiques découlant du Courage.

La colère excessive est une maladie fatale, et elle est considérée comme une sorte de folie temporaire. Lorsqu'elle s'apaise, elle est immédiatement suivie de remords et de repentance, ce qui représente des répliques saines d'une personne rationnelle.

L'Imam cAli (P) a dit :

- "La colère est un coup de folie, tant que celui qui en est atteint éprouve par la suite remords et regrets. Mais si quelqu'un n'éprouve pas de remords et de regrets après la colère, cela signifie que sa folie est devenue constante." (43)

D'ailleurs, l'absence totale de colère est aussi un vice qui amène l'homme vers l'humiliation, la subjugation et l'incapacité à défendre ses droits. Pour guérir une colère excessive, on doit enrayer ses causes. Ces causes pourraient être l'orgueil, l'égoïsme, l'entêtement, l'avidité et d'autres vices semblables. On doit également considérer comment est une colère excessive et comment pourraient être ses conséquences. Ensuite, on doit examiner les avantages de l'endurance et du sang-froid, et fréquenter les gens qui possèdent ces qualités. On doit penser aussi que la Force d'Allah est Suprême, et que tout est sous Ses Ordres, ce qui devrait amener l'homme à se rendre compte de sa faiblesse par rapport à la Puissance Infinie d'Allah. Enfin, on doit savoir que celui qui est en état de colère n'est pas aimé d'Allah, et qu'en plus il peut commettre quelque chose dont il aura honte par la suite.

Ce qui est à l'opposé de la colère, c'est la clémence et l'endurance -caractéristiques qui comptent parmi les qualités parfaites de l'âme. Ces deux qualités rendent celui qui les possède pardonneur et clément, bien qu'il puisse être tout à fait capable de se venger. Le Coran dit :

- "Pratique le pardon ; ordonne le bien, et écarte-toi des ignorants." (7 : 199) (44)

Et le Prophète (S) a dit :
 "Le pardon élève la position de l'homme. Pardonne, pour qu'Allah t'honore." (45)

- "Le pardon élève la position de l'homme. Pardonne, pour qu'Allah t'honore." (45)
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MessageSujet: Re: L'ETHIQUE MUSULMANE   Jeu 15 Déc - 13:22

8- La violence

La violence consiste en le recours à une force furieuse et destructrice, soit en paroles, soit en actes, et elle est l'une des conséquences de la colère. Son opposé est la vertu de la douceur, laquelle émane de la patience. S'adressant au Prophète (S), le Coran dit à ce propos :

- "Tu as été doux à leur égard par une Miséricorde d'Allah. Si tu avais été rude et dur de coeur, ils se seraient séparés de toi." (3 : 159) (46)

Et, selon le Prophète (S) :

- "Lorsqu'Allah aime Ses serviteurs, IL les dote du trait de l'amitié ; et quiconque manque de ce trait, manquera de toutes les autres Bénédictions." (47)

Le Prophète  (S) a dit également :

- "La considération et la bonté à l'égard des gens constituent la moitié de la Foi." (48)

9- Le mauvais caractère

Ce vice aussi découle de la colère, et il est à l'opposé du bon caractère. Il conduit les gens à s'éloigner de celui qui en est atteint, et il ne lui apporte que faillite dans ce monde et dans l'Autre. Il détruit de plus toutes les bonnes actions qu'on aurait accomplies. Le Prophète (S) dit à ce propos :

- "Le mauvais caractère détruit les bonnes actions, tout comme le vinaigre abîme le miel." (49)

S'adressant au Prophète (S), le Coran lui dit :

- "Tu es d'un caractère sublime." (68 : 4) (50)

10- La rancune

La rancune aussi est causée par la colère, et elle est complexe constitué une fois la colère disparue. Elle a de mauvaises conséquences, telles que la jalousie et la rupture des relations avec celui contre lequel elle est dirigée, et elle peut déboucher sur une attaque physique contre lui, des remarques illégitimes sur lui, des mensonges à son propos, des médisances, des calomnies, la divulgation des secrets personnels et intimes, etc.

Parfois la rancune s'extériorise et se manifeste sous forme d'hostilité nette, conduisant à l'affrontement, au combat, aux injures et aux invectives, et tout cela constitue bien des vices fatals.

Le moyen de guérir cette maladie spirituelle est que la personne qui en souffre doit tout d'abord comprendre que le sentiment de rancune nuit à celui qui le garde dans son coeur beaucoup plus qu'à celui contre lequel il est dirigé. Ensuite, elle doit décider d'adopter une attitude fraternelle et serviable envers celui contre lequel elle éprouve de la rancoeur, et faire de bonnes choses pour lui-même, si ses émotions la poussent à faire le contraire. Elle doit maintenir cette attitude envers lui jusqu'à ce qu'elle se soit défaite de cette maladie.

11- L'orgueil et la vanité

C'est là un autre vice du pouvoir de colère. C'est un état dans lequel un homme a une haute idée de lui-même en raison d'un certain avantage réel ou imaginaire dont il bénéficierait. D'un autre côté, il manque de reconnaître les Attributs de Perfection d'Allah, Lequel est la Source de toute chose. Un grand nombre de Traditions soulignent les maux de ce trait de caractère. L'une de ces Traditions attribue au Saint Prophète (S) cette parole :

- "Même si vous ne commettez aucun péché, je crains que vous ne tombiez dans ce qui est pire, à savoir l'orgueil ! L'orgueil !" (51)

Les mauvais effets de l'orgueil et de la vanité sont : l'arrogance, l'oubli et la négligence de ses propres fautes -et donc l'omission de les corriger-, la dépréciation des bonnes actions de l'orgueilleux aux yeux d'Allah et des gens, l'absence de gratitude à l'égard des Bénédictions d'Allah -et par conséquent le risque de les perdre-, l'omission de poser des questions à propos des choses qu'on ignore -et par conséquent le risque de rester dans l'ignorance-, et finalement le fait d'avoir des opinions incorrectes et sans fondement, et de les proclamer.

Pour guérir un individu de cette maladie, il est nécessaire qu'il tourne son attention vers Allah et qu'il LE connaisse. Lorsqu'il se rendra compte que seul L'Omnipotent Créateur mérite adoration et louange, et qu'il n'est, lui, rien par rapport à la Majesté d'Allah, qu'il n'a absolument rien qu'il puisse appeler sien propre, et que même des êtres qui sont de très loin supérieurs à lui, tels les Prophètes et les Anges, ne sont rien par comparaison avec Allah, il aura conscience qu'il est absurde d'être orgueilleux et vaniteux, et qu'il doit se considérer tel qu'il est réellement : une créature insignifiante d'Allah.

Lorsque l'homme aura médité sur ses débuts -une simple goutte de sperme- ainsi que sur sa fin -une poignée de terre-, ainsi que sur le bref intervalle de sa vie -une misérable créature portée aux maladies et dominée et dirigée par la concupiscence et les instincts, il n'oubliera pas seulement sa vanité, mais même sa propre personne, et il dévouera tout son être à l'adoration d'Allah. Le Saint Coran dit à ce propos :

- "Que l'homme périsse ! Quel impie ! Comment Allah l'a-t-IL créé ? D'une goutte de sperme. Il l'a créé et IL a fixé son destin ; puis IL a rendu son chemin facile ; IL l'a fait mettre au tombeau ; puis IL le ressuscitera, quand IL le voudra." (80 : 17-22) (52)

Et comme le dit ce distique d'un poète Persan :

- "Ne te vante pas de ta richesse et de ta prestance, car la première pourrait être emportée une nuit par les voleurs, et la seconde pourrait s'évanouir par un seul coup de fièvre." (53)

On doit garder présent à l'esprit que la vanité et l'orgueil peuvent être engendrés lorsqu'on est favorisé par les Bénédictions Divines, telles que le Savoir, la dévotion, la piété, la Foi, le Courage, la générosité, la patience, une ascendance honorable, la beauté, une bonne santé, la force, la position élevée, l'intelligence, et ainsi de suite. Pour éviter un tel risque, on doit toujours se rappeler ses propres faiblesses et défauts ; un tel rappel nous aidera à prévenir l'orgueil.

Ce qui est à l'opposé de l'orgueil et de la vanité, c'est la modestie, laquelle est le trait de caractère le plus méritoire, qui conduit à l'édification de l'âme et à la Perfection de l'homme.
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