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 Introduction à la Sunnah

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hud



Messages : 250
Date d'inscription : 18/08/2008

MessageSujet: Introduction à la Sunnah   Ven 12 Juil - 5:49

Introduction à la Sunnah


Préface de la première édition


Louange à Dieu le Seigneur des Mondes. Que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur le plus noble des Messagers, le détenteur de la Sunnah purifiée, l’envoyé en guise de miséricorde pour l’univers, notre maître Muhammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.

La Sunnah prophétique purifiée jouit d’une grande considération en Islam et possède un statut important dans la religion. En effet, il s’agit de la deuxième source de la Législation islamique après le Noble Coran. Elle constitue une preuve législative dans l’établissement des jugements légaux.

Dieu - Exalté soit-Il - montra que le Messager - paix et bénédicions de Dieu sur lui - a pour rôle d’expliciter le Coran qui lui est révélé : "[...] Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent" [1].

Aussi Dieu ordonna-t-Il aux croyants d’appliquer les ordres du Messager et de s’abstenir de ce qu’il leur interdit : "[...] Prenez ce que le Messager vous octroie ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en [...]" [2].

Etant donné ce statut et cette importance capitale dont jouit la Sunnah prophétique, les savants de cette science ont voué leurs vies à sa protection et à la préservation du plus grand patrimoine de l’existence. Leur jihâd était semblable à celui des combattants à l’affût dans les lignes défensives avant, défendant les postes frontaliers et la patrie. Il semblerait même que les savants-mémorisateurs du Hadîth, par leur jihâd pour défendre leur credo eurent une trace et une influence encore plus grande, grâce à leurs louables efforts.

Aujourd’hui, la communauté musulmane a besoin de mettre en valeur les questions islamiques nécessitant recherche et analyse, afin de confluer harmonieusement avec les développements dont témoignent les domaines sociaux, éducatifs, économiques et autres.

Cet ouvrage propose une étude analytique de la Sunnah prophétique et de ses sciences à l’époque la plus florissante de sa consignation, à savoir le troisième siècle hégirien qui constitue véritablement selon les savants l’âge d’or de l’inscription du Hadîth. C’est l’époque où sortirent au grand jour les recueils de la Sunnah avec en tête, le Musnad de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, ainsi que les six recueils du Hadîth recensant la grande majorité des narrations authentiques - Sahîh Al-Bukhârî, Sahîh Muslim, Jâmi` At-Tirmidhî, Sunan Abî Dâwûd, Sunan An-Nasâ’î, Sunan Ibn Mâjah, et d’autres compilations de hadîths.

A cette époque charnière, le Hadîth devint indépendant et fut séparé des autres paroles attribuées aux Compagnons et Successeurs. C’est alors qu’un renouveau scientifique total vit le jour et rayonna en Orient comme en Occident.

Cet ouvrage expose les efforts déployés par les Imâms du Hadîth pour le consigner et le préserver, et leur développement de la plus rigoureuse des disciplines dédiées à l’analyse et l’authentification des narrations, i.e. la science dite de Mustalah Al-Hadîth. Ils ont ainsi jaugé chaque narration qui leur est parvenue par les méthodes de critique les plus précises. Il s’agit d’une méthodologie sans pareille, si bien qu’aucune autre communauté ne bénéficie de chaînes de narrations authentiques et continues comme celles de la communauté musulmane.

Voyant certains écrits contemporains tendancieux aborder la Sunnah prophétique et l’émergence de certains appels, d’une bassesse certaine, souhaitant l’abandon de la Sunnah pour en rester au Coran uniquement - ce même souhait chers aux anciens ennemis de la Sunnah -, j’ai jugé bon d’exposer leurs suspicions et de répondre à leurs fausses allégations, en exposant les efforts des Imâms du Hadîth pour lutter contre les narrateurs faussaires et contre les ennemis de la Sunnah. J’ai également montré les efforts des savants-mémorisateurs du Hadîth dans sa compilation ; ils recencèrent les narrateurs de confiance, certains recensèrent même les narrateurs faibles et les traditions faibles ou controuvées afin que les musulmans en prennent connaissance et s’en méfient. Il résulta de la consignation de la Sunnah plus d’aisance dans le développement de la jurisprudence islamique. Alors que le juriste devait chercher des hadîths authentiques pour déduire un jugement légal, connaître l’interprétation d’un verset du Coran, ou s’y référer en guise de preuve dans quelque question juridique, il lui fut désormais possible de trouver cela, sans peine, consigné dans ces recueils.

J’ai exposé les méthodologies adoptées par les Imâms du Hadîth, puis je les ai comparées. J’ai en outre proposé une biographie de ces savants, ces hommes de piété ayant voué leurs vies au service de la Sunnah de leur Prophète - que la paix et les salutations les meilleures soient sur lui.

Puisse Dieu rendre cette oeuvre sincère pour Lui et bénéfique pour les musulmans. Puisse-t-Il m’accorder Son Pardon, ainsi qu’à mes parents et aux musulmans. Que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur notre maître Muhammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.

Dr. Ahmad `Omar Hâshim
P.-S.
Traduit de l’arabe du livre As-Sunnah An-Nabawiyyah wa `Ulûmuhâ, de Dr. Ahmad `Omar Hâshim, éditions Maktabat Gharîb, ISBN 977-172-232-8.
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hud



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MessageSujet: Re: Introduction à la Sunnah   Ven 12 Juil - 5:52


La sunnah au plan linguistique et terminologique


La définition de la sunnah au plan linguistique

Le terme sunnah s’emploie dans la langue (arabe) pour désigner diverses choses. On l’emploie pour désigner le visage pour son poli et son satiné, ou encore pour son arrondi, son apparence, voire son front et ses tempes ; toutes ces considérations renvoient à l’aspect lisse du visage. On qualifie un visage de masnûn lorsqu’il est façonné et lisse [...]. On parle de la sunnah du visage pour désigner ses contours arrondis, ou encore son apparence, comme dans la poésie de Dhû Ar-Rummah :

Turîka Sunnat Wajhin Ghayra Muqrifatin *** Malsâ’a Laysa Bihâ Khâlun wa lâ Nadbun

Traduction :

Elle te montre une face sans défauts *** Lisse et saine de toute aspérité

De même, Al-A`shâ dit :

Karîman Shamâ’iluhu Min Banî *** Mu`âwiyata Al-Akramîna As-Sunana

Traduction :

Vertueux de caractère parmi les Enfants de *** Mu`âwiyah aux beaux visages

La sunnah désigne l’apparence et la partie du visage vu de face. On parle également de la sunnah de la joue signifiant son plat. Fin de citation. [1]

Al-Azharî dit : « La sunnah désigne la manière louable et droite. D’où l’expression : “Untel fait partie des gens de la Sunnah” (Ahl As-Sunnah) c’est-à-dire qu’il fait partie des gens de la voie droite et louable. » La sunnah désigne également la nature, sens que certains donnèrent au vers de poésie d’Al-A`shâ mentionné précédemment.

Karîman Shamâ’iluhu Min Banî *** Mu`âwiyata Al-Akramîna As-Sunana [2]

Nous avons vu précédemment que certains donnèrent au terme sunan [3] dans ce vers le sens de visages, tandis que d’autres lui donnèrent le sens de natures.

Ar-Râghib dit : « La sunnah du Prophète — paix et bénédictions sur lui — désigne les manières auxquelles il était attaché. La sunnah de Dieu — Exalté soit-Il — s’emploie pour désigner comment est Sa Sagesse et la manière de Lui obéir. » [4] La sunnah désigne l’historique fût-il bon ou mauvais. Le poète Khâlid Ibn `Utbah Al-Hudhalî dit :

Falâ Tajza`anna bi-Sîratin Anta Sirtahâ *** fa-Awwalu Râdin Sunnatan Man Yasîruhâ

Traduction :

Ne sois pas affligé de l’historique que tu as forgé *** Car le premier à agréer un historique est celui qui le forge

Et dans le Livre Saint : « Qu’est-ce donc qui a empêché les gens de croire, lorsque la guidance leur est venue, ainsi que de demander pardon à leur Seigneur, si ce n’est qu’ils veulent subir le sort des Anciens (sunnat ul-awwalîn), ou se trouver face à face avec le châtiment. » [5] Az-Zajjâj dit : « Le sort des Anciens fut de subir le châtiment. » [...] De même, dans le hadîth : « Quiconque initie une bonne sunnah (coutume ou manière) en recevra la rétribution et une rétribution (égale à) ceux qui la perpétuent et quiconque initie une mauvaise sunnah [...] » [6] ; ce hadith vise toute personne à l’origine d’une pratique et se posant en exemple à suivre. On dit de toute personne ayant initié une pratique perpétuée par un groupe de gens après elle qu’elle est à l’origine de cette sunnah (en arabe : sannahu).

Le terme sunnah fut employé à diverses occasions avec différentes acceptions. Quoiqu’il en soit, à l’origine, il signifie la manière et l’historique. Lorsque ce terme est utilisé dans le domaine de la sharî`ah, il désigne tout ce que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a ordonné, interdit, ou recommandé, que ce soit verbalement ou par les actes. C’est pourquoi on dit que les références de la sharî`ah sont le Livre et la Sunnah c’est-à-dire le Coran et le Hadîth. Fin de citation. [7]

Ce terme figure à différents endroits dans le Noble Coran et désigne la coutume ininterrompue et l’usage suivi. Le très-Haut dit en effet : « Avant vous, certes, il y a eu diverses coutumes. » [8] Il dit également — Exalté soit-Il — : « Telle fut Notre coutume avec Nos messagers envoyés avant toi. » [9] et « Telle est la coutume d’Allâh avec les générations passées. Et tu ne trouveras jamais de changement à la coutume d’Allâh. »  [10]
La définition de la Sunnah dans la sharî`ah

Différentes définitions de la sunnah firent leur apparition dans le jargon des savants religieux, et ce, en fonction du domaine d’étude dont ils faisaient leur spécialité. La multiplication des disciplines s’intéressant à la Sunnah donna naissance à des définitions précises dans chacune des disciplines en question : « Les savants des Fondements du Fiqh s’intéressent à la recherche des preuves juridiques ; les savants du Hadîth se soucient de la transmission des traditions attribuées au Prophète — paix et bénédictions sur lui — ; les savants du Fiqh s’intéressent à la recherche des règlements juridiques liés aux obligations (fard), aux devoirs (wâjib), aux recommandations (mandûb), aux interdits (harâm) et aux choses indésirables (makrûh) ; les prédicateurs quant à eux s’intéressent à tout ce que la législation ordonne ou proscrit. » [11]

Les savants des fondements définissent la Sunnah comme étant tout ce qu’on rapporte de la part du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, hormis le Coran, et comprenant ses paroles, ses actes, et ses approbations, et pouvant servir de preuve pour un règlement juridique. Certains savants des fondements donnent cette appellation aux pratiques des Compagnons du Messager — paix et bénédictions sur lui —, que celles-ci figurent dans le Coran, ou dans les traditions du Messager — paix et bénédictions sur lui — ou que cela soit le fruit d’un effort venant proprement des Compagnons tel que la compilation du codex (mushaf) ou la consignation des recueils (de hadîths).

Les savants du Fiqh définissent la Sunnah comme étant tout ce qui est établi comme venant du Prophète — paix et bénédictions sur lui — sans être ni une obligation ni un devoir. Les choses de cet ordre appartiennent à une classe juridique comprenant les actes qu’il est désirable d’accomplir, mais dont l’abandon n’entraîne pas de châtiment : « On l’emploie pour désigner le contraire de la bid`ah (innovation religieuse), comme lorsqu’on dit : “Untel fait partie des Gens de la Sunnah.” » Fin de citation. [12]

Les prédicateurs emploient ce terme par opposition à l’innovation religieuse. Ils disent par exemple qu’untel fait partie des Gens de la Sunnah lorsqu’il agit conformément à la pratique du Prophète — paix et bénédictions sur lui — qu’il s’agisse d’une chose mentionnée dans le Livre Saint ou non. Ils disent aussi qu’untel pratique une innovation, s’il est à l’opposé de cela.

Les savants du Hadîth emploient ce terme pour désigner les paroles du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, ses actes, ses traits de caractère, sa biographie, ses expéditions militaires, et certains récits le concernant. Certains savants donnent cette désignation « aux paroles du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, à ses actes et à ses états » [13], ce qui englobe la définition précédente car ses états englobent ses belles vertus, ses traits de caractère magnifiques ainsi que ses actes nobles. Certains savants définissent la Sunnah comme étant « tout ce qu’on attribue au Prophète — paix et bénédictions sur lui — comme paroles, actes, approbations ou traits ». [14] Ces définitions sont néanmoins très proches. Elles s’accordent toutes sur le fait que la Sunnah prophétique désigne dans la terminologie des savants du Hadîth les paroles du Messager — paix et bénédictions sur lui —, ses actes, ses approbations, ainsi que ses traits moraux et physiques. En fait donc partie la plupart des récits concernant sa biographie comme la date et le lieu de sa naissance, ses retraites spirituelles dans la grotte de Hirâ’ et divers événements ayant précédé ou suivi l’avènement de sa mission prophétique.
P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Dr Ahmad `Umar Hâshim, As-Sunnah An-Nabawiyyah wa `Ulûmuhâ, éditions Gharîb, ISBN 977-172-232-8.
Notes

[1] Lisân Al-`Arab, volume 13, p. 224. Beyrouth.

[2] Tâj Al-`Arûs, volume 9, p. 344. Beyrouth.

[3] Sunan est le pluriel de sunnah. NdT.

[4] ibid.

[5] Sourate 18, Al-Kahf, La caverne, verset 55.

[6] L’Imâm Muslim rapporta d’après Al-Mundhir Ibn Jarîr, selon son père, que le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — dit : « Man Sanna fil-Islâm Sunnatan Hasanatan fa-Lahu Ajruhâ wa Ajru Man `Amila Bihâ Ba`dahu Min Ghayri An Yanqusa Min Ujûrihim Shay’. Wa Man Sanna fil-Islâm Sunnatan Sayyi’atan Kân `Alayhi Wizruhâ wa Wizru Man `Amila Bihâ Ba`dahu Min Ghayri An Yanqusa Min Awzârihim Shay’ ». (« Quiconque initie en islam une bonne sunnah en recevra la rétribution et une rétribution égale à ceux qui la perpétuent après lui sans que cela n’amoindrisse leur rétribution. Quiconque initie en islam une mauvaise sunnah en portera le péché et un péché égal à ceux qui la perpétuent après lui sans que cela ne les décharge de leur péché. »). Conférer Sahîh Muslim, volume 2, p. 705. At-Tirmidhî en rapporta une variante également : « Man Sanna Sunnata Khayrin Fattubi`a `Alayhâ fa-Lahu Ajruhu wa Mithlu Ujûri Man Ittaba`ahu Ghayru Manqûsin Min Ujûrihim Shay’an. Wa Man Sanna Sunnata Sharrin Fattubi`a `Alayhâ Kân `Alayhi Wizruhu wa Mithlu Awzâri Man Ittaba`ahu Ghayru Manqûsin Min Awzârihim Shay’an ». Conférer Sunan At-Tirmidhî, volume 4, p. 149. Ce dernier jugea ce hadîth bon. Il fut également rapporté par l’Imâm Ahmad dans son Musnad, volume 1, P. 193, éditions As-Sâ`âtî, et par Ad-Dârimî, volume 1, p. 107.

[7] Lisân Al-`Arab, volume 13, p. 225. Beyrouth.

[8] Sourate 3, Âl `Imrân, La famille d’Amram, verset 137.

[9] Sourate 17, Al-Isrâ’, La voyage nocturne, verset 77.

[10] Sourate 48, Al-Fath, La conquête, verset 23.

[11] Al-Hadîth wal-Muhaddithûn, page 1.

[12] Irshâd Al-Fuhûl, page 31.

[13] Tadrîb Ar-Râwî, page 5.

[14] Qawâ`id At-Tahdîth, page 61.


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hud



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MessageSujet: Re: Introduction à la Sunnah   Ven 12 Juil - 5:53

Les catégories de la sunnah



D’après les savants du Hadîth, la sunnah se subdivise en trois catégories selon sa nature : la sunnah verbale, la sunnah pratique, et la sunnah approbative. [1]

   La sunnah verbale est la catégorie la plus abondante. À titre d’exemple, on rapporte d’après Mujâhid que le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — dit : « Point de testament en faveur d’un héritier ». [2] Un autre exemple réside en la parole du Messager — paix et bénédictions sur lui — : « Ô gens, craignez Allâh et soignez vos invocations, prenez ce qui est licite et abstenez-vous de ce qui est illicite. » [3]

   La sunnah pratique correspond aux actes du Prophète — paix et bénédictions sur lui — rapportés par les Compagnons comme l’accomplissement des cinq prières avec leurs piliers, leurs rites surérogatoires, et leurs formes, ou encore l’accomplissement des œuvres cultuelles telles que le pèlerinage, le jeûne, la zakât et tout noble acte accompli par le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. On peut illustrer la sunnah pratique par les narrations rapportées de la part des Compagnons et des Mères des Croyants concernant les actes et les états du Messager — paix et bénédictions sur lui — dont la narration d’après `Atâ’ Ibn Yasâr selon laquelle : « Un homme embrassa son épouse pendant qu’il jeûnait avant de le regretter vivement. Il envoya son épouse s’en enquérir. Celle-ci se rendit auprès de la Mère des Croyants Umm Salamah et lui exposa son histoire. Umm Salamah lui répondit : “Le Messager d’Allâh embrasse pendant qu’il jeûne.” La femme s’en retourna auprès de son mari et l’en informa, ce qui augmenta son dépit. Il dit : “Nous ne sommes pas comme le Messager d’Allâh ; Allâh autorise ce qu’Il veut à Son Messager.” La femme retourna voir Umm Salamah et trouva le Messager d’Allâh chez elle. Le Messager d’Allâh s’enquit : “Que veut cette femme ?” Umm Salamah l’informa de sa requête. Il dit : “Peux-tu lui dire que moi aussi je le fais ?” Umm Salamah dit : “Je le lui ai dit. Elle s’en retourna auprès de son mari et l’en informa. Ce dernier n’en fut que plus dépité et dit : ’Nous ne sommes pas comme le Messager d’Allâh ; Allâh autorise ce qu’Il veut à Son Messager.’” Fâché, le Messager d’Allâh dit : “Par Allâh, je suis d’entre vous celui qui craint le plus Allâh et celui qui connaît le mieux les limites qu’Il a tracées.” » [4]

   La sunnah approbative correspond aux choses que le Messager — paix et bénédictions sur lui — approuva parmi les actes et les paroles des Compagnons. Par exemple, les choses qui eurent lieu en sa présence qu’il ne condamna point, qu’il s’abstint de commenter, ou qu’il approuva exprimant son appréciation et son adhésion. Cela est considéré comme une approbation. Dans ce chapitre, on rapporte d’après Abû Sa`îd Al-Khudrî — qu’Allâh l’agrée — que : « Deux hommes partirent en voyage sans emmener d’eau avec eux. Lorsque l’heure de la prière arriva, ils firent les ablutions sèches et accomplirent la prière. Puis, ils arrivèrent à un point d’eau avant la fin du temps imparti pour la prière ; l’un d’eux refit la prière et les petites ablutions, et l’autre ne refit rien. Puis ils se rendirent auprès du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — et lui racontèrent ce qui leur était arrivé. Il dit à celui qui n’avait pas refait (sa prière) : “Ton choix est conforme à la sunnah.” Il dit à l’autre : “Ta rétribution est double” ». [5]

P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Dr Ahmad `Umar Hâshim, As-Sunnah An-Nabawiyyah wa `Ulûmuhâ, éditions Gharîb, ISBN 977-172-232-8.
Notes

[1] Usûl Al-Fiqh du Professeur Mohammad Abû Zahrah, page 105.

[2] Rapporté par Ash-Shâfi`î dans Al-Umm, volume 4, p. 27 ; par At-Tirmidhî, volume 2, p. 16, aux éditions Bulâq, d’après le commentaire d’Al-Mubârakfûrî, volume 3, p. 189 par la voie de Ismâ`îl Ibn `Ayyâsh, At-Tirmidhî commenta : « Hadîth bon et authentique » ; dans Fath Al-Bârî volume 5, p. 278, dans Musnad Ahmad, volume 5, p. 267 ; par Abû Dâwûd, volume 3, p. 73, Ibn Mâjah, volume 2, p. 83, toutes ces références par la voie d’Ismâ`îl Ibn `Ayyâsh. L’Imâm Ahmad dit : « La narration d’Ismâ`îl Ibn `Ayyâsh d’après les Syriens (Ash-Ashâmiyyûn) est authentique. » Ibn Hajar commenta dans Fath Al-Bârî : « Ce récit appartient à ses narrations d’après Shurahbîl Ibn Muslim, qui est un Syrien fiable ; la chaîne de narration est donc authentique et sans faille. » Ce hadîth fut également rapporté par An-Nasâ’î, volume 2, p. 128 par la voie de Qatâdah avec une légère différence et par Ad-Dârimî, volume 2, p. 301 revu par M. `Abd As-Salâm Yamânî.

[3] Rapporté par Ibn Mâjah d’après Jâbir, volume 3, p. 3, par Al-Hâkim dans Al-Mustadrak, volume 2, p. 4 qui le déclara authentique selon les critères de Muslim, et par Al-Mundhirî dans At-Targhîb, volume 3, p. 7 avec la mention de l’authentification d’Al-Hâkim de ce hadîth.

[4] Al-Muwatta' p. 124, aux éditions du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques. Az-Zurqânî dit dans son commentaire Sharh Al-Muwatta’, volume 2, p. 92 : `Abd Ar-Razzâq a assuré la continuité de sa transmission avec une chaîne de garants authentique d’après `Atâ’ d’après un homme Ansârite. Il fut également rapporté par les deux Sheikhs (Al-Bukhârî et Muslim) : Fath Al-Bârî, volume 4, p. 131, par Muslim dans son Sahîh, volume 1, p. 305 selon `Umar Ibn Abî Salamah. Une variante similaire fut rapportée par l’Imâm Ahmad, dans son Musnad, volume 5, p. 43 et dans Majma` Az-Zawâ’id, volume 3, p. 166, Al-Haythamî commenta : Ses narrateurs sont ceux du Sahîh, et par Ad-Dârimî, volume 1, p. 345, avec un énoncé similaire, version revue par M. `Abd Allâh Yamânî.

[5] Rapporté par Abû Dâwûd d’après Abû Sa`îd Al-Khudrî, volume 1, p. 93, édition revue par le Professeur Mohammad Muhyî Ad-Dîn, et dans Subul As-Salâm, volume 1, p. 97, par An-Nasâ’î.


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MessageSujet: Re: Introduction à la Sunnah   Ven 12 Juil - 5:54

La place de la sunnah dans la religion



La sunnah est le second fondement de l’islam. Les jurisconsultes musulmans, anciens et contemporains, depuis les Compagnons — que Dieu les agrée — jusqu’à nos jours, sauf quelques sectes marginales, considèrent unanimement que la sunnah a valeur de preuve et constitue la seconde source de la religion après le Saint Coran. Nous sommes donc tenus de la suivre et il est interdit d’agir en contradiction avec elle. Les preuves décisives sont multiples à ce sujet. Ainsi Dieu — Exalté soit-Il — ordonna-t-Il aux gens d’obéir à Son Messager — paix et bénédictions sur lui — et expliqua que (le Prophète) — paix et bénédictions sur lui — avait pour mission d’expliciter le Coran qui lui était révélé et ce, après que Dieu l’eut préservé de toute erreur et de toute passion dans tous les domaines : « et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; § ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. § Que lui a enseignée (l’Ange Gabriel) à la force prodigieuse » [1] Dieu le préserva également des hommes lorsqu’Il lui ordonna de transmettre ce qui lui était révélé ; le Très-Haut dit : « Ô Messager, transmets ce qui t’a été révélé de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allâh te protègera des gens. Certes, Allâh ne guide pas les gens mécréants. » [2]

Donc, Dieu aplanit le chemin de la prédication devant son Messager et lui facilita la transmission du Message. À cette fin, Dieu — Exalté soit-Il — affirma deux principes :

   Il est obligatoire d’obéir au Messager — paix et bénédictions sur lui —.

   Le Messager — paix et bénédictions sur lui — est investi de la mission d’expliciter aux hommes le Message de leur Seigneur — Exalté soit-Il —.

Ces deux principes indissociables prouvent que la sunnah a valeur d’argument car Dieu — Exalté soit-Il — rendit obligatoire l’obéissance à Son Messager — paix et bénédictions sur lui — du fait que ce dernier avait pour mission d’expliciter aux hommes la révélation qui leur était destinée. Ash-Shâtibî dit : « Si l’individu responsable (al-mukallaf) agit conformément à l’explication, il aura obéi à Dieu et aura obéi au Messager en suivant ce que requiert l’explication. Si, en revanche, il agit en contradiction avec l’explication, il aura désobéi à Dieu— Exalté soit-Il — par son œuvre contraire à l’intention de Sa Parole et aura désobéi à Son Messager puisque s’inscrivant en faux par rapport à son explication. » [3]

Dans la suite, j’analyserai ces deux principes, à savoir que l’obéissance au Messager — paix et bénédictions sur lui — est obligatoire et que le Messager — paix et bénédictions sur lui — est celui qui explicite aux gens la révélation qui leur est destinée.
P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Dr. Ahmad `Umar Hâshim, As-Sunnah An-Nabawiyyah wa `Ulûmuhâ, éditions Gharîb, ISBN 977-172-232-8.
Notes

[1] Sourate 53, An-Najm, L’étoile, versets 3 à 5.

[2] Sourate 5, Al-Mâ’idah, La table servie, verset 67.

[3] Al-Muwâfaqât, vol. 4, p. 19.


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hud



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MessageSujet: Re: Introduction à la Sunnah   Ven 12 Juil - 5:55

L’obligation d’obéir au Messager — paix et bénédictions sur lui —



Dieu — Exalté soit-Il — commanda l’obéissance au Messager — paix et bénédictions sur lui —. Ce commandement figure dans le Saint Coran sous différentes formes, selon l’état, la sensibilité et les intentions des destinataires du discours. Ainsi s’adressa-t-il tour à tour au juif qui demandait des preuves nombreuses, à l’hypocrite pour qui un style menaçant convenait, et au fidèle qui acceptait l’ordre et reconnaissait la guidance par le plus court chemin. À l’égard de ce commandement, les versets du Saint Coran adoptèrent une démarche pédagogique adaptée, et mirent en œuvre une méthodologie sage :

   D’une part, ils signifièrent l’obligation d’obéir au Messager en enjoignant la foi en les Messagers de manière générale, ce qui implique l’obligation d’obéir au Messager — paix et bénédictions sur lui —. Par exemple, Dieu — Exalté soit-Il — dit : « Ô gens du Livre n’exagérez pas dans votre religion et ne dîtes à propos de Dieu que la vérité. Le Messie Jésus le fils de Marie n’est que le Messager de Dieu ainsi que Sa parole projetée à Marie et un Esprit venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses Messagers. Car si vous croyez et craignez (Dieu), vous aurez une grande rétribution. » [1] Le commandement de croire aux Messagers tout en croyant en Dieu ne se peut que lorsque cette foi est accompagnée de l’acceptation de ce qui est transmis par les Messagers de la part de Dieu et de la soumission et de l’obéissance à la voie qu’ils tracent. Partant, il est impératif de croire en notre Messager — paix et bénédictions sur lui — en vertu du commandement de croire aux Messagers, et son obéissance est obligatoire au même titre que l’obéissance aux Messagers qui découle du commandement de croire en eux.

   D’autre part, les versets signifièrent également l’obligation d’obéir au Messager — paix et bénédictions sur lui — en associant le commandement de croire en lui avec celui de croire en Dieu — Exalté soit-Il — : « Ô vous qui avez la foi, croyez en Dieu, en Son Messager et au Livre qu’Il a révélé à Son Messager ainsi qu’aux Livres qu’Il a révélés précédemment. » [2] Le Très-Haut dit aussi : « Croyez donc en Dieu, en Son Messager et à la Lumière que Nous avons révélée. Certes Dieu est parfaitement Connaisseur de ce que vous faîtes. » [3] Dieu — Exalté soit-Il — clarifia dans ces versets, et dans d’autres versets, le rang de Son Prophète — paix et bénédictions sur lui — : il prescrivit la foi en lui et ne se contenta pas du commandement d’ordre général cité précédemment — bien qu’il y soit englobé — et ce, en raison du caractère ultime de son Message et de l’universalité de sa Mission. La sagesse imposait donc qu’il fasse l’objet d’un supplément d’attention, ce qui explique l’injonction de lui obéir. L’Imâm Ash-Shâfi`î — que Dieu l’agrée — dit : « Dieu conféra à Son Messager la position qu’Il a explicitée — Exalté soit-Il — vis-à-vis de Sa religion, de Ses injonctions et de Son Livre. Il fit de lui l’emblême de Sa religion en rendant obligatoire le fait de lui obéir et en interdisant le fait de lui désobéir. Il démontra son mérite en associant la foi en Son Messager à la foi en Lui lorsqu’Il dit — Exalté soit-Il — : “Croyez en Dieu et en Son Messager et ne dîtes pas trois. Cessez, cela vaudra mieux pour vous. Dieu n’est qu’une divinité unique, Gloire à Lui, il ne Lui sied point d’avoir un fils.” [4] Il dit aussi : “Les croyants sont ceux qui croient en Dieu et en Son Messager et qui lorsqu’ils assistent avec lui à une affaire grave ne le quittent point avant de lui avoir demandé la permission” [5], liant la perfection des prémices de la foi — laquelle conditionne tout le reste — à la foi en Dieu, puis (à la foi) en Son Messager. » [6]

   Les versets signifièrent aussi l’obligation d’obéir au Messager — paix et bénédictions sur lui — du fait que Dieu — Exalté soit-Il — rendit obligatoire l’obéissance aux Messagers. Le Très-Haut dit en effet : « Nous n’avons guère envoyé de Messagers sauf pour qu’ils soient obéis par la volonté de Dieu » [7] L’obéissance aux Messagers est donc l’objectif qui justifie leur envoi. Notre Messager — paix et bénédictions sur lui —, du fait qu’il fait partie des Messagers, est visé par cette règle générale. On doit donc lui obéir d’autant plus que ses prédécesseurs parmi les Messagers étaient envoyés avec des Lois spécifiques à certains peuples, alors que notre Messager — paix et bénédictions sur lui — apporta une Loi universelle et définitive. Son obéissance s’en trouve donc plus confirmée et plus impérative.

   Le commandement d’obéir au Messager est associé au commandement d’obéir à Dieu — Exalté soit-Il — : « Dis : “Obéissez à Dieu et au Messager.” S’ils se détournent, (sache que) Dieu n’aime pas les mécréants. » [8] Le Très-Haut dit aussi : « Ô vous qui avez la foi, obéissez à Dieu et obéissez au Messager et à ceux qui détiennent le commandement parmi vous. Si vous êtes en désaccord sur une chose, renvoyez-la à Dieu et au Messager, si vous croyez en Dieu et au jour dernier. » [9] Quiconque médite sur les versets précités relatifs à l’obéissance au Messager — paix et bénédictions sur lui — verra que l’injonction d’obéir à Dieu et associée à l’injonction d’obéir au Messager, tantôt en usant d’une conjonction simple sans répétition du verbe comme dans le premier verset, ce qui signifie une association absolue et le fait que les deux vont de paire, et tantôt en répétant le verbe, ce qui exprime l’obligation d’obéir au Messager — paix et bénédictions sur lui — de manière absolue dans tout ce qu’il ordonne. Enfin, un troisième aspect concerne la répétition du verbe pour les deux premiers acteurs avec la conjonction sans répétition du verbe pour le troisième acteur comme dans Sa parole : « Obéissez à Dieu et obéissez au Messager et à ceux qui détiennent le commandement parmi vous. » Cela signifie que ceux qui détiennent le pouvoir ne jouissent pas d’une obligation d’obéissance indépendante ; ils ne disposent pas d’une prérogative spécifique de légifération qui contredirait l’islam. « On ne leur obéit vis-à-vis de ce qu’ils édictent et ils n’exercent leur pouvoir que dans le cadre tracé par la religion instituée par Dieu que ce soit dans le Coran ou la Sunnah. » [10] L’obéissance au Messager est donc obligatoire dans tout ce qu’il ordonna, que l’ordre en question figure dans le Saint Coran ou pas.

   Dieu ordonna l’obéissance au Messager de manière indépendante disant : « Non, par ton Seigneur, ils ne seront pas croyants tant qu’ils ne t’auront pas fait juge de leur litige, que ta décision ne leur sera plus une gêne et qu’ils ne se seront pas soumis tout à fait. » [11] Dieu — Exalté soit-Il — dit également : « Accomplissez la prière, acquittez vous de la zakât, obéissez au Messager. Peut-être vous sera-t-il fait miséricorde. » [12] et « Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en. » [13] Ces versets énoncent clairement l’obligation d’obéir au Messager, de se soumettre à son jugement et de le suivre. Cette obéissance est due du vivant du Prophète et après son décès. De son vivant, les Compagnons puisaient les règlements de la sharî`ah dans le Coran qu’ils tenaient de leur Messager — paix et bénédictions sur lui —, dans la mesure où il leur clarifiait ce qui leur était révélé, et dans la mesure où il leur explicitait de nombreux règlements au fur et à mesure que des événements non mentionnés dans le Coran survenaient. Le Prophète leur donnait une application concrète des règlements — le licite et l’illicite — qui avaient pour source le Coran ou la révélation qui lui était envoyée : « Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. » [14] Dieu enjoignit de répondre à l’appel du Messager — paix et bénédictions sur lui — : « Ô vous qui croyez ! Répondez à Dieu et au Messager lorsqu’il vous appelle à ce qui vous donne la vie. » [15] Dieu n’autorisa nullement au croyant ni à la croyante d’aller à l’encontre du jugement et du commandement du Messager ; Il dit — Exalté soit-Il — : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois que Dieu et Son Messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Dieu et à Son Messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident. » [16] Les musulmans respectaient ses ordres et ses interdits et suivaient son exemple dans leur culte et dans leurs transactions. Ils obéissaient au Messager et suivaient son exemple au point qu’ils imitaient ses actions et s’abstenaient de ce dont il s’abstenait. Nul ne s’autorisait de reprendre le Messager sauf lorsqu’une chose les étonnait, auquel cas ils en discutaient avec lui pour en connaître la sagesse. Nul ne s’autorisait de reprendre le Messager pour la moindre chose « sauf lorsque son geste ou sa parole étaient le fruit d’une réflexion personnelle (ijtihâd) au sujet d’une affaire de ce monde, comme lors de la bataille de Badr quand Al-Habbâb Ibn Al-Mundhir discuta avec lui du lieu du campement. » [17]. Or, ceci avait lieu conformément au principe islamique de la consultation (shûrâ).

Telle était donc la situation du vivant du Messager — paix et bénédictions sur lui —. Après sa mort, il est également obligatoire de lui obéir et de suivre sa tradition, car le Prophète — paix et bénédictions sur lui — rejoignit le Compagnon Suprême après s’être assuré parfaitement d’avoir établi les fondements de la religion et transmis le dépôt divin sur la voie de la vérité. Il recommanda aux musulmans de lui obéir et de suivre son exemple après son décès, conformément aux enseignements du Livre et de la Sunnah, et en harmonie avec leurs préceptes. Il dit en effet — paix et bénédictions sur lui — : « Je vous ai laissé deux choses, aussi longtemps que vous vous attacherez à elles, vous ne serez jamais égarés : le Livre de Dieu et ma tradition. » [18] Tout comme il était obligatoire pour les Compagnons, par la lettre du Coran, d’obéir au Messager et de le suivre de son vivant et après sa mort — comme cela est stipulé dans le hadîth précédent —, il incombe aux générations suivantes de musulmans de suivre sa tradition après son décès. Car les textes qui dictent cette obligation ont une portée générale non limitée à son vivant ni limitée exclusivement à ses Compagnons d’entre tous les musulmans. De plus, le motif de l’injonction est commun aux Compagnons et à leurs successeurs, à savoir qu’ils sont les disciples du Messager dont l’obéissance fut ordonnée par Dieu.

Pour toutes ces raisons, les Compagnons recueillirent la tradition prophétique et la transmirent à leurs successeurs.
P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Dr Ahmad `Umar Hâshim, As-Sunnah An-Nabawiyyah wa `Ulûmuhâ, éditions Gharîb, ISBN 977-172-232-8.
Notes

[1] Sourate 3, Âl `Imrân, La famille d’Amram, verset 179.

[2] Sourate 4, An-Nisâ’, Les femmes, verset 136.

[3] Sourate , At-Taghâbun, verset 8.

[4] Sourate 4, An-Nisâ’, Les femmes, verset 171.

[5] Sourate 24, An-Nûr, La lumière, verset 62.

[6] Ar-Risâlah (L'épître) de l’Imâm Ash-Shâfi`î, page 73.

[7] Sourate 4, An-Nisâ’, Les femmes, verset 64.

[8] Sourate 3, Âl `Imrân, La famille d’Amram, verset 32.

[9] Sourate 4, An-Nisâ’, Les femmes, verset 59.

[10] As-Sunnah An-Nabawiyyah wa Makânatuhâ fî At-Tashrî` (La sunnah prophétique et sa place dans la législation), page 58.

[11] Sourate 4, An-Nisâ’, Les femmes, verset 65.

[12] Sourate 24, An-Nûr, La lumière, verset 56.

[13] Sourate 59, Al-Hashr, L’exode, verset 7.

[14] Sourate 7, Al-A`râf, Les limbes, verset 157.

[15] Sourate 8, Al-Anfâl, Le butin, verset 24.

[16] Sourate 33, Al-Ahzâb, Les coalisés, verset 36.

[17] As-Sunnah An-Nabawiyyah wa Makânatuhâ fî At-Tashrî` (La sunnah prophétique et sa place dans la législation), page 66.

[18] Rapporté par Al-Hâkim dans Al-Mustadrak, dans Jâmi` Bayân Al-`Ilm wa Fadlih, volume 2, page 180, dans le commentaire d’Az-Zurqânî d’Al-Muwatta’ et dans At-Targhîb wat-Tarhîb.
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