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 livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )

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hud



Messages : 250
Date d'inscription : 18/08/2008

MessageSujet: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Mer 19 Juin - 9:49

Le credo



Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî

 
Le credo musulman conclut les croyances d’origine céleste. Il est explicité et argumenté dans le Noble Coran et dans la Tradition de l’éminent Messager. Il comprend la croyance en Dieu, au Jour Dernier, aux Anges, aux révélations divines et aux Prophètes.
Ce credo résout l’énigme de l’existence, explique à l’être humain le secret de la vie et de la mort et répond à ses éternelles questions : D’où proviens-je ? Où vais-je ? Et pourquoi ? Ce credo n’est pas une invention de l’islam, ni une innovation de Muhammad - paix et bénédiction sur lui. C’est le credo pur transmis par tous les Prophètes de Dieu, révélé dans tous les Livres célestes avant que ceux-ci ne soient atteints par la falsification et l’altération. Il s’agit de vérités éternelles et immuables au sujet de Dieu et de Sa relation avec l’univers perceptible ou imperceptible, au sujet de cette vie et du rôle que l’homme y occupe, et de sa destinée dans l’au-delà. Ce sont les vérités qu’Adam enseigna jadis à ses enfants, que Noé proclama à son peuple, que prêchèrent Hûd et Sâlih à `Âd et à Thamûd, leurs peuples respectifs, que prônèrent Abraham, Ismaël, Isaac et d’autres Messagers de Dieu, que confirmèrent Moïse dans sa Thora, David dans son Psautier, et Jésus dans son Evangile. L’islam n’a fait que débarrasser ce credo des impuretés qui s’y étaient immiscées et des corps étrangers qui s’y étaient infiltrés au fil des siècles, troublant le lustre de son monothéisme par la Trinité, les intercessions et l’adoration des idoles, corrompant l’idée de la Perfection divine par l’anthropomorphisme, l’incarnation, et l’attribution à Dieu d’imperfections humaines - qu’Il soit Glorifié et Exalté au-dessus de tout cela - et déformant son regard porté sur le monde, sur la vie, sur l’Homme et sur le rapport de ce dernier avec Dieu, avec Sa Révélation et avec les enseignements qu’elle apporte. L’islam a exposé ce credo d’une manière nouvelle, seyant au message par lequel la Sagesse divine a voulu conclure les messages divins, afin qu’il soit le but ultime de l’humanité, jusqu’au Jour dernier.
Le dogme musulman est venu assainir les concepts de monothéisme et de Perfection divine des impuretés qui s’y étaient associées au fil des siècles. Tout comme il assainit le concept de prophétie [1] des mauvaises conceptions qui l’avaient entouré. Il débarrassa l’idée du Jugement dernier des illusions des ignorants, de la falsification des outranciers, des allégations des menteurs et de l’imposture des charlatans.
Les composantes principales de ce credo sont : la foi en Dieu, en la venue des Prophètes, et au Jour dernier. Nous pouvons les résumer à la foi en Dieu et au Jour dernier. La foi en Dieu recouvre la foi en Son Existence, la foi en Son Unicité et la foi en Sa Perfection.


Notes
[1] Nous employons le terme prophétie pour signifier la "mission prophétique" ou le "statut d’un prophète", et non pas dans le sens d’une divination accomplie. NdT
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hud



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Date d'inscription : 18/08/2008

MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Mer 19 Juin - 11:11

Introduction à l’islam
Section : Les fondements de l’islam
Section : Le credo
L’Existence de Dieu


Il est établi qu’il y a derrière ce monde une force supérieure qui le gouverne, qui le régit et qui veille sur lui. Certains l’appellent la cause première, d’autres la raison première et d’autres encore le moteur premier. Le Coran arabe la désigne, quant à lui, ainsi que les autres Livres célestes, par ce nom qui réunit les attributs de beauté et de majesté : Allâh (Dieu).
La raison humaine est incapable d’appréhender cette force supérieure - autrement dit, ce dieu majestueux - pour en percevoir la Quiddité ou en connaître la Nature. Comment en serait-il autrement, si elle est déjà incapable de connaître sa propre quiddité, de déterminer l’essence de l’esprit, la vérité de la vie ainsi que bon nombre de propriétés physiques de l’univers, comme les forces électriques, magnétiques ou autres, contrainte qu’elle est de se contenter de n’en percevoir que les effets ? Comment la raison pourrait-elle alors prétendre à la connaissance de l’Essence de Dieu, le Haut, le Grand ? "Ainsi est Dieu, votre Seigneur ! Il n’y a point de divinité à part Lui, Créateur de tout. Adorez-Le donc. C’est Lui qui a charge de tout. Les regards ne peuvent L’atteindre, cependant qu’Il saisit tous les regards. Et Il est le Doux, le Parfaitement Connaisseur." [1]
Ce dieu n’est pas le dieu d’un clan, ni celui d’un peuple en particulier, ni celui d’une région donnée. Il est "le Seigneur des mondes"... "le Seigneur des cieux et de la Terre"... "le Seigneur du levant et du couchant"... "Dis : "Chercherais-je un autre Seigneur qu’Allah, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ?" [2]
Écoutons maintenant le dialogue, rapporté par le Coran, entre Moïse et Pharaon, pour mieux saisir le caractère absolu de Sa Divinité - Exalté et Glorifié soit-Il : « Et qu’est-ce que le Seigneur des mondes ?›, demande Pharaon. ‹Le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui existe entre eux, dit Moïse, si seulement vous pouviez en être convaincus !› Pharaon dit à ceux qui l’entouraient : ‹Avez-vous entendu ?› ‹Votre Seigneur, poursuit Moïse, et le Seigneur de vos plus anciens ancêtres›. ‹Vraiment, dit Pharaon, votre Messager, qui vous a été envoyé, est un fou›. ‹Le Seigneur du Levant et du Couchant, ajoute Moïse, et de ce qui est entre les deux ; si seulement vous compreniez !› » [3]
Le Coran argumente l’Existence de Dieu de diverses manières :

  1. Il attire l’attention sur ce que le monde recèle comme signes exprimant la présence d’un sage créateur originel. Il s’agit d’une loi évidente pour la raison qui souscrit au principe de causalité, principe naturel qui se passe de toute démonstration : « Certes, dans la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau que Dieu fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour des gens qui raisonnent. » [4]

    Cette création nécessite un Créateur et ce système a besoin d’un Régulateur : « Ont-ils été créés à partir du néant ou sont-ce eux les créateurs ? Ou ont-ils créé les cieux et la terre ? » [5]




  2. Puis il interpelle la prime nature de l’humanité saine, par laquelle l’être humain perçoit directement qu’il a un Seigneur et un Dieu Puissant, Majestueux, Qui le protège et Qui veille sur lui : « Dirige tout ton être exclusivement vers la religion, telle est la nature que Dieu a originellement donnée aux hommes - pas de changement à la création de Dieu. Voilà la religion de droiture ; mais la plupart des gens ne savent pas. » [6]

    Pour peu que cette prime nature disparaisse à l’heure de l’aisance et du badinage, elle refait rapidement surface en cas d’épreuve et de difficulté. Le vernis trompeur s’érode rapidement et laisse apparaître le matériau pur de l’âme humaine, qui revient alors à son Seigneur en L’invoquant et en L’implorant : "C’est Lui Qui vous fait aller sur terre et sur mer, quand vous êtes en bateau. Lorsque ces bateaux les emportèrent, grâce à un bon vent, ils s’en réjouirent jusqu’au moment où, assaillis par un vent impétueux, assaillis de tous côtés par les vagues, se jugeant enveloppés par la mort, ils prièrent Dieu, avec une exclusive dévotion : "Certes, si Tu nous sauves de ceci, nous serons parmi les reconnaissants !"" [7]

    Cette prime nature ressort lorsque l’être humain est surpris par la question de l’origine de l’univers et de l’identité de son Gérant. De par sa prime nature, il ne peut que proclamer : "C’est Dieu !" : « Si tu leur demandes : "Qui a créé les cieux et la terre, et assujetti le Soleil et la Lune ?", ils diront très certainement : "Dieu". » [8] ; « Dis : "Qui vous attribue de la nourriture du ciel et de la terre ? Qui détient l’ouïe et la vue, et qui fait sortir le vivant du mort et fait sortir le mort du vivant, et qui administre tout ?" Ils diront : "Dieu". Dis alors : "Ne Le craignez-vous donc pas ?" Tel est Dieu, votre vrai Seigneur. Au delà de la vérité qu’y a-t-il donc sinon l’égarement ? Comment alors pouvez-vous vous détourner ?" » [9]




  3. Le Coran prend l’Histoire de l’humanité à témoin pour dire que la foi en Dieu et en Ses Messagers fut constamment le moyen de salut de ses adeptes, et que la négation de Dieu et le démenti de Ses Messagers sonnèrent invariablement la disparition et la perdition de ses tenants. A propos de Noé, le Coran dit : « Et ils le traitèrent de menteur. Or, Nous le sauvâmes, lui et ceux qui étaient avec lui dans l’arche, et noyâmes ceux qui traitaient de mensonges Nos miracles. C’étaient des gens aveugles, vraiment. » [10] A propos de Hûd, il dit : « Or, Nous l’avons sauvé, lui et ceux qui étaient avec lui, par miséricorde de Notre part, et Nous avons exterminé ceux qui traitaient de mensonges Nos enseignements et qui n’étaient pas croyants. » [11] Au sujet de Sâlih et de son peuple de Thamûd, il dit : « Voilà donc leurs maisons désertes à cause de leurs méfaits. C’est bien là un avertissement pour des gens qui savent. Et Nous sauvâmes ceux qui avaient cru et qui étaient pieux. » [12] Et au sujet de l’ensemble des Messagers de Dieu, le Très-Haut S’adresse à Son Messager Muhammad - paix et bénédictions sur lui - disant : « Nous avons effectivement envoyé avant toi des Messagers vers leurs peuples respectifs et ils leur apportèrent les preuves. Nous Nous vengeâmes de ceux qui commirent les crimes ; et c’était Notre devoir de secourir les croyants. » [13]




P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yûsuf al-Qaradâwî, Madkhal Li-Ma`rifat Al-Islâm, disponible en ligne sur le site Qaradawi.net.
Notes

[1] Sourate 6, Al-An`âm, les Bestiaux, versets 102 et 103. NdT
[2] Sourate 6, Al-An`âm, les Bestiaux, verset 164. NdT
[3] Sourate 26, Ash-Shu`arâ’, les Poètes, versets 23 à 28. NdT
[4] Sourate 2, Al-Baqarah, la Vache, verset 164. NdT
[5] Sourate 52, At-Tûr, le Mont, versets 35 et 36. NdT
[6] Sourate 30, Ar-Rûm, les Byzantins, verset 30. NdT
[7] Sourate 10, Yûnus, Jonas, verset 22. NdT
[8] Sourate 29, Al-`Ankabût, l’Araignée, verset 61. NdT
[9] Sourate 10, Yûnus, Jonas, versets 31 et 32. NdT
[10] Sourate 7, Al-A`râf, les Limbes, verset 64. NdT
[11] Sourate 7, Al-A`râf, les Limbes, verset 72. NdT
[12] Sourate 27, An-Naml, les Fourmis, versets 52 et 53. NdT
[13] Sourate 30, Ar-Rûm, les Byzantins, verset 47. NdT
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ali



Messages : 320
Date d'inscription : 07/07/2008

MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Ven 21 Juin - 12:14

Introduction à l’islam
Section : Les fondements de l’islam
Section : Le credo
L’Unicité de Dieu

Dieu est Un. Il n’a point d’associé ni de semblable dans Son Essence, dans Ses Attributs ou dans Ses Œuvres : « Dis : Dieu est Un. Dieu est Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n’a jamais engendré, et n’a pas été engendré non plus. Et Il n’a point d’égal. » [[url=#nb1]1[/url]]... « Votre Dieu est un Dieu unique, point de divinité sinon Lui, le Clément, le Miséricordieux » [[url=#nb2]2[/url]].
Toute la beauté et l’ordonnancement renfermés par l’univers indiquent que le Créateur et le Régulateur est Un. S’il y avait à l’origine de cet univers plusieurs esprits qui le régissent, ou plusieurs mains qui l’organisent, son ordre serait déréglé et ses lois perturbées. Vraie est la Parole de Dieu : « S’il y avait d’autres divinités en dehors de Dieu, ils (le ciel et la terre) seraient corrompus ; Gloire à Dieu le Seigneur du Trône, au-dessus de ce qu’ils décrivent » [[url=#nb3]3[/url]]... « Dieu ne prit point d’enfant et il n’y a point de divinité avec Lui, sinon chacun emporterait sa création et les uns surpasseraient les autres, Gloire à Dieu, au-dessus de ce qu’ils décrivent » [[url=#nb4]4[/url]].
Il est - Exalté soit-Il - Un dans Sa Seigneurie [[url=#nb6]6[/url]] car il est le Seigneur des cieux et de la terre et de tous ceux qu’ils renferment et de tout ce qu’ils renferment. Il créa toute chose et lui donna sa mesure, Il donna à toute chose sa forme puis la guida. Personne parmi Ses créatures ne peut prétendre être le Créateur, ni le Pourvoyeur, ni le Régulateur d’un atome dans le ciel ou dans la terre : « Il n’est point de leur ressort et ils n’en ont point la capacité » [[url=#nb5]5[/url]].
Il est - Exalté soit-Il - Un dans Sa Divinité [[url=#nb6]6[/url]] ; personne sauf Lui ne mérite d’être adoré. Il n’est permis de s’adresser à quiconque avec crainte et espérance sinon à Lui. Aucune humilité n’est due sauf à Lui, aucun espoir sauf en Sa Miséricorde, aucune confiance sauf en Lui et aucune obéissance sauf à Son Jugement.
Tous les hommes, fussent-ils des Prophètes et des Véridiques ou des Rois et des Sultans, sont des Serviteurs de Dieu. Ils ne peuvent infliger le mal à eux-mêmes, ni apporter le bien. Ils ne peuvent donner la mort, ni la vie, ni la résurrection. Quiconque divinise l’un de ceux-là, ou lui fait montre de recueillement ou baisse la tête devant lui, lui aura conféré un rang supérieur à ce qu’il mérite et se sera rabaissé lui-même.
D’où le message de l’islam à l’humanité dans son ensemble et aux gens du Livre en particulier : « Accordons-nous sur une Parole médiane entre nous, que nous n’adorions que Dieu sans rien Lui associer, et que nous ne nous prenions point mutuellement pour des seigneurs en dehors de Dieu. » [[url=#nb7]7[/url]]
Muhammad, le Prophète de l’islam, ne fut décrit par le Coran que comme étant "un Messager ayant fait suite à d’autres Messagers" [[url=#nb8]8[/url]]. Il ne se décrivit lui-même qu’en tant que "Serviteur et Messager de Dieu". Tous les Prophètes ne sont, du point de vue du Coran, que des êtres humains comme nous, élus par Dieu pour porter Son Message à Ses créatures et les appeler à L’adorer et à proclamer Son Unicité.
En découle naturellement la devise du credo musulman, cette parole magnifique, désignée tour à tour chez les musulmans par "la parole du monothéisme" (kalimat at-tawhîd), "la parole de la sincérité" (kalimat al-ikhlâs) ou "la parole de la piété" (kalimat at-taqwâ), cette parole qui n’est autre que lâ ilâha illâ Allâh : "Il n’y a de divinité que Dieu".
Lâ ilâha illâ Allâh annonça une révolution contre les despotes de la terre et les tyrans de l’obscurantisme (jâhiliyyah), une révolte contre toute idole et toute prétendue divinité en-dehors de Dieu, fût-ce un arbre, un rocher ou un être humain.
Lâ ilâha illâ Allâh fut un appel universel pour libérer l’homme de toute servitude envers les hommes, envers la nature et envers toute créature de Dieu.
Lâ ilâha illâ Allâh fut l’emblême d’une voie nouvelle, qui n’est pas le fait d’un gouvernant ni d’un philosophe. C’est la voie de Dieu pour Qui les visages sont exclusivement soumis et dont le Jugement et le Pouvoir recueillent l’adhésion et l’obédience des cœurs.
Lâ ilâha illâ Allâh annonça la naissance d’une société nouvelle, différente des sociétés de l’ère de l’obscurantisme. Cette société se distinguait par sa croyance, par son organisation, par son exemption de toute forme de racisme, de régionalisme, de castes, et ayant pour unique appartenance son appartenance à Dieu et n’ayant de loyauté que pour Lui - Glorifié soit-Il.
Les chefs et les despotes de l’obscurantisme comprirent que l’appel de lâ ilâha illâ Allâh portait en son sein la destruction de leurs trônes, l’annihilation de leur puissance et de leurs injustices et le soutien des faibles à leur détriment. Ainsi lui livrèrent-ils une guerre sans merci et s’attachèrent, avec force menaces, à détourner les croyants, à obstruer leur chemin et à le rendre tortueux.
La calamité majeure qui frappa l’humanité fut que certaines personnes firent d’elles-mêmes, ou des tiers firent d’elles, des divinités sur terre ou des semi-divinités, envers qui les gens se soumettent et se recueillent, pour qui l’on s’incline et on se prosterne et à qui l’on se soumet et on obéit.
Mais le Credo du monothéisme éleva les esprits des croyants qui ne reconnurent plus de divinité à un être humain, ni de semi-divinité, ni même un tiers de divinité, ni un fils de Dieu, ni la moindre forme où Dieu viendrait s’incarner.
L’être humain ne devait plus se prosterner ni s’incliner devant un autre être humain, ni baiser la terre foulée par cet être humain. Telle est l’origine de la vraie fraternité humaine, de la vraie liberté, de la vraie dignité. Il ne saurait exister en effet de fraternité entre un adorant et un adoré. Il ne saurait exister de liberté pour un homme devant un dieu ou un soi-disant dieu. Il ne saurait exister de dignité pour celui qui s’incline ou se prosterne devant son semblable ou qui prend ce dernier pour un juge en dehors de Dieu.
P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî, Madkhal Li-Ma`rifat Al-Islâm, disponible en ligne sur le site Qaradawi.net.
Notes
[[url=#nh1]1[/url]] Sourate 112, intitulée le Monothéisme pur, Al-Ikhlâs. NdT
[[url=#nh2]2[/url]] Sourate 2, intitulée la Génisse, Al-Baqarah, verset 163. NdT
[[url=#nh3]3[/url]] Sourate 21, intitulée les Prophètes, Al-Ambiyâ’, verset 22. NdT
[[url=#nh4]4[/url]] Sourate 23, intitulée les Croyants, Al-Mu’minûn, verset 91. NdT
[[url=#nh5]5[/url]] Sourate 26, intitulée les Poètes, Ash-Shua`arâ’, verset 211. NdT
[[url=#nh6]6[/url]] La distinction de la Seigneurie (rubûbiyyah) et de la Divinité (ulûhiyyah) de Dieu remonte à Sheikh Ibn Taymiyah, qu’Allâh lui fasse miséricorde. Cependant, une telle distinction ou formalisation ne fait pas l’unanimité des savants, comme le rappellent un texte critique de Sheikh Yûsuf Ad-Dijwî, grand savant d’Al-Azhar, et une fatwâ de Sheikh Al-Bûtî. En effet, d’autres savants musulmans contestent cette distinction, sur la base de versets du Coran qui établissent pour la Seigneurie des qualités attribuées à la Divinité par les tenants de la première opinion et, inversement, qui établissent des qualités pour la Divinité alors qu’elles sont attribuées à la Seigneurie toujours par la première opinion. Ainsi cette distinction relativement récente serait artificielle et non avenue selon les tenants de la seconde opinion. NdT
[[url=#nh7]7[/url]] Sourate 3, intitulée la Famille d’Amram, Âl `Imrân, verset 64. NdT
[[url=#nh8]8[/url]] Sourate 3, intitulée la Famille d’Amram, Âl `Imrân, verset 144. NdT
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ali



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MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Ven 21 Juin - 12:15

Introduction à l’islam
Section : Les fondements de l’islam
Section : Le credo
La Perfection de Dieu


Outre la foi en l’Existence de Dieu et en Son Unicité, il est indispensable de croire qu’Il possède tout attribut de perfection seyant à Sa Noble Essence, qu’Il est au-dessus de tout défaut : "Il n’a pas engendré et n’a point été engendré et nul n’est Son égal" [[url=#nb1]1[/url]]... "Il n’y a rien qui Lui ressemble ; et Il est l’Audient, le Clairvoyant." [[url=#nb2]2[/url]]
Cette vérité est attestée par cet univers magnifique et l’étonnante précision qui le caractérise. Elle est en outre l’aboutissement logique de la nature humaine éclairée. Elle est enfin détaillée par les messages de Dieu communiqués à Ses Prophètes.
Il est l’Omniscient à Qui rien n’échappe : "C’est Lui qui détient les clefs de l’Inconnaissable. Nul autre que Lui ne les connaît. Et Il connaît ce qui est dans la terre ferme, comme dans la mer. Et pas une feuille ne tombe sans qu’Il ne le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, rien de frais ou de sec, qui ne soit consigné dans un livre explicite." [[url=#nb3]3[/url]]
Il est le Puissant Qui fait ce qu’Il veut, Que rien ne saurait vaincre, et dont la Volonté triomphe de tout : "Dis : ’Ô Dieu, Détenteur du Royaume, tu octroies la royauté à qui Tu veux, et Tu l’arraches à qui tu veux, Tu honores qui Tu veux et Tu humilies qui Tu veux ; Tu détiens le bien et Tu es certes capable de tout’." [[url=#nb4]4[/url]]
Il est l’Omnipotent que rien ne rend impuissant. Il exauce le nécessiteux lorsque celui-ci l’implore, il dissipe le mal, il ressuscite les os après qu’ils se sont pulvérisés, il redonne vie à Sa création comme Il l’a créée la première fois, chose facile pour Lui : "Gloire à Celui qui détient la Royauté et Qui est Omnipotent." [[url=#nb5]5[/url]]
Il est le Sage Qui ne crée rien en vain et ne laisse rien sans finalité. Tout ce qu’il fait ou légifère a une sagesse, qu’elle soit connue ou non, et c’est ce dont les anges témoignent dans le monde céleste : "Ils dirent : Gloire à Toi, nous ne savons rien d’autre que ce que Tu nous as enseigné. Tu es certes l’Omniscient, le Sage." [[url=#nb6]6[/url]]
Les Prophètes de Dieu et Ses Alliés, ainsi que les gens doués de raison parmi Ses Serviteurs en témoignent également : "Ceux qui invoquent Dieu, debout, assis et allongés sur le côté et méditent à propos de la création des cieux et de la terre : ’Seigneur, Tu n’as point créé cela en vain, Gloire à Toi’." [[url=#nb7]7[/url]]
Il est le Miséricordieux dont la Miséricorde devance Sa Colère et englobe toute chose, à l’instar de Sa Science qui englobe tout. À ce propos, le Coran rapporte l’invocation des anges : "Seigneur, Tu as cerné toute chose par Ta Miséricorde et Ta Science" [[url=#nb8]8[/url]]... Il dit également : "Mon châtiment atteint qui Je veux et Ma Miséricorde embrasse toute chose" [[url=#nb9]9[/url]]... Il inaugure les sourates du Coran par la formule "Au nom de Dieu, le Clément le Miséricordieux" pour indiquer la largesse de Sa miséricorde et pour renforcer l’espérance dans le cœur de Ses Serviteurs quand bien même ils se seraient compromis dans les péchés et les transgressions : "Dis : ’Ô Mes serviteurs qui avez commis quelque excès à votre propre détriment, ne désespérez point de la Miséricorde de Dieu car Dieu pardonne tous les péchés. Il est certes le Très Pardonneur le Très Miséricordieux’" [[url=#nb10]10[/url]].
En islam, Dieu n’est pas retranché de ce monde et de ce qu’il renferme, comme l’est le dieu d’Aristote que ce dernier affubla de divers qualificatifs tels que le "premier moteur" ou la "cause première" et toute sorte d’attributs négatifs dénués de toute infuence et de tout impact, dépourvus de tout pouvoir de gestion ou de régulation. La divinité, telle que la décrit la philosophie aristotélicienne, ne connaît rien en dehors d’elle-même et n’a aucune conscience de ce qui se passe dans ce monde étendu.
Pour Aristote et la philosophie grecque, ce monde n’a pas été créé à partir du néant. Ils se figurent un monde éternel et incréé. Le dieu d’Aristote est indifférent à ce monde. Il ne s’en occupe point et n’y gère aucune affaire car il n’a aucune connaissance de ce qui s’y passe : les choses qui pénètrent sous terre ou celles qui en sortent, les choses qui tombent du ciel ou celles qui s’y élèvent. L’opinion d’Aristote et de ses disciples à propos de leur divinité est qu’elle n’est ni une substance ni un accident, qu’elle est sans début et sans fin, qu’elle n’est ni un composé ni l’élément d’un composé, qu’elle n’est ni à l’intérieur du monde ni en dehors, qu’elle n’est ni liée au monde ni n’en est-elle détachée. Il n’y a là que des attributs négatifs qui ne sont pas de nature à inspirer l’espérance ou la crainte, et n’ont point pour effet de lier les gens à leur Seigneur par une liaison solide fondée sur l’observance, la piété, la confiance, la crainte ou l’amour.
Ce dieu retranché du monde, que connut la pensée grecque et qui fut transmis à la pensée occidentale moderne, n’est pas connu de l’islam. Au contraire, l’islam connaît un dieu "Qui a créé la terre et les cieux sublimes, le Tout Miséricordieux qui S’est établi sur le Trône, à Qui appartient ce qui est dans les cieux, sur la terre, ce qui est entre eux et ce qui est sous le sol humide. Et si tu élèves la voix, Il connaît certes les secrets, mêmes les plus cachés. Dieu ! Point de divinité à part Lui ! Il possède les noms les plus beaux." [[url=#nb11]11[/url]]
"Allâh, point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même. Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa Permission ? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa Science, ils n’embrassent que ce qu’Il veut. Son Trône embrasse les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand." [[url=#nb12]12[/url]]
La divinité, en islam, est le Créateur de toute chose, le Pourvoyeur de tout être vivant, le Gestionnaire de toutes les affaires. Par Sa Science, Il embrasse toute chose, Il dénombre toute chose, et Sa Miséricorde englobe toute chose. Il crée tout à la perfection, il donne à chaque chose sa mesure puis la guide vers son destin, Il entend tout, Il voit tout, il connaît le secret et les confidences : "Pas de conversation secrète entre trois personnes sans qu’Il ne soit leur quatrième, ni entre cinq personnes sans qu’Il ne soit leur sixième, ni moins ni plus que cela sans qu’Il ne soit avec elles, là où elles se trouvent. Ensuite, Il les informera au Jour de la Résurrection, de ce qu’elles faisaient." [[url=#nb13]13[/url]]
La création et la direction des affaires Lui appartiennent. Il gouverne tout. Il fait pénétrer la nuit dans le jour, et fait pénétrer le jour dans la nuit. Il fait sortir le vivant du mort, et fait sortir le mort du vivant. Il pourvoit pour qui Il veut sans compter.
Toute la création : des cîmes jusqu’aux profondeurs, des créatures bruyantes aux créatures silencieuses, des êtres vivants aux objets inertes, des orbites aux étoiles... Tout cela est soumis au Commandement de Dieu, soumis à la Loi de Dieu. Tout cela atteste de Son Unicité et de Sa Grandeur, témoigne des signes de Son Savoir et de Sa Sagesse, ne tarit jamais de louanges rendues à Sa Gloire : "Les sept cieux et la terre et ceux qui s’y trouvent célèbrent Sa Gloire. Et il n’existe rien qui ne célèbre Sa Gloire par les louanges. Mais vous ne comprenez pas leur façon de Le Glorifier. Certes c’est Lui qui est Indulgent et Pardonneur." [[url=#nb14]14[/url]]
La glorification de Dieu par l’univers et sa prosternation devant Lui est une réalité grandiose vis-à-vis de laquelle les yeux sont devenus aveugles, les oreilles sont devenues sourdes, mais qui s’est révélée à ceux qui perçoivent par les yeux de leur clairvoyance spirituelle et qui entendent avec leurs cœurs. L’existence leur paraît comme un temple dans lequel les mondes quels qu’ils soient sont prosternés et recueillis devant Lui, récitant les versets de louanges et d’exaltation du Tout Puissant, du Clément et Miséricordieux : "Et c’est à Allah que, matin et soir, se prosternent, bon gré mal gré, tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre, ainsi que leurs ombres." [[url=#nb15]15[/url]]... "N’as-tu pas vu que c’est devant Allah que se prosternent tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre, le Soleil, la Lune, les étoiles, les montagnes, les arbres, les animaux, ainsi que beaucoup de gens ?" [[url=#nb16]16[/url]]... "Tout ce qui est dans les cieux et la terre rend gloire à Allah. Et c’est Lui le Puissant, le Sage. À Lui appartient la souveraineté des cieux et de la terre. Il fait vivre et il fait mourir, et Il est Omnipotent. C’est Lui le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché et Il est Omniscient." [[url=#nb17]17[/url]]
P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî, Madkhal Li-Ma`rifat Al-Islâm, disponible en ligne sur le site Qaradawi.net.
Notes
[[url=#nh1]1[/url]] Sourate 112, Al-Ikhlâs, le Monothéisme pur, versets 3 et 4. NdT
[[url=#nh2]2[/url]] Sourate 42, Ash-Shûrâ, la Consultation, verset 11. NdT
[[url=#nh3]3[/url]] Sourate 6, Al-An`âm, les Bestiaux, verset 59. NdT
[[url=#nh4]4[/url]] Sourate 3, Âl `Imrân, la Famille d’Amram, verset 26. NdT
[[url=#nh5]5[/url]] Sourate 67, Al-Mulk, la Royauté, verset 1. NdT
[[url=#nh6]6[/url]] Sourate 2, Al-Baqarah, la Génisse, verset 32. NdT
[[url=#nh7]7[/url]] Sourate 3, Âl `Imrân, la Famille d’Amram, verset 191. NdT
[[url=#nh8]8[/url]] Sourate 40, Ghâfir, le Pardonneur, verset 7. NdT
[[url=#nh9]9[/url]] Sourate 7, Al-A`râf, les Limbes, verset 156. NdT
[[url=#nh10]10[/url]] Sourate 39, Az-Zumar, les Groupes, verset 53. NdT
[[url=#nh11]11[/url]] Sourate 20, Tâ-Hâ, versets 4 à 8. NdT
[[url=#nh12]12[/url]] Sourate 2, Al-Baqarah, la Génisse, verset 255, connu sous le nom de Verset du Trône (âyat al-kursî). NdT
[[url=#nh13]13[/url]] Sourate 58, Al-Mujâdalah, la Discussion, verset 7. NdT
[[url=#nh14]14[/url]] Sourate 17, Al-Isrâ’, le Voyage nocturne, verset 44.
[[url=#nh15]15[/url]] Sourate 13, Ar-Ra`d, le Tonnerre, verset 15. NdT
[[url=#nh16]16[/url]] Sourate 22, Al-Hajj, le Pèlerinage, verset 18. NdT
[[url=#nh17]17[/url]] Sourate 57, Al-Hadîd, le Fer, versets 1 à 3. NdT
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ali



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MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Ven 21 Juin - 12:16

Introduction à l’islam
Section : Les fondements de l’islam
Section : Le credo
Les caractéristiques du credo musulman


Un credo clair
Le credo musulman possède des caractéristiques que l’on ne retrouve pas dans les autres credos. C’est un credo clair et simple ne souffrant d’aucune complexité ni d’aucun mystère. Il se résume à dire que ce monde merveilleux, ordonné et cohérent a un Seigneur unique l’ayant créé, le régissant et ayant donné une mesure à chaque chose. Ce Dieu ou ce Seigneur n’a point d’associé, ni d’égal, ni de compagne, ni d’enfant : "C’est à Lui qu’appartient ce qu’il y a dans les cieux et dans la terre, tous Lui sont soumis." [[url=#nb1]1[/url]]
Il s’agit là d’une croyance claire et acceptable car la raison recherche toujours une cohérence et une unité derrière la diversité et la pluralité, elle s’efforce sans cesse de ramener les choses à une cause unique. Le credo monothéiste est exempt de la complexité et des mystères qui caractérisent les croyances trinitaires ou païennes fondées sur un principe méconnu chez les musulmans : "croire à l’aveuglette".
Le credo de la prime nature
Ce credo n’est ni étranger ni contraire à la prime nature. Bien au contraire, celle-ci l’épouse aussi parfaitement qu’une clef épouse son cadenas. C’est ce que le Coran exprime de manière explicite : « Dirige tout ton être exclusivement vers la religion, telle est la nature que Dieu a originellement donnée aux hommes - pas de changement à la création de Dieu. Voilà la religion de droiture ; mais la plupart des gens ne savent pas. » [[url=#nb2]2[/url]] et ce que le hadîth prophétique enseigne : "Tout nouveau-né vient au monde en conformité avec la prime nature - c’est-à-dire l’islam. Ce sont ses parents qui font de lui un juif, un chrétien ou un zoroastrien". Ce hadîth indique donc que l’islam est la prime nature inculquée par Dieu, ne nécessitant nullement l’intervention des parents.
Quant aux autres religions, comme le judaïsme, le christianisme ou le zoroastrisme, elles sont inculquées par les pères et mères.
Un credo immuable
Ce credo est immuable, bien défini, et n’admet ni ajout ni soustraction, ni falsification ni modification. Il n’appartient pas à un quelconque gouverneur, ni à une académie scientifique, ni à un congrès religieux, d’y ajouter quoi que ce soit ni de le modifier. Tout ajout ou modification est rejeté et renvoyé à son auteur. Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - dit : "Quiconque innove dans notre affaire ce qui n’en fait pas partie, son innovation est rejetée."
Le Coran, condamnant cela, dit : « Ou bien auraient-ils des associés à Dieu qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ? »... [[url=#nb3]3[/url]] Partant de là, toutes les innovations et toutes les légendes introduites dans certains livres de littérature islamique ou répandues parmi les masses sont fausses et rejetées ; l’islam ne les admet pas et elles ne peuvent donc pas servir d’argument contre lui.
Un credo démontré
Ce credo est "démontré" et ne se contente pas de simples décrets ou de commandements sévères. Il ne dit pas, comme les autres credos le font, de "croire aveuglément", "de croire puis de savoir", "de fermer les yeux puis de suivre", ou que "l’ignorance est mère de la piété". Au contraire, le Livre qui expose ce credo dit explicitement : "Dis : ’Apportez vos preuves si vous êtes véridiques’" [[url=#nb4]4[/url]]. Aucun savant musulman n’a dit ce qu’a proclamé le philosophe chrétien Saint Augustin : "J’y crois car c’est impossible" ! Les savants musulmans disent au contraire que la foi de l’imitateur n’est pas acceptée.
De même, ce credo ne se contente pas de s’adresser au cœur et à l’âme, et de fonder sur eux la croyance. Il assoit les questions qu’il expose moyennant l’argument péremptoire, la preuve manifeste, et l’explication claire qui force l’adhésion de la raison, et trouve un chemin vers les cœurs. Les savants musulmans ont pour devise : "La raison est le fondement de la transmission... et la transmission authentique ne contredit pas une raison saine" [[url=#nb5]5[/url]].
Aussi, à propos de la Divinité de Dieu, le Coran avance-t-il des arguments puisés dans l’univers, dans l’âme, et dans l’histoire pour prouver l’Existence de Dieu, Son Unicité et Sa Perfection. A propos de la résurrection, il démontre que cela est possible arguant que l’homme, les cieux et la terre ont déjà été créés une première fois, et que la terre aride est bel et bien ressuscitée après avoir été morte. Il rappelle également la sagesse sous-tendant la résurrection, à savoir la justice divine qui doit récompenser les bienfaiteurs et châtier les malfaiteurs : "Afin qu’Il rétribue les malfaiteurs pour leurs forfaits et qu’Il rétribue gracieusement les bienfaiteurs" [[url=#nb6]6[/url]].
Un credo du juste milieu
C’est un credo médian qui ne pèche ni par outrance ni par laxisme...
Il est médian entre ceux qui nient les origines imperceptibles de la nature et ceux qui affirment la présence de plusieurs divinités pour ce monde, voire qui affirment que les rois et les gouverneurs sont une incarnation de l’esprit divin, ou pire, que certains animaux et végétaux comme les vaches et les arbres sont aussi des incarnations de l’esprit divin ! Le credo musulman rejette la dénégation athée tout comme il rejette le polythéisme ignorant ou l’associationisme insouciant. Il réaffirme que cet univers a un Dieu unique, point de divinité hormis Lui : « Dis : "A qui appartient la terre et ceux qui y sont si vous savez ?". Ils diront : "A Allah". Dis : "Ne vous souvenez-vous donc pas ?" Dis : "Qui est le Seigneur des sept cieux et le Seigneur du Trône sublime ?" Ils diront : "Allah". Dis : "Ne craignez-vous donc pas ?" Dis : "Qui détient dans Sa Main la royauté absolue de toute chose, et Qui protège et n’a pas besoin d’être protégé ? Dites, si vous le savez !" Ils diront : "Allah". Dis : "Comment donc se fait-il que vous soyez ensorcelés ?". » [[url=#nb7]7[/url]]
Ce credo est médian quant aux Attributs de Dieu...
Il est exempt de ces excès consistant à ôter à Dieu Ses Attributs, au point que les attributs divins deviennent tous négatifs, ne véhiculant aucun sens, ni n’inspirant aucun crainte ni aucun espoir - comme c’est le cas de la philosophie grecque qui n’a fait que nier les attributs : "Dieu n’est pas comme ci, ni comme ça"... sans jamais citer les attributs positifs de cette divinité et quelles conséquences ils ont sur ce monde.
De même, il est exempt de l’anthropomorphisme et de l’incarnationnisme où sont tombés d’autres credos comme le judaïsme, qui a fait du Créateur une entité semblable à Ses Créatures humaines, qui l’a rendu sujet au sommeil, à la fatigue et au repos, ou encore à la partialité, au favoritisme et à la cruauté... ou qui affirme qu’Il rencontra quelque prophète, se battit avec lui et fut battu [[url=#nb8]8[/url]] au point que Dieu ne put s’en tirer avant de lui octroyer un autre titre !
P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî, Madkhal Li-Ma`rifat Al-Islâm, disponible en ligne sur le site Qaradawi.net.
Notes
[[url=#nh1]1[/url]] Sourate 2, Al-Baqarah, la Génisse, verset 116. NdT
[[url=#nh2]2[/url]] Sourate 30, Ar-Rûm, les Romains, versets 30. NdT
[[url=#nh3]3[/url]] Sourate 42, Ash-Shûrâ, la Consultation, verset 21. NdT
[[url=#nh4]4[/url]] Sourate 2, Al-Baqarah, La Génisse, verset 111. NdT
[[url=#nh5]5[/url]] La transmission désigne ici le naql. Ce sont toutes les connaissances que nous possédons et qui nous proviennent de ce qui nous a été transmis dans le Coran ou dans la Sunnah. Le naql est, chez les Musulmans, un mode de connaissance aussi pertinent que le `aql (la raison). NdT
[[url=#nh6]6[/url]] Sourate 53, An-Najm, L’Étoile, verset 31. NdT
[[url=#nh7]7[/url]] Sourate 23, Al-Mu’minûn, les Croyants, versets 84 à 89. NdT
[[url=#nh8]8[/url]] Ce passage fait allusion au combat biblique entre Dieu - Gloire à Son Nom - et le Prophète Jacob. Genèse 32:24-28. NdT
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ali



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MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Ven 21 Juin - 12:17

Introduction à l’islam
Section : Les fondements de l’islam
Section : Le culte
Le sens de l’existence de l’homme


Pourquoi est-ce que j’existe ? Quel est mon rôle dans ce monde ? Quelle est ma mission dans cette vie ?
Il incombe à tout être humain de se poser ces questions et de réfléchir soigneusement à la réponse. Toute ignorance - quelles que soient ses conséquences - pourrait en effet être pardonnée, sauf le fait que l’homme puisse ignorer la raison de son existence, la finalité de sa vie, la mission du genre humain auquel il appartient, et celle dont sa personne est investie sur cette terre !
Honte à cet être doté d’une raison et d’une volonté - l’être humain - s’il vit dans l’insouciance, mangeant et s’emplissant la panse comme les bestiaux, sans point réfléchir à sa destinée, complètement ignorant de sa propre réalité et méconnaissant la nature de son rôle dans cette vie jusqu’à ce que la mort le rattrappe soudain. Voilà qu’il doit faire face à une destinée inconnue, sans s’y être préalablement préparé. Voilà qu’il récolte les fruits de l’insouciance, de l’ignorance et de la dérive tout au long de sa vie, fût-elle longue ou courte. À ce moment, il sera rongé par des remords inutiles et espèrera le salut alors qu’il n’y aura point d’échappatoire.
C’est pourquoi tout être humain doué de raison doit prendre l’initiative et se poser sérieusement la question de son existence et de la finalité de sa création.
Pourquoi l’homme fut-il créé ?
La réponse à cette question est toute prête chez les croyants. Tout créateur connaît le secret de sa création : Pourquoi il l’a créée ? Et pourquoi il l’a créée d’une certaine façon et pas autrement ?
Dieu - Exalté soit-Il - est le Créateur de l’homme et le Gérant de ses affaires. Posons-Lui donc la question : Seigneur, pourquoi as-Tu créé cet être humain ? L’as-Tu destiné à manger et à boire uniquement ? L’as-tu destiné à jouer et à se divertir ? L’as-Tu créé afin qu’il foule la terre de ses pieds, qu’il se nourrisse de ce qui pousse de la terre et qu’il retourne de nouveau à la terre, et voilà toute l’histoire ? Est-ce afin qu’il vive cette courte vie de souffrance entre le cri de la naissance et les affres de l’agonie ? Mais quel est donc le secret de ces forces et de ces facultés dont Tu as doté l’homme, comme la raison, la volonté et l’esprit ?
Dieu répondra à nos interrogations, conformément à ce qu’Il a énoncé dans Son Livre - le Livre de l’éternité -, qu’Il créa l’homme afin qu’il soit Son Vicaire sur terre. Ceci est manifeste au sujet d’Adam dont le rang suscita l’envie des anges : "Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : "Je vais établir sur la terre un vicaire. Ils dirent : "Vas-Tu y désigner qui y sèmera le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ?" - Il dit : "En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas !"." [[url=#nb1]1[/url]]
La base de ce vicariat consiste en ce que l’homme connaisse son Seigneur comme il se doit et qu’il L’adore comme il se doit. Le Très-Haut dit : "Dieu Qui a créé sept cieux et autant de terres. Entre eux Son commandement descend, afin que vous sachiez que Dieu est en vérité Omnipotent et que Dieu a embrassé toute chose de Sa Science." [[url=#nb2]2[/url]] Dans ce verset, la connaissance de Dieu est présentée comme étant la finalité de la création des cieux et de la terre. Le Très-Haut dit : "Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. Je ne cherche pas de subsistance auprès d’eux ; et Je ne veux pas qu’ils Me nourrissent. En vérité, c’est Dieu Qui est le Grand Pourvoyeur, Le Détenteur de la force, l’Inébranlable." [[url=#nb3]3[/url]]
Celui qui médite sur le monde où nous vivons voit que toute chose y vit et œuvre pour autrui. Ainsi l’eau est-elle destinée à la terre, laquelle est destinée aux plantes qui sont destinées aux animaux lesquels sont destinés à l’homme. Mais l’homme, à qui est-il voué ? Telle est la question.
La réponse proclamée par la prime nature et qu’exprime le rang des créatures dans ce monde est : l’homme est voué à Dieu, à Sa connaissance, à Son adoration, à l’honorification de Ses droits exclusifs. Il ne sied guère que l’homme soit voué à autre chose sur terre ou dans les étoiles, car tous les mondes, supérieurs et inférieurs, lui sont soumis et œuvrent à son service comme il peut le constater. Comment pourrait-il donc leur être voué ou asservi ?
Partant de ce constat, l’adoration que l’homme a pu vouer aux forces de la nature et à ses manifestations, qu’elles soient au-dessus de sa tête ou au-dessous de ses pieds, comme le soleil, les astres, les rivières, les vaches, les arbres et ainsi de suite, est une inversion de l’ordre naturel des choses, et une déchéance de l’être humain, et quelle déchéance !
Par conséquent, conformément à la prime nature et à la logique du monde, l’homme est exclusivement voué à Dieu - Gloire à Lui -, et non point à l’adoration d’autres hommes ou de rochers, de vaches ou d’arbres, du soleil ou de la lune. Toute adoration vouée à autre que Dieu est promue par la ruse du diable, qui est l’ennemi déclaré de l’homme.
P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî, Madkhal Li-Ma`rifat Al-Islâm, disponible en ligne sur le site Qaradawi.net.
Notes
[[url=#nh1]1[/url]] Sourate 2, Al-Baqarah, La Génisse, verset 30. NdT
[[url=#nh2]2[/url]] Sourate 65, At-Talâq, Le Divorce, verset 12. NdT
[[url=#nh3]3[/url]] Sourate 51, Adh-Dhâriyât, Les Éparpilleurs, versets 56 à 58. NdT
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ali



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MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Ven 21 Juin - 12:19

Introduction à l’islam
Section : Les fondements de l’islam
Section : Le culte
Le premier appel de tout message divin : "Adorez Dieu, vous n’avez point de divinité sinon Lui"


Cette adoration exclusive de Dieu est l’ancien testament que Dieu a assigné aux hommes, et qu’Il a consigné par la plume de Sa Toute-Puissance dans la prime nature de l’homme. Il l’a ancrée dans leur nature originelle, depuis qu’Il a placé dans leurs têtes des cerveaux qui réfléchissent, dans leurs poitrines des cœurs qui battent, et dans le monde autour d’eux des signes qui guident : "Ne vous ai-Je pas engagés, enfants d’Adam, à ne pas adorer le Diable ? Car il est vraiment pour vous un ennemi déclaré" [[url=#nb1]1[/url]].
Il n’est donc pas étonnant que l’objectif premier des missions prophétiques et de la révélation des Livres saints soit de rappeler aux hommes cet ancien testament, et d’écarter la poussière de l’insouciance, de l’idolâtrie et de l’imitation des ancêtres qui s’est accumulée sur le minerai précieux de la prime nature humaine. Il n’est point étonnant que le premier appel de tout Messager soit : "Ô mon peuple, adorez Dieu. Vous n’avez point de divinité sinon Lui." [[url=#nb2]2[/url]]
Tel fut l’appel de Noé, de Hûd, de Sâlih, d’Abraham, de Lot, de Shu`ayb et de tout Messager envoyé à un peuple de dénégateurs. Le Très-Haut dit : "Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, pour leur dire : "Adorez Dieu et écartez-vous de la Rébellion"." [[url=#nb3]3[/url]] ; "Et Nous n’avons envoyé avant toi aucun Messager à qui Nous n’ayons révélé : "Point de divinité en dehors de Moi. Adorez-Moi donc"." [[url=#nb4]4[/url]]
P.-S.
Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî, Madkhal Li-Ma`rifat Al-Islâm, disponible en ligne sur le site Qaradawi.net.
Notes
[[url=#nh1]1[/url]] Sourate 36, Yâ-Sîn, verset 60. NdT
[[url=#nh2]2[/url]] Sourate 7, Al-A`râf, les Limbes, versets 59, 65, 73 et 85. NdT
[[url=#nh3]3[/url]] Sourate 16, An-Nahl, les Abeilles, verset 36. NdT
[[url=#nh4]4[/url]] Sourate 21, Al-Ambiyâ’, les Prophètes, verset 25. NdT
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MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Ven 21 Juin - 12:21

Introduction à l’islam
Section : Les objectifs de l’islam
Former des individus pieux (1/2)

L’objectif premier de l’Islam est la formation de "l’individu pieux", digne d’être le vicaire de Dieu sur terre, généreusement honoré par Dieu, créé sous la plus belle forme, et à qui Dieu soumit ce qu’il y a dans les cieux et sur terre. Il s’agit d’un individu qui réunit toutes les caractéristiques de l’humanité et s’élève au-dessus de la bestialité et de la sauvagerie. Cet individu pieux constitue la brique de base de la famille saine, de la bonne société et de la communauté droite.
Un homme de foi et de Credo
L’homme éduqué par l’Islam est, avant tout, un homme de foi et de Credo, ayant une vision claire de lui-même et du monde qui l’entoure. Ce n’est pas une herbe sauvage poussant dans la broussaille sans semeur. De même, il a la conviction que le monde autour de lui n’est point apparu de lui-même sans Créateur le façonnant et le gérant. Le musulman croit qu’il a un Seigneur Qui l’a créé, modelé et constitué harmonieusement. Il lui a appris à s’exprimer en toute clarté. Il lui a fait don de la raison et de la volonté. Il lui a envoyé les Messagers, révélé les Livres Sacrés, en guise d’arguments ne laissant place à quelque excuse que ce soit. Il lui a fait connaître la finalité de son existence et lui a indiqué la voie à suivre pour sa félicité.
De même que ce monde merveilleux a un Créateur Qui créa toute chose en lui donnant ses justes proportions et Qui donna à chaque chose sa propre nature et la guida, il sera réduit à néant par l’Ordre divin et sera remplacé par un autre monde - celui de l’éternité où chacun sera rétribué selon son oeuvre, sans injustice aucune.
"Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qui existe entre eux en vain. C’est ce que pensent ceux qui ont mécru. Malheur à ceux qui ont mécru pour le feu (qui les attend) !" [[url=#nb1]1[/url]]
"Ceci ne dépend ni de vos désirs ni des désirs des gens du Livre. Quiconque fait un mal sera rétribué pour cela, et ne trouvera en sa faveur, hors d’Allah, ni allié ni secoureur." [[url=#nb2]2[/url]]
Ainsi le musulman vit-il avec sa foi en Dieu, en Ses Messages, en Ses Livres Sacrés et en Ses Messagers - le dernier Message étant celui du Prophète Muhammad - paix et bénédiction de Dieu sur lui. Le musulman croit au retour à Dieu - Exalté Soit-Il -, Son Jugement, Sa Justice, le Jour où, ni les biens, ni les enfants, ne seront d’aucune utilité, sauf pour celui qui vient à Dieu avec un cœur sain : "Ce jour-là, l’intercession ne profitera qu’à celui auquel le Tout Miséricordieux aura donné Sa permission et dont Il agréera la parole § Il connaît ce qui est devant eux et ce qui est derrière eux, alors qu’eux-mêmes ne Le cernent pas de leur science. § Et les visages s’humilieront devant Le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même (Al-Qayyûm), et malheureux sera celui qui (se présentera devant Lui) chargé d’une iniquité. § Et quiconque aura fait de bonnes œuvres tout en étant croyant, ne craindra ni injustice ni oppression." [[url=#nb3]3[/url]].
Cette foi est la caractéristique première du musulman. Il adhère à un Credo qui a pour essence le Monothéisme Pur (Tawhîd) qui signifie que Dieu est l’Unique Créateur et qu’Il est le Seul digne d’être adoré. C’est un monothéisme à la fois de la seigneurie (Rubûbiyyah) et de la divinité (Ulûhiyyah) [[url=#nb4]4[/url]], sachant que l’on ne peut se contenter de l’un et faire l’économie de l’autre. En effet, le Coran nous apprend que les polythéistes arabes croyaient que Seul Dieu était le Créateur de la terre et des cieux : "Si tu leur demandes : ’Qui a créé les cieux et la terre, et assujetti le soleil et la lune ?’, ils diront très certainement : ’Allah’ [...]." [[url=#nb5]5[/url]]. Malgré leur profession du monothéisme par rapport à la seigneurie, ils ont adoré d’autres divinités avec Dieu, sans la moindre preuve ni argument probant, en se basant seulement sur de fausses allégations : "Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d’Allah [...]." [[url=#nb6]6[/url]] et " [...]Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah [...]." [[url=#nb7]7[/url]].
L’Islam est un Message libérateur majeur. Il vise à libérer l’individu de la servitude non vouée exclusivement à Dieu : la servitude envers la nature, ou envers quelque objet qu’il soit sur terre ou dans le ciel, la servitude envers les animaux, la servitude envers Satan, mais aussi sa servitude vis-à-vis d’un autre être humain, que ce soit un roi ou un devin. Il l’a même libéré de sa servitude envers lui-même et ses viles passions. Aussi le musulman adore-t-Il Dieu Seul, sans le moindre associé. C’est pour cela que lorsque le Messager de Dieu - paix et bénédiction de Dieu sur lui - envoyait des lettres aux rois et princes les invitant à embrasser l’Islam, il concluait son écrit par : " [...] Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions que Dieu, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors de Dieu [...]." [[url=#nb8]8[/url]].
Un homme de dévotion et d’adoration de Dieu
L’individu façonné par l’Islam est aussi un être de dévotion et d’adoration de Dieu. Il sait pertinemment que le monde qui l’entoure fut créé pour lui, et il fut créé, quant à lui, pour Dieu Seul. C’est ainsi qu’il cerne la finalité de sa vie et le secret de son existence.
L’adoration de Dieu Seul, Exalté Soit-Il, sans associé, constitue son objectif ultime et sa finalité suprême. C’est pour cette adoration qu’il fut créé, et c’est pour elle, que ce qu’il y a sur terre et dans les cieux lui fut soumis. Dieu - Exalté soit-Il - dit : "Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent § Je ne cherche pas de subsistance auprès d’eux ; et Je ne veux pas qu’ils me nourrissent. § En vérité, c’est Allah qui est le Grand Pourvoyeur, Le Détenteur de la force, l’Inébranlable." [[url=#nb9]9[/url]]
Les créatures sont les unes au service des autres, chaque espèce étant au service de ce qui lui est supérieur. Dans cette perspective, les minéraux inertes sont au service des plantes, les plantes quant à elles sont au service des animaux, les animaux à leur tour sont au service de l’homme. Et l’homme, au service de qui ?
L’être humain ne fut créé que pour être au service de Son Seigneur et Créateur, c’est-à-dire pour l’adorer, Lui Seul, sans lui associer quelque créature au ciel ou sur terre.
C’est par ce Message que Dieu envoya les Messagers à travers les époques : "Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, (pour leur dire) : "Adorez Allah et écartez-vous du Tâghût [...]." [[url=#nb10]10[/url]]
"Et Nous n’avons envoyé avant toi aucun Messager à qui Nous n’ayons révélé : Point de divinité en dehors de Moi. Adorez-Moi donc." [[url=#nb11]11[/url]]
C’est ainsi que le musulman est dévoué à l’adoration de Dieu, Exalté et Glorifié Soit-Il. Il obéit à Ses Ordres, s’abstient de ce qu’Il a interdit, en ne perdant jamais de vue la crainte révérencielle et la piété envers Dieu car : "[...] Allah n’accepte que de la part des pieux." [[url=#nb12]12[/url]]
L’adoration de Dieu se cristallise tout d’abord dans l’accomplissement des oeuvres cultuelles majeures que l’Islam prescrit et établit comme piliers fondamentaux, tels la prière, le jêune, l’aumône légale, le pélerinage. Puis viennent s’ajouter le dhikr [[url=#nb13]13[/url]], l’invocation de Dieu, la récitation du Noble Coran, le tasbîh [[url=#nb14]14[/url]], le tahlîl [[url=#nb15]15[/url]] et le takbîr [[url=#nb16]16[/url]].
Le musulman mentionne son Seigneur à tout instant et dans toute situation : au moment de manger ou de boire, avant de se coucher ou à son éveil, le matin et le soir, en rentrant ou en sortant, le jour de son voyage ou celui de son retour, pendant qu’il met ses habits, ou lorsqu’il prend sa monture, et même lorsqu’il a un rapport intime avec son conjoint. En toute situation, il n’oublie pas de mentionner Dieu - Exalté Soit-Il. Cette attitude est le propre des gens doués de sens "qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allah [...]." [[url=#nb17]17[/url]]
Si la plupart des adeptes des autres religions n’adorent leur Seigneur qu’une fois par semaine, le musulman, quant à lui, à un rendez-vous avec son Seigneur cinq fois par jour, lors de ses prières prescrites. En outre, il est constamment avec Dieu par les prières surérogatoires, l’invocation de Dieu, et la demande de Son Pardon : "Ô vous qui croyez ! Evoquez Allah d’une façon abondante, et glorifiez-Le à la pointe et au déclin du jour." [[url=#nb18]18[/url]]
De cette manière, le musulman peut faire de sa vie une adoration permanente de Dieu, s’il observe la voie divine, et s’il vise par ses oeuvres, y compris celles relevant des choses de l’ici-bas, l’Agrément de Dieu - Exalté Soit-Il.
Un homme de bonnes manières et de vertus
Outre le fait que c’est un homme de foi et de Credo, un homme de dévotion et d’adoration, le musulman est un homme de bonnes manières et de vertus. La pureté, sous sa forme parfaite, se cristallise en lui. Les vertus de la justice, de la miséricorde et de l’altruisme se manifestent en lui. En effet, le musulman prend pour noble modèle, la personne du Messager de Dieu que Dieu envoya pour parachever les nobles manières. Dieu le décrit comme étant "doué d’excellentes manières". Il convient de puiser dans sa lumière, suivre sa guidance, s’approprier ses nobes manières, afin d’être plus proche de lui le Jour du Jugement Dernier. Le musulman est un homme qui vainc ses penchants propres et ses passions. Il purifie son être par l’effort physique de la dévotion, l’effort spirituel contre la passion, et l’observance de Dieu, si bien que son ego passa du statut de "l’ego enjoignant le mal" à "l’ego qui ne cesse de se faire des reproches". C’est un être qui mérite "la réussite" (Al-Falâh) dès lors que, dans son combat intérieur, la piété vainc l’immoralité. Dieu - Exalté soit-Il - dit : "Et par l’âme et Celui qui l’a harmonieusement façonnée ; § et lui a alors inspiré son immoralité, de même que sa piété ! § A réussi, certes, celui qui la purifie § Et est perdu, certes, celui qui la corrompt." [[url=#nb19]19[/url]]
L’Islam nous apprend que les nobles manières et la vertu sont requises par le Credo. Elles sont nécessaires pour parachever la foi. Ce sont des fruits de la dévotion authentique. Si la dévotion ne porte pas ses fruits dans le champ des nobles manières et de l’éthique cela prouve que c’est une dévotion troublée.
Le Noble Coran traita de la foi incarnée dans les nobles manières et les vertus : "Bienheureux sont certes les croyants § ceux qui sont humbles dans leur prières § qui se détournent des futilités § qui s’acquittent de la Zakâh § qui préservent leur chasteté [...] § et qui veillent à la sauvegarde des dépôts qui leur sont confiés et honorent leurs engagements."
De même, le Noble Messager nous parla de la foi caractérisée par les nobles manières, les oeuvres pies et les vertus. Il dit, paix et bénédiction de Dieu sur lui : "Quiconque croit en Dieu et au Jour Dernier, qu’il honore ses liens de parenté. Quiconque croit en Dieu et en le Jour Dernier, qu’il ne nuise point à son voisin. Quiconque croit en Dieu et en le Jour Dernier, qu’il dise une bonne parole ou se tait." Il dit aussi : "La foi compte soixante-dix et quelques branches. La plus haute c’est Lâ Ilâha Illâ Allâh, et la moins élevée consiste à écarter le mal sur le chemin. Et la pudeur fait partie de la foi."
L’Imâm Al-Bayhaqî composa un ouvrage volumineux intitulé Al-Jâmi` li Shu`ab Al-Îmân (La somme des branches de la foi). Ce livre recouvre les vertus et les oeuvres pies auxquelles l’Islam appelle. Il les considéra toutes comme étant des ramifications de la foi, conformément au hadîth précité.
Les oeuvres cultuelles prescrites visent à élever l’âme par les vertus et à la purifier des vices. Le Coran témoigna de cela, lorsqu’il dit de la prière : "En vérité, la prière (salâh) préserve de la turpitude et du blâmable." [[url=#nb20]20[/url]] Il établit au sujet de l’aumône légale (zakâh) : "Prélève de leurs biens une aumône par laquelle tu les purifies et les bénis [...]" [[url=#nb21]21[/url]]
Dieu dit au sujet de la finalité même du jeûne : "Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à vos prédécesseurs, afin que vous atteigniez la piété." [[url=#nb22]22[/url]] Dans un hadîth selon [url=L-Imam-Al-Bukhari.html]Al-Bukhârî[/url] : "Celui qui ne s’abstient pas du faux témoignage et du mensonge, alors Dieu n’a guère besoin qu’il s’abstienne de manger et de boire." Et selon un autre hadîth : "Il se peut qu’un jeûneur ne récolte de son jeûne que la faim, et il se peut qu’un prieur n’obtienne par sa prière nocturne que la veillée." [[url=#nb23]23[/url]] L’éthique du musulman est une unité intègre et cohérente, à la différence du juif qui s’interdit l’usure avec ses coreligionnaires tout en la pratiquant avec les autres, ou le colon occidental qui, chez lui, manifeste éthique et vertus, mais dans les autres pays pille, lèse, se livre à l’injustice et suinte l’orgueil.
Le musulman est tenu d’être juste avec ceux qu’il aime et avec ceux qu’il déteste, avec le parent proche et avec son ennemi le plus farouche : "Ô vous qui avez cru ! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Dieu l’ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents [...]." [[url=#nb24]24[/url]]
"[...] Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Soyez équitables, cela est plus proche de la piété. Et craignez Dieu. [...]." [[url=#nb25]25[/url]]
P.-S.
Traduit de l’arabe du site de Sheikh Al-Qaradâwî.
Notes
[[url=#nh1]1[/url]] Sourate 38, Sâd, verset 27.
[[url=#nh2]2[/url]] Sourate 4, An-Nisâ’, verset 123.
[[url=#nh3]3[/url]] Sourate 20, Tâhâ, versets 109 à 112.
[[url=#nh4]4[/url]] Cette formulation du sens du Tawhîd, distinguant l’Unicité de la seigneurie et l’Unicité de la divinité, est selon de nombreux savants artificielle et sans antécédent dans le Noble Coran, ni la Sunnah. Sheikh Al-Boutî estime ainsi que la seigneurie de Dieu c’est Sa divinité, et vice versa. NdT.
[[url=#nh5]5[/url]] Sourate 29, Al-`Ankabût, verset 61
[[url=#nh6]6[/url]] Sourate 10, Yûnus, verset 18.
[[url=#nh7]7[/url]] Sourate 39, Az-Zumar, verset 3.
[[url=#nh8]8[/url]] Sourate 3, Âl `Imrân, verset 64.
[[url=#nh9]9[/url]] Sourate 51, Adh-Dhâriyât, versets 56 à 58.
[[url=#nh10]10[/url]] Sourate 16, An-Nahl, verset 36.
[[url=#nh11]11[/url]] Sourate 21, Al-Anbiyâ’, verset 25.
[[url=#nh12]12[/url]] Sourate 5, Al-Mâ’idah, verset 27.
[[url=#nh13]13[/url]] Le dhikr : la mention de Dieu, Exalté Soit-Il.
[[url=#nh14]14[/url]] C’est le fait de dire Subhân Allâh : Gloire à Dieu, ou toute autre formule dérivée. NdT.
[[url=#nh15]15[/url]] C’est le fait de dire Lâ Ilâha illâ Allâh, il n’y a d’autre divinité que Dieu. NdT.
[[url=#nh16]16[/url]] C’est le fait de dire Allâhu Akbar, Dieu est le Plus Grand. NdT.
[[url=#nh17]17[/url]] Sourate 3, Âl `Imrân, verset 191.
[[url=#nh18]18[/url]] Sourate 33, Al-Ahzâb, versets 41 à 42.
[[url=#nh19]19[/url]] Sourate 91, Ash-Shams, versets 7 à 10.
[[url=#nh20]20[/url]] Sourate 29, Al-`Ankabût, verset 45.
[[url=#nh21]21[/url]] Sourate 9, At-Tawbah, verset 103.
[[url=#nh22]22[/url]] Sourate 2, Al-Baqarah, verset 183.
[[url=#nh23]23[/url]] Si l’oeuvre est dépourvue de son âme et de sa finalité, avec des entorses à la loi, il se peut qu’elle soit vaine et sans la moindre rétribution. Une telle oeuvre est une forme dont l’unique fruit est la fatigue. NdT.
[[url=#nh24]24[/url]] Sourate 4, An-Nisâ’, verset 135.
[[url=#nh25]25[/url]] Sourate 5, Al-Mâ’idah, verset 8.


Dernière édition par ali le Ven 21 Juin - 12:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Ven 21 Juin - 12:22

Introduction à l’islam
Section : Les sources primaires de l’islam
Le Noble Coran


Le Coran et la Sunnah sont les deux sources primaires de l’Islam
L’Islam est la religion d’Allah révélée dans le dernier de Ses Livres et envoyée avec le dernier de Ses Messagers afin de sortir les hommes des ténèbres vers la lumière, par l’Autorisation de leur Seigneur, en les guidant vers la voie du Tout Puissant, le Digne de louange..
Les jugements légaux en islam [ahkâm al-islâm] réunissent l’ensemble des commandements et des enseignements auxquels le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui - a appelé et qu’il a transmis à sa communauté parmi les choses dont Allah nous a informé - soit dans Son Livre soit par la langue de Son Messager - en matière de vérités de l’existence et des mondes du Ghayb (i.e. de l’Inaccessible) en relation avec la Divinité, la Prophétie et l’Au-delà… et également le choses qu’Il a ordonnées - Exalté Soit-Il, celles qu’Il a interdites ou encore autorisées dans le domaine de la religion et de la vie.
Ainsi, les jugements légaux de l’islam ne sont pas restreints uniquement au côté pratique ou législatif sous-tendant le culte et les transactions [al-mu`âmalât] : c’est en fait le côté traité par la science du " Fiqh " (jurisprudence). Ils ne sont pas non plus confinés exclusivement dans la dimension théorique ou relative au credo et qui est l’objet de la science du "Tawhîd" (Monothéisme Pur) ou d’Al-Kalâm. Ils ne sont pas non plus réduits à une dimension spirituelle ou éthique qui est l’objet de la science du "soufisme" ou celle "des nobles manières". Mais, ils englobent tout cela de façon équilibrée, complémentaire et harmonieuse.
Le Noble Coran et la Sunnah Prophétique sont les deux sources principales et infaillibles dont émanent tous les jugements légaux en islam. Le Coran est la première source et la Sunnah la seconde.
Pourquoi l’Analogie et le Consensus ne sont pas comptés parmi les sources
Une question se pose ici : Pourquoi le consensus [al-ijmâ`] et (le raisonnement par) analogie [qiyâs] ne sont pas cités comme sources de la connaissance des jugements légaux ?
La réponse est comme suit :

  1. ces deux sources sont mentionnées - avec le Coran et la Sunnah- lorsqu’il s’agit de jugements légaux d’ordre pratique relevant des branches [ahkâm far`iyyah `amaliyyah] qui sont développés dans la science du Fiqh. Mais nous traitons ici de tous les jugements légaux de l’islam qui englobent, outre les règles juridiques, le Credo, l’éthique, la pensée et le comportement. Ils sont basés sur deux sources principales : le Coran et la Sunnah.
  2. La justification de ces deux sources - i.e. le consensus et l’analogie - n’a été faite qu’en s’appuyant sur le Coran et la Sunnah. C’est par ces deux dernières sources, et non pour une raison intrinsèque, qu’ils ont valeur d’argument. Cela signifie que le Coran et la Sunnah sont l’origine de toute déduction et inférence [juridico-légale].
  3. Le Livre et la Sunnah sont les deux sources indiscutables [qat`i] et infaillibles. Un musulman qui a une religion correcte ne diverge aucunement au sujet de leur autorité, à la différence du consensus et de l’analogie qui ont fait l’objet de longues discussions rapportées dans les fondements de la jurisprudence. Cela dit, ils sont considérés [comme autorité légale] par l’ensemble des musulmans [jumhûr al-ummah].

Il y a des discussions au sujet du consensus, sa possibilité, son occurrence, sa connaissance s’il se produit et sa valeur d’argument une fois connu. Il y a également des débats au sujet de l’analogie, sa valeur d’argument, les conditions de son acceptation ; les querelles des dhahirites et d’autres à ce sujet sont bien connues. Ainsi les sources de connaissance des jugements légaux en islam ont été déterminées. En d’autres termes, "l’autorité suprême" en islam a été déterminée. Celle-ci ne revient pas à une Académie religieuse ou scientifique donnée, à la différence de ce qui est connu chez les chrétiens avec leur clergé sacré. Elle n’appartient pas non plus à un chef religieux, aussi élevé son rang soit-il en science et en piété. Les musulmans, contrairement aux adeptes d’autres religions, n’ont pas de " Pape " qui serait sacré et infaillible. Cette référence ou autorité suprême ne revient pas non plus à une école ou un madhhab [école juridique], ni à une Tarîqah [voie ou ordre soufi], imités par leurs adeptes ou disciples sur les plans du Credo et de la pensée, ou la jurisprudence et la législation, ou l’éducation et le cheminement.
Ce que l’on peut trouver de cela dans l’Histoire de l’islam et son patrimoine c’est l’Ijtihâd [i.e. l’effort intellectuel] - d’êtres humains qui ne sont pas infaillibles dans la compréhension de l’islam et sa mise en pratique. On prend certaines de leurs paroles et on en délaisse d’autres. Celui d’entre eux qui atteint la vérité à une récompense double et celui qui se trompe à une récompense simple tant que l’Ijtihâd provient des gens compétents pour le faire, dans un sujet où l’Ijtihâd est possible, et pourvu que l’intention qui l’accompagne soit bonne.
La référence et autorité suprême en islam est constituée de deux sources divines infaillibles : Le Coran et la Sunnah. Nous avons reçu l’Ordre de les suivre et de nous référer à elles pour arbitrer nos divergences. On peut aussi dire qu’il s’agit d’une seule et même source, ou une référence unique, qui n’est autre que "L’Inspiration Divine", que ce soit une révélation explicite [wahyun jaliyy] récitée à savoir le Coran, ou une révélation non explicite et [wahyun ghayru jaliyy] non récitée, à savoir la Sunnah.
Quant à l’œuvre de "l’intellect islamique" ["al-`aql islâmî"] en matière d’exégèse du Coran, d’interprétation du Hadith, de déduction subtile [instinbât] des jugements légaux, il n’est pas infaillible dans ses expressions ni dans chacun de ses détails. Toutefois, dans son ensemble, il est indispensable pour ouvrir les [portes] fermées, montrer la voie, guider la compréhension, orienter correctement la déduction et l’Ijtihâd pour éviter les faux pas et l’égarement des esprits.
Pourquoi Allah a-t-Il révélé le Coran
Allah - Exalté soit-Il - n’a pas révélé le Coran pour la recherche de bénédiction par sa récitation, ni pour orner les murs avec ses versets, ni pour qu’il soit lu sur les morts pour que leur Seigneur leur fasse Miséricorde. En effet, Allah a révélé le Coran afin de redresser la vie par sa guidance, la gouverner par ce qu’Allah a révélé comme guidance et religion de la Vérité, guider l’humanité grâce à sa lumière vers ce qu’il y a de plus droit et sortir les gens des ténèbres vers la lumière. Allah n’a donc pas révélé le Coran pour qu’il soit récité sur les morts mais pour gouverner les vivants. Il ne l’a pas révélé pour orner les murs mais pour qu’il soit l’ornement des humains.
La bénédiction du Coran ne se réalise que lorsqu’il est suivi et mis en pratique : "Et voici un Livre (le Coran) béni que Nous avons fait descendre - suivez-le donc et soyez pieux, afin qu’il vous soit fait miséricorde" [6 :155] Le Coran lui-même définit les objectifs pour lesquels Allah l’a révélé et devant être réalisés dans la vie et dans les hommes et ce, par des expressions plus claires et explicites que l’aube naissante, telles que :
Citation :
" Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens. selon ce qu’Allah t’a appris "
"Ô gens ! Certes une preuve évidente vous est venue de la part de votre Seigneur. Et Nous avons fait descendre vers vous une lumière éclatante. * Alors ceux qui croient en Allah et qui s’attachent à Lui, Il les fera entrer dans une miséricorde venue de Lui, et dans une grâce aussi. Et Il les guidera vers Lui dans un chemin droit" [4:174-175]
" Une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus d’Allah ! * Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit" [5:15-16]
" Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé " " Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez. " [12 :2]
" […]un livre que nous avons fait descendre sur toi, afin que - par la permission de leur Seigneur - tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, sur la voie du Tout Puissant, du Digne de louange " [14 :1]
" Certes, ce Coran guide vers ce qu’il y a de plus droit, et il annonce aux croyants qui font de bonnes oeuvres qu’ils auront une grande récompense, * et à ceux qui ne croient pas en l’au-delà, que Nous leur avons préparé un châtiment douloureux " [17 : 9-10].
Pour mettre en pratique le Coran et se faire guider comme il se doit par sa guidance, il est indispensable pour nous de connaître clairement ce qu’Allah - Exalté soit-Il - nous demande dans Son Livre. Cela est conditionné par notre bonne compréhension du Coran et la rectitude de notre exégèse de ses versets et de ses lois pour ne pas lui faire dire ce qu’il ne dit point, en le chargeant de ce qu’il ne laisse pas entendre, en lui ajoutant ce qui lui est étranger, en lui soustrayant ce qui s’y trouve, en retardant ce qu’il a avancé ou en avançant ce qu’il a retardé. Cela réquiert des règles et une rigueur empêchant les manipulations et duperies des malhonnêtes, ainsi que l’interprétation des ignorants et la falsification des déviants.
Ils croient en une partie du Livre et en renient une autre
Il y a parmi les prétendants à l’islam des gens qui tiennent ses propos : "Nous croyons au Noble Coran et nous plions à ses lois, mais uniquement dans certains domaines ". Ainsi, acceptent-ils ses lois dans les domaines du Credo, du Culte et de l’éthique mais les refusent lorsqu’il s’agit de législation, économie, politique et autre. D’autres encore acceptent de prendre en considération ses lois dans le domaine de la législation, mais uniquement pour ce qui touche la famille ou le statut personnel en délaissant ce qui concerne la société, les affaires du gouvernement, la politique, l’économie et les relations internationales.
Il est surprenant que ce genre de propos provienne d’une personne qui se dit musulmane et qui prétend agréer Allâh comme Seigneur, l’Islam comme Religion, Muhammad comme Messager et le Coran comme Guide ! Comment cela peut-il provenir de quelqu’un qui croit que le Coran est le Livre d’Allah et que ce qu’il y a entre ses deux couvertures est la Parole d’Allah - Exalté et Glorifié soit-Il ? Ceux-la reprennent-ils leur Seigneur [dans ce qu’Il dit] ? Ou prétendent-ils connaître mieux que Lui les intérêts de Ses créatures ? Ou se sentent-ils plus bienfaisants que Lui - Glorifié Soit-il ?
Ceux-là pensent-ils être des égaux d’Allah - Exalté soit-Il, qui partageraient Sa création et seraient Ses partenaires dans Son Jugement ?! Quel mauvais jugement est le leur ! Comment la créature pourrait-elle être égale au Créateur ? Comment l’homme engendré et voué à périr, l’homme limité et incapable, serait-il l’égal du Seigneur le Très-Haut, le Premier sans début et le Dernier sans fin, celui à Qui appartient la Volonté Absolue et la Forte Puissance Triomphante et que rien dans les cieux ni sur terre ne Le dépasse ?
Nous avons vu des gens prétendre que seul le Coran Mecquois doit être suivi. Quant au Coran Médinois, nous ne serions pas tenus de le suivre car il aborde des aspects de notre vie qui sont sujets à l’évolution et au changement, nous ne devons pas la figer par le Coran et la Sunnah ! C’est précisément cela que le Coran a sévèrement réprouvé et condamné chez les Enfants d’Israël. Il leur a adressé les plus grandes menaces de châtiment lorsqu’ils ont pris des lois de la Thorah ce qui leur plaisait et ont délaissé ce qui n’était pas à leur goût. C’est pourquoi Allâh - Exalte soit-Il - a dit : "Croyez-vous donc en une partie du Livre et rejetez-vous le reste ? Ceux d’entre vous qui agissent de la sorte ne méritent que l’ignominie dans cette vie, et au Jour de la Résurrection ils serons refoulés au plus dur châtiment, et Allah n’est pas inattentif à ce que vous faites. Voilà ceux qui échangent la vie présente contre le vie future. Eh bien, leur châtiment ne sera pas diminué. Et ils ne seront point secourus" [sourate 2 :85-86].
Allâh - Exalté soit-Il - a également mis en garde Son Prophète - c’est aussi une mise en garde pour sa communauté après lui - contre la volonté des gens du Livre de le détourner d’une partie du Livre qu’Allâh lui a révélé de telle sorte qu’il ne juge pas par lui et qu’il ne le mette pas en oeuvre. C’est pourquoi Allâh - Exalté Soit-Il - a-t-il dit : "Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a révélé. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’ éloigner d’ une partie de ce qu’ Allah t’ a révélé.[…] " [5:49]
Le Coran a condamné très sévèrement ceux qui rejettent le Jugement d’Allâh et Son Prophète lorsqu’ils sont appelés à y adhérer et qui ne s’y réfèrent que pour ce qui concorde avec leurs passions et leurs intérêts personnels. Le Coran a clairement nié la qualité de foi à leur sujet. Allâh - Exalté soit-Il - a dit : "Et ils disent : ’Nous croyons en Allah et au Messager et nous obéissons’. Puis après cela, une partie d’ entre eux fait volte-face. Ce ne sont point ceux-là les croyants * Et quand on les appelle vers Allah et Son messager pour que celui-ci juge parmi eux, voilà que quelques-uns d’ entre eux s’éloignent * Mais s’ ils ont le droit en leur faveur, ils viennent à lui, soumis * Y a-t- il une maladie dans leurs cœurs ? ou doutent- ils ? ou craignent- ils qu’ Allah les opprime, ainsi que Son messager ? Non !... mais ce sont eux les injustes * Y a- t- il une maladie dans leurs cœurs ? ou doutent- ils ? ou craignent- ils qu’ Allah les opprime, ainsi que Son messager ? Non !... mais ce sont eux les injustes *La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : ’Nous avons entendu et nous avons obéi’. Et voilà ceux qui réussissent " (sourate 24)
Tel est le comportement des croyants lorsqu’ils sont appelés au Jugement d’Allâh et de Son Prophète : une soumission sans la moindre hésitation et une obéissance sans lenteur. Ceux-là sont ceux qui réussissent. En effet, croire fermement en Allâh comme Seigneur, en Muhammad comme Messager, au Coran comme guide, implique, exige et rend obligatoire le devoir d’être satisfait de ce qu’Allâh a agréé ainsi que son Messager et le devoir de s’aligner sur ce qu’Allâh a rendu obligatoire ainsi que Son Messager. Si cela n’est pas vérifié, la foi n’est rien de plus qu’un mot dénué de tout sens et une affirmation sans vérité : "Il n’ appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’ Allah et Son messager ont décidé d’ une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’ agir […] " [33 :36] Quant aux autres qui n’obéissent à Allâh et à Son Messager que lorsqu’ils y voient un droit ou un intérêt qui leur revient ou une confluence avec leur passion, ceux-là ont des cœurs malades, habités par le doute : " Ceux-là sont les injustes " et " Ce ne sont point ceux-là les croyants ".
Le Coran est un tout non fractionnable
Le Coran est un tout qui ne peut être fractionné. Ses enseignements et ses lois sont intimement lies et complémentaires, à l’image des cellules organiques constituant un même corps, elles interagissent et ne peuvent être séparées du reste du corps. Ainsi, le Credo nourrit le culte, le culte nourrit l’éthique et tous ses champ nourrissent la dimension pratique et législative dans la vie.
Il n’est pas acceptable du point de vue de la foi et de la raison qu’un musulman lise la Parole d’Allâh dans sourate Al-Baqarah : " Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme il a été prescrit à vos prédécesseur, afin que atteingniez la piété " et qu’il réponde : "j’ai entendu et j’obéis", puis qu’il lise dans la même sourate la Parole d’Allâh Exalte "Ô les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués " et qu’il réponde : "j’ai entendu et je désobéis" !! Et pourquoi donc ? parce que le premier verset traiterait des oeuvres cultuelles alors que l’autre traite des châtiments !
Cela signifie que l’homme trouve à redire dans les Jugements d’Allâh - Exalté soit-Il, qu’il en prend une partie et en délaisse une autre, qu’il en agrée des éléments et en rejette d’autres, selon sa passion. Mais en réalité nul ne peut revenir sur les Jugements d’Allâh ni s’y opposer. Cela signifie que l’homme prenne de sourate Al-Baqarah le verset du Trône : "Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même "Al-Qayyoûm". Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent…" mais qu’il dédaigne "Ô les croyants ! Craignez Allah ; et renoncez au reliquat de l’ intérêt usuraire, si vous êtes croyants * Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’ annonce d’ une guerre de la part d’ Allah et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés ". La raison en est que le verset du Trône traite de la Divinité et le verset sur l’usure des transactions !! [mu`âmalât]
De même, celui qui accepte ce verset de sourate Al-Mâ’idah : "Ô les croyants ! Lorsque vous vous levez pour la prière, lavez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes…" mais rejette dans la même sourate le verset : " Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’ Allah. Allah est Puissant et Sage". Il récite la Parole d’Allâh - Exalté soit-Il : "Accomplissez la prière et donnez la zakât (aumône légale) " et dit : je retiens la prière mais pas la zakât, parce que la prière est une œuvre purement spirituelle alors que la zakât est une obligation liée à l’argent et à l’économie…j’accepte ceci mais refuse cela !
Par Allâh, que ceci est étonnant ! Le serviteur est-il devenu plus savant que son Seigneur ? Ou bien la créature est-elle désormais plus élevée que son Créateur ?! Non seulement il se prend pour un égal d’Allâh mais en plus il s’est établi dans un tribunal suprême pour distinguer, critiquer et agréer. Il critique selon son propre intellect ou sa passion des Jugements d’Allâh et agrée ce que bon lui semble !
Ce qui est certain, et n’admet aucune divergence et qui est connu dans la religion par nécessité - c’est-à-dire qui n’a pas besoin d’être prouvé car tout un chacun le connaît - c’est que tous les enseignements du Coran doivent être appliqués. Nulle différence à ce sujet entre ce qui est qualifié de spirituel et ce qui est qualifié de matériel. Il en est de même pour ce qui est considéré comme "affaires religieuses" et "affaires de la vie ici-bas" ou ce qui concerne la vie de l’individu et celle du groupe. Tous ces titres et appellations n’ont aucune existence dans le Livre d’Allâh - Exalté soit-Il. Aucune différence n’est à prendre en considération entre ces titres, puisqu’ils s’inscrivent toutes dans le cercle des Ordres d’Allâh et de Ses interdits.
Celui qui ouvre le Coran et lit sourate al-Fâtihah puis procède à la lecture de sourate Al-Baqarah tombe d’emblée sur la description des gens pieux et bien guidés par le Livre d’Allâh : "ceux qui croient au Ghayb, accomplissent la prière et dépensent [dans l’obéissance à Allah], de ce que Nous leur avons attribué". Ainsi le Crédo (croire au ghayb) a-t-il été associé à l’aspect cultuel (accomplir la prière) et à l’aspect économique "dépenser des biens qu’Allâh a attribués". De la même façon, dans tout le Coran, nous trouvons que la description des croyants et des gens pieux et bienfaisants ne sépare jamais ces aspects comme cela peut se constater clairement au début de sourate Al-Anfâl (versets 2 à 5), au début de sourate Al-Mu’minûn (versets 1 à 11), au milieu de sourate Ash-Shûrâ (versets 36 à 39). Il en est de même pour ce qui est de la description des Serviteurs du Miséricordieux dans sourate Al-Furqân (versets 63 à 76) et dans la description des Bienfaisants dans sourate Adh-Dhâriyât (versets 15 à 19) et d’autres.
Nous trouvons des exemples similaires concernant les ordres, les interdits et les commandements d’Allâh tels que les dix commandements de sourate Al-An`âm : "Dis : Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit" et tels que les recommandations de sagesse de sourate Al-Isrâ’ : "et ton Seigneur a décrété : n’adorez que Lui ; et (marquez) de la bonté envers les père et mère". Tous ces versets réunissent croyance, culte, bonnes manières et comportement, concernant à la fois la religion et la vie matérielle, concernant l’individu, la famille et la société, dans un même propos sans aucune dissociation de ces facettes.
Parfois le Coran utilise la même formulation pour ordonner des choses que les gens considèrent comme étant différentes car relevant de domaines différents : "On vous a prescrit le talion au sujet des tués", "On vous a prescrit, quand la mort est proche de l’un de vous et s’il laisse des biens, de faire un testament en règle en faveur de ses père et mère et de ses plus proches. C’est un devoir pour les pieux.", "On vous a prescrit le jêune comme il a été prescrit à vos prédecesseurs afin que vous atteigniez la piété" et "On vous a prescrit le combat alors que vous le détestez". Il s’agit là d’une même formulation "kutiba `alaykom" (on vous a prescrit) dénotant du devoir et du caractère obligatoire. Elle a été employée au sujet des meurtres dans le code pénal, au sujet du testament qui relève du statut personnel et des affaires familiales, au sujet du jeûne qui fait partie du culte et au sujet du combat qui relève des relations internationales. Tous ces aspects font partie des presciptions obligatoires pour les croyants.
Autorité de la Sunnah dans la législation et la guidance
La Sunnah : c’est la voie et la méthodologie prophétique détaillée dans l’enseignement de l’islam, son application et l’éducation de la communauté par ses préceptes, ce qui est cristallisé dans la Parole d’Allâh - Glorifié soit-Il : "Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu’ils fussent auparavant dans un égarement évident. " [3 :164]
La Sunnah est constituée de ses paroles, paix et bénédiction d’Allâh sur lui, ses actes ainsi que ces approbations. La Sunnah est la deuxième source de l’islam, après le Noble Coran. Le Coran est la doctrine contenant les fondements, les bases principales de l’islam : les croyances, les œuvres cultuelles, l’éthique, les transactions [mu`âmalât], et les bonnes manières. La Sunnah est l’explication théorique et l’application pratique du coran dans tout ces domaines.
C’est pourquoi, il faut se conformer à la Sunnah et appliquer ses lois et ses enseignements. Obéir au Prophète dans la Sunnah est un devoir au même titre qu’il faut suivre ce qu’il a transmis comme versets. Ceci est prouvé par le Coran. Ceci est prouvé par la Sunnah elle-même. Ceci est prouvé également par le consensus de la communauté. De même que ceci est prouvé par la raison et la réflexion. Ceci est indiqué, preuves à l’appui, dans nos autres ouvrages.
P.-S.
Traduit de l’arabe du site qaradawi.net
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ali



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MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Ven 21 Juin - 12:25

Introduction à l’islam
Section : Les sources primaires de l’islam
La sunnah prophétique


Malgré cela, notre communauté fut éprouvée - autrefois et aujourd’hui - par un groupe faible en effectif, faible en outillage et compétence, au savoir très limité et à la langue manifestement longue. Ils ont prétendu que nous n’avons nullement besoin de la Sounnah, que le Coran nous permet de nous passer d’elle et qu’il est, seul, la source de toute la religion en termes de croyances, lois, concepts et valeurs, éthique et bonnes manières.
Les soupçons suscités par les ennemis de la sunnah
Ils se sont basés dans ce qu’ils prétendent - à la manière de toute personne soutenant une innovation ou un égarement - sur des arguments spécieux qu’ils ont pris pour des preuves alors qu’elles sont réfutées par les preuves des savants dont la terre ne désemplit pas.
Ceux qui prétendent être les gens du Coran et ses défenseurs s’appuient sur ce qui suit :

  1. La Parole d’Allâh : " Nous n’avons rien omis d’ écrire dans le Livre " et " Et Nous avons fait descendre sur toi le Livre, comme un exposé explicite de toute chose ".
  2. Le fait qu’Allâh - Exalté soit-Il - se charge de garder le Coran et pas la Sounnah : " En vérité c’est Nous qui avons révélé le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien"
  3. Le Prophète, paix et bénédictions d’Allâh sur lui, a assigné des scribes pour inscrire le Coran depuis que Jibrîl est venu le lui enseigner. Ils furent connus sous le nom de " scribes de la révélation " [kuttâb al-wahy]. Cependant, il n’en est pas de même pour le Sunnah. Il a même été établi qu’il a dit : " N’écrivez pas de ma part autre chose que le Coran ".
  4. La Sunnah a alors été infiltrée par des choses blâmables et forgées ainsi que des hadiths sans fondements, sans parler des hadiths faibles et inconsistants (wâhî) et d’autres éléments qui ne peuvent servir de preuve. Tout s’est alors mélangé si bien qu’il est impossible de distinguer ce qui est authentique de ce qui ne l’est pas.

Arguments des savants réfutant leurs propos
Ces accusations spécieuses ne résistent guère à l’analyse scientifique et sont toutes réfutées.
Le Coran montre les bases et la Sunnah détaille les lois
Pour ce qui est de Sa Parole - Exalte Soit-Il : " Et Nous avons fait descendre sur toi le Livre, comme un exposé explicite de toute chose[…] " [16 :89], ce que l’on entend ici par cette " totalité " ou " exhaustivité " c’est que [le Coran] renferme tous les fondements et bases sur lesquels est bâti l’édifice de la religion en termes de Credo et de législation. Parmi ses fondements : le Messager explicite et élucide ce qui lui est révélé. En d’autres termes, la Sunnah explicite le Coran : "Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’ on a révélé pour eux et afin qu’ ils réfléchissent".
Nul parmi les prédécesseurs ni les contemporains a compris que l’exposé explicite du coran est un exposé détaillé. Comment peut-il en être autrement, tandis que la première œuvre de culte, la première obligation quotidienne, le plus grand rite en Islam - la prière - n’est nullement détaillée dans le Coran : ni le nombre de prières, ni leurs horaires, ni le nombre d’unités [rak`ât], ni leurs modalités, ni leurs détails, ni leurs conditions et piliers. Tout cela est connu par la Sunnah, et fait partie de ce qui est connu par nécessité dans la religion [ma`lûmun min ad-dîni bid-darûrah].
La préservation du Coran exige celle de la Sunnah
Sa Parole - Exalté Soit-Il : " En vérité c’est Nous qui avons révélé le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien" prouve la préservation du Coran en lui-même, et prouve ipso facto la préservation de la Sunnah qui explicite le Coran car la préservation de l’objet explicité inclut et exige la préservation de ce qui l’expose et explicite, et cela est une partie intégrante de la préservation comme l’a montré l’Imâm Ash-Shâtibî qu’Allâh l’agrée.
La préservation a deux composantes : d’une part, une composante matérielle qui est la préservation des mots, des expressions qui ne sont ni oubliés, ni supprimés ni changés, et d’autre part, une composante sémantique, qui est la préservation du sens qui n’est ni falsifié, ni défiguré ni altéré.
Allâh ne S’est pas chargé de garder tous les Livres Sacrés précédents. Il a confié cette responsabilité aux gens qui les ont reçus mais ils ont failli à ce devoir. Ces livres ont donc subi deux types de falsification : une falsification de la lettre qui n’est autre que le changement des termes ou la substitution de mots à la place d’autres ou leur suppression, et d’autre part, une falsification du sens par des interprétations qui éloignent de ce qu’Allâh - Exalté soit-Il - a voulu.
Quant au Coran, Allâh l’a préservé de ces deux falsifications : l’explication et l’exposé prophétique dans la Sounnah est une partie intégrante de la présevation du Livre par Allâh - Exalté Soit-Il - et une attestation de la véridicité de Sa Promesse à ce sujet : " À Nous, ensuite incombera son explication " [75 :19]
L’étude scientifique de l’Histoire prouve aux musulmans la véridicité de ce fait : Allâh - Exalté Soit-Il - a préservé la Sunnah de Son prophète de même qu’il a gardé son noble Livre. Il y eut à chaque époque des gardiens éveillés qui ont porté l’étendard de la mission prophétique et l’héritage du Message. Ils les ont transmis à la postérité comme des flambeaux lumineux, des signes de guidance, en témoignant de la véridicité de cette prophétie du Prophète Elu et cette bonne annonce qu’il fit : "Porteront cette science les justes de chaque génération. Ils en écarteront les falsifications des exagérateurs, l’usurpation des prévaricateurs et l’interprétation des ignorants".
Les phases de l’inscription de la Sunnah
Il est vrai que le Prophète - paix et bénédiction d’Allâh sur lui - n’a pas assigné à la Sunnah des scribes pour l’inscrire comme cela était le cas pour le Coran. Il a même interdit, au début, d’inscrire autre chose que le Coran afin que les énergies se dirigent vers l’inscription du Coran par manque de scribes, par manque de matériel d’écriture, par sa diversité et sa difficulté et également de crainte que le Coran ne se mélange avec d’autres écrits. Toutefois, il a fait écrire des choses importantes pour qu’elles soient transmises comme les manuscrits sur les aumônes, des diyât et d’autres. Il a également autorisé certains compagnons d’inscrire ses dires comme `Abdullâh Ibn `Amr et d’autres.
En outre, il a incité à transmettre les hadiths avec précision et loyauté à celui qui ne les a pas entendus. Cela est indiqué dans un hadith largement connu : " Qu’Allâh honore une personne qui a entendu ma parole, l’a comprise et l’a transmise comme il l’a écoutée. Il se peut qu’une personne à qui cela est transmis soit plus douée que celui qui l’a entendue " et dans une version : "il se peut qu’une personne porte le savoir à une personne plus savante qu’elle".
Les chercheurs spécialisés ont acquis la certitude que l’inscription de la Sunnah n’a pas commencé au début du 2e siècle hégirien comme le prétendent certains. L’inscription de la Sunnah a connu des phases : elle a commencé du vivant du prophète puis s’est développée du temps des compagnons, puis au cours des générations qui les ont suivis, comme le prouvent les études scientifiques objectives.
Les efforts des savants de la Ummah au service de la Sunnah et de sa purification
Il est certain que des gens ont menti volontairement sur le compte du Messager d’Allâh, paix et bénédictions d’Allâh sur lui - pour diverses raisons. Ils ont mérité par ce geste leur place au sein de l’Enfer. Nulle surprise en cela, il y a même des gens qui ont menti sur le compte d’Allâh et certains ont prétendu avoir reçu une révélation alors que rien ne leur a été révélé ! Mais il est certain que les savants de la Ummah et les experts de la Sunnah ont fait face à ces charlatans en dévoilant leur oeuvre malfaisante, et en faisant éclater au grand jour leurs propos falsifiés.
On dit à l’Imâm `Abdullâh Ibn al-Mubarak : " Que faire de ces hadiths sont forgés ? " Il dit : "Vivent pour eux les grands experts !" Manifestement, les grands savants et les critiques ont voué leurs vies pour lutter contre les hadiths forgés, les poursuivant tels des experts en quête des faux billets circulant dans les marchés. Il se peut qu’ils se répandent chez quelques gens du commun, transmis d’une main à l’autre. Il se peut qu’ils se soustraient aux regards éveillés dans un moment d’inattention. Mais, très vite, ils finissent par être détectés et leur falsification et tricherie sont alors dévoilées.
Les savants du Hadith ont établi des règles rigoureuses. Ils ont érigé des phares de guidance et ont fondé les sciences du Hadith et de sa terminologie. Ils ont mis des conditions pour l’acceptation un hadith que nous avons déjà évoquées. Nulle autre communauté n’a fait cela pour préserver le patrimoine de son prophète et le protéger contre la perte et la falsification.
Certains ont prétendu que les hadiths authentiques se sont mélangés avec les hadiths faibles si bien que tout s’est emmêlé. Ce n’est qu’une affirmation gratuite de ceux qui n’ont pas sondé les océans de cette noble science, ceux qui n’en ont pas exploré les profondeurs, ceux qui ne se sont pas penchés sur les efforts colossaux fournis par des esprits très doués, par des talents raffinés et extraordinaires qui ont offert leurs vies pour défendre, clarifier et servir le Hadith. Ils ont ainsi fondé les Sciences des Hommes [`Ilm ar-Rijâl], des Classes [at-Tabaqât], les Biographies des gens de confiance, des gens agréés en matière de narration, les faibles, les critiqués [majrûhîn]. Ils ont composé pour cela près de quatre-vingt-dix sciences connues sous le titre global de Sciences du Hadith. Ces sciences sont pour le Hadith ce que les "Fondements" (al-usûl) sont pour la jurisprudence (al-fiqh). Ils ont donc distingué les hadiths authentiques du reste et ont accordé une grande importance aux hadiths traitant des commandements légaux et des lois. Ils ont également composé des ouvrages traitant des hadiths faibles et des hadiths controuvés (forgés). Ils en ont fait de même avec `Ilal al-hadîth (les défauts du Hadith) et leurs critiques.
L’Histoire n’a jamais enregistré pour une communauté la sauvegarde et la préservation du patrimoine de son Prophète comme pour cette communauté dont le message scelle les missions prophétiques. Le fait qu’il y ait des hadiths controuvés ne légitime aucunement le fait de jeter tous les hadiths dans la corbeille. Une personne douée de sens demanderait-elle la suppression de toute vraie monnaie et son interdiction dans les transactions, ou l’annulation de sa valeur, parce que certains tricheurs ont usé de faux billets et les ont propagé chez quelques gens inattentifs ?!
Faire l’économie de la Sunnah et se contenter du Coran est une entorse au Coran lui-même
De plus, ceux qui prétendent délaisser la Sunnah et ne retenir que le Coran contredisent, en tout premier lieu et de façon fort explicite, le Coran lui-même. Le Coran a ordonné d’obéir au Prophète, en juxtaposant l’obéissance au Prophète à celle d’Allâh, et ce dans plusieurs nobles versets. Citons donc quelque-uns de ces versets ordonnant l’obéissance au Prophète en même temps que l’obéissance à Allâh :
Citation :
" Obéissez à Allah, obéissez au Messager, et prenez garde ! Si ensuite vous vous détournez... alors sachez qu’ il n’ incombe à Notre messager que de transmettre le message clairement. " [5 :92]
"Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah et à Son messager et ne vous détournez pas de lui quand vous l’ entendez " [8 :20]
"Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-l’objet de votre dispute à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation " [4 :59]
Si l’obéissance au Prophète signifiait se conformer au Coran uniquement, le fait de juxtaposer l’ordre d’obéir au Messager à l’ordre d’obéir à Allâh n’aurait aucun sens. Or la juxtaposition nécessite la différence [entre les objets juxtaposés]. L’ordre d’obéir à Allâh ainsi qu’à son prophète apparaît dans de nombreux versets signifiant qu’il s’agit là de deux obéissances distinctes. Le savantissime Ibn Al-Quayyim a tenu des propos précieux au sujet du verset de sourate An-Nisâ’ que nous avons mentionnés [4 :59].
La majorité des jugements légaux du Fiqh se réfèrent à la Sunnah
La vérité qui ne fait aucun doute est que la majeure partie des lois - autour desquelles gravitent la jurisprudence dans les diverses écoles juridiques reconnues - sont établies par la Sunnah. Quiconque consulte les livres de jurisprudence s’en rend compte de façon très manifeste ! Et si nous supprimions les traditions prophétiques, ce qui en découle et ce qui en a été déduit dans notre patrimoine juridique, il ne nous resterait plus grand chose en matière de jurisprudence !!
C’est pour cela qu’une étude analytique de la Sunnah - qui est la preuve qui occupe le second rang après le Coran - se trouve dans tous les livres des Fondements du Fiqh et dans toutes les écoles juridiques reconnues. Dans cette étude analytique fouillée, sont traités l’autorité religieuse de la Sunnah, ses preuves, les conditions de son acceptation, ses implications, ses branches et d’autres thèmes que nul étudiant n’ignore.
Comme je l’ai dit, ceci s’applique à toutes les écoles juridiques, de l’école d ’Abû Dâwûd et Ibn Hazm Adh-Dhâhirî jusqu’à Abû Hanîfah et ses disciples connus sous le nom de l’école de l’opinion dans l’Histoire de la jurisprudence islamique.
P.-S.
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ali



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MessageSujet: Re: livre: les fondements de l'islam (Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî )   Ven 21 Juin - 12:34

Introduction à l’islam
Section : Les sources primaires de l’islam
Entre le Coran et la Sunnah


Autant le Coran et la Sunnah sont tous deux des sources divines de guidance et de législation, autant il n’ont pas le même statut et il y a entre eux des différences fondamentales :

  1. Le Coran est établi de manière catégorique, car il a été transmis par un tawâtur [[url=#nb1]1[/url]] certain, d’une génération à la suivante, tandis qu’une faible partie de la sunnah a été transmise par tawâtur et la plupart est établie par voie de âhâd. [[url=#nb2]2[/url]]
  2. Le Coran est entièrement établi par voie de révélation explicite (wahyun jaliyy) par l’intermédiaire du préposé de la révélation, Jibrîl - paix sur lui, sur le coeur du Prophète - que les salutations et les bénédictions d’Allâh soit sur lui, comme le Coran lui-même l’a exprimé : "et l’Esprit fidèle est descendu avec lui * sur ton cœur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs", tandis que la sunnah est etablie par inspiration et songes véridiques (ar-ru’yâ as-sâdiqah) ce qui n’est pas une révélation explicite. Une autre partie est établie par son jugement personnel (ijtihâd) qu’Allâh agrée - c’est ce que l’on appelle la révélation implicite - car Allâh n’agrée pas une erreur pour éviter qu’on l’y imite.
  3. Le verbe et le sens du Coran proviennent d’Allâh - Exalté soit-Il - alors que la sunnah, plus précisément la sunnah verbale, est énoncée avec les mots du Prophète - paix et bénédictions sur lui. C’est pourquoi il n’est pas admissible de citer le Coran par le sens, contrairement au hadîth ou à la sunnah.
  4. Le Coran est préservé dans sa globalité et dans son détail avec ses mots et ses sens, conformément à la promesse explicite d’Allâh - Glorifié soit-Il : "En vérité c’est Nous qui avons révélé le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien". Alors que la sunnah est préservée par voie de conséquence de la préservation du Coran par Allâh, en tant qu’illustration et explication, car la préservation de l’objet explicité exige la préservation de l’explication. Notons également que la préservation de la sunnah est une préservation globale et non dans le détail.
  5. Le Coran se distingue par son inimitabilité, il est le plus grand miracle de Muhammad - paix et bénédictions sur lui, ce qui n’est pas le cas du hadîth bien qu’il soit au sommum de l’éloquence humaine.

La Sunnah authentique ne contredit pas le Coran
Nous disions donc que la sunnah explicite le Coran ou le confirme d’une part, et, d’autre part, elle légifère d’autres commandements indépendamment dans le cadre des finalités définies par le Coran et ses objectifs globaux sans s’opposer à lui. Il n’y a pas une sunnah authentique et explicite qui contredise le Coran. Sinon, il y a des textes authentiques non explicites et des textes explicites non authentiques. Ce qui n’est pas authentique n’a aucune valeur et ce qui est authentique sans être explicite doit être interprété conformément au Coran car le Coran est l’origine et la branche ne contredit pas son origine.
Il convient à ce stade de citer ce que le savant accompli Ibn Al-Qayyim a mentionné dans I`lâm Al-Muwaqqi`în concernant la relation qui lie la sunnah et le Coran. Il dit : "Le rapport entre la sunnah et le Coran est de trois sortes :

  1. Qu’elle concorde avec lui en tous points, les deux font figure d’un seul et même commandement tels des arguments qui se corroborent et s’appuient mutuellement.
  2. Qu’elle est une illustration et une exégèse du Coran
  3. Qu’elle institue une obligation que le Coran n’a pas instituée ou qu’elle interdise une chose non interdite dans le Coran. Elle ne sort pas de ces trois catégories et ne s’oppose en rien au Coran.
    Tout ce qu’elle comporte de plus par rapport au Coran est une legislation de la part du Prophète - paix et bénédiction sur lui - à laquelle nous devons nous conformer sans exception et dont la désobéissance est illicite. Il ne s’agit pas là de lui donner un rang plus élevé que le Coran mais tout simplement l’obéissance au commandement d’Allâh d’obéir à Son Messager. S’il n’était pas obligatoire d’obéir au Messager dans ce domaine, l’ordre de lui obéir n’aurait aucun sens et l’obéissance qui lui est due spécifiquement serait caduque. Or, si l’on ne devait lui obéir que dans ce qui est mentionné dans le Coran et non pas dans ce qu’il a ordonné en supplément, il ne lui serait pas attribué une obéissance spécifique qui lui serait due. Mais Allâh -Exalté soit-Il - dit : "Celui qui obéit au Messager a obéi à Allâh".

La Sunnah se réfère au Coran
Tel est le statut de la sunnah par rapport au Livre : le statut de l’illustration par rapport à l’illustré. Le Coran est l’origine et la sunnah l’explique et le clarifie. Tout ce qui se trouve dans la sunnah se rattache au Livre d’une façon ou d’une autre et c’est ce que l’Imâm Ash-Shâtibî a montré dans Al-Muwâfaqât (Les Concordances) et pour quoi il a fourni des preuves et qu’il a illustré avec des exemples.
Ainsi l’interdiction d’épouser en même temps une femme et sa tante paternelle ou maternelle procède d’une analogie avec le commandement du Coran interdisant d’épouser deux soeurs en même temps pour la même raison précisée dans le hadîth : "Si vous faîtes cela, vous rompriez vos liens de parenté." De même, donner à la grand-mère (maternelle) la part d’héritage dévolue à la mère en cas de décès de cette dernière procède d’une analogie avec la mère, car elle est une mère en quelque sorte. De même, l’interdiction de manger les animaux carnivores est une application de la parole du Très Haut : "Et Il vous interdit les impuretés" comme l’a indiqué l’Imâm Ash-Shâfi`î - qu’Allâh l’agrée. L’interdiction de manger et boire dans des récipients en or ou argent et assimilés est une application de ce qui abonde dans le Coran comme critique forte contre le faste et les gens fastueux et le fait de considérer que le faste est l’une des raisons de la corruption et de la décadence d’une nation au point de la détruire. De même, l’interdiction des têtes-à-têtes avec une femme étrangère [[url=#nb3]3[/url]] est une application du commandement coranique : "N’approchez point la fornication car elle est une turpitude et une voie néfaste" car l’interdiction par la formule "N’approchez point" est une interdiction des prémices de la fornication telles que le tête-à-tête.
De la même façon, le Prophète - paix et bénédictions sur lui - a maudi avec celui qui boit le vin, neuf autres personnes et ceci rentre dans le cadre de la parole du Très Haut au sujet du vin "une impureté et oeuvre de diable, écartez-vous en donc". Le fait de s’écarter d’une chose est plus fort que de l’abandonner et il englobe la pression du vin, son transport, sa vente et tout ce qui s’y apparente.
Ibn Jarjân dit : "Tout ce que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - a dit se retrouve dans le Coran et y trouve son origine qu’elle soit proche ou lointaine, qu’elle soit comprise par certains, ou qu’elle échappe à d’autres car le Très Haut a dit : Nous n’avons rien omis dans le Livre"
En définitive, il n’y a rien dans la sunnah qui sort du cadre du Coran et encore moins qui le contredit ou s’oppose à lui. Néanmoins, elle détaille ce qu’il a globalisé, spécifie ce qu’il a généralisé et restreint la portée de ses énoncés généraux.
Louanges à Allâh au début et à la fin de toute chose.
P.-S.
Traduit de l’arabe du site qaradawi.net
Notes
[[url=#nh1]1[/url]] Le tawâtur désigne la transmission concordante d’une génération aux générations suivantes grâce à un grand nombre de transmetteurs dans chaque génération.
[[url=#nh2]2[/url]] La transmission dite des âhâd, par opposition au tawâtur, désigne la transmission sur la base d’un petit nombre de transmetteurs.
[[url=#nh3]3[/url]] Un homme et une femme sont dits étrangers l’un par rapport à l’autre quand ils n’ont pas de lien de parenté interdisant le mariage entre eux. Seuls les entretiens dans un lieu public ou en présence d’autres gens sont licites.
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