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 Pourquoi je dis trois fois non au «débat sur l'islam»

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hud



Messages : 250
Date d'inscription : 18/08/2008

MessageSujet: Pourquoi je dis trois fois non au «débat sur l'islam»    Ven 25 Mar - 7:24

Le débat sur l’islam et la laïcité réclamé par Nicolas Sarkozy et la direction de l’UMP aura-t-il bien lieu, début avril? La question n’est pas vaine, tant sont nombreux ceux qui, y compris au sein de la majorité, traînent les pieds. Ils craignent qu’à courir derrière les thèses du Front national, la droite modérée n’en finisse par perdre ses électeurs et son âme. La querelle laïque est l’un de nos grands classiques nationaux. Ce débat est inopportun, inutile, dangereux.

Parce qu'il est inopportun
Rouvrir la discussion sur la compatibilité de l’islam avec la démocratie, sur sa place dans la République laïque va jeter le trouble chez ceux qui s’interrogent sur l’avenir des actuelles révoltes dans le monde arabe. Depuis deux mois, on nous explique que l’issue islamiste n’est pas fatale, que la revendication religieuse, dans cette Révolution arabe, passe derrière les demandes de liberté politique et de sécurité économique, qu’une démocratie se cherche - douloureusement - dans des pays étourdis par des décennies de régimes autoritaires, de dictatures et de privation de droits.

Or, le débat sur l’islam en France, tel qu’il est posé par le Front national et risque d’être imité, favorisera, qu’on le veuille ou non, la répétition des vieux amalgames entre islam et islamisme. Il accentuera la peur que les révolutions tunisienne, égyptienne et libyenne n’accouchent à terme d’un pouvoir islamique. Autre chose se joue dans ces pays. Il serait dommage que la France, avec son importante minorité musulmane, ne fasse pas tout ce qu’il faut pour se montrer exemplaire, renvoyer au monde l’image d’un islam apaisé, compatible avec les lois de la République et une pratique équilibrée de la laïcité.

Parce qu'il est inutile
L’intégration à la République du culte musulman est en bonne voie. Pendant longtemps, les pouvoirs publics s’en sont tenus à une gestion «sécuritaire» de l’islam: on traque les réseaux extrémistes, les imams politisés. Ou à une gestion «consulaire» avec un partenaire privilégié, la grande Mosquée de Paris, vitrine de l’islam de France, mais trop dépendante de ses liens financiers et statutaires avec l’Algérie, coupée de toute base associative, de jeunes, de femmes et d’intellectuels. Aujourd’hui, grâce à la clairvoyance des ministres de l’intérieur successifs, de gauche comme de droite, Pierre Joxe, Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Sarkozy, on est parvenu à une gestion «partenariale» de l’islam.

Les questions posées par la sédentarisation d’une communauté qui a quintuplé en trente ans (5 millions de musulmans) ne sont pas toutes résolues, loin s’en faut, mais elles ont reçu un début de réponse dans la construction de mosquées — grâce à l’intelligence des collectivités locales —, dans le marché juteux de la viande halal, dans les cantines scolaires et militaires, dans le recrutement des imams, dans les carrés musulmans pour les cimetières, etc. Certes, cette communauté reste fragmentée au gré de ses frontières (Maghreb, Turquie, Afrique), de ses humeurs religieuses, des egos de ses notables, de ses clivages de génération, de ses filières de financement.

Mais un processus électoral s’est mis en place dans les années 2000 qui a abouti à la désignation d’interlocuteurs représentatifs — le Conseil français du culte musulman (CFCM) — qui sont en dialogue avec les pouvoirs publics. C’est à eux qu’il appartient de tenter de régler, par la concertation, les questions en suspens, principalement liées à la construction de nouveaux lieux de culte et à la formation des imams.

Dans le premier cas, l’éventualité est posée d’un «aménagement» de la loi de séparation de 1905 permettant un financement public partiel de la construction ou l’entretien des mosquées ou un contournement de cette loi par le financement d’associations et de fondations culturelles. C’est peut-être le point où une réflexion sur l’avenir de la laïcité peut avoir aujourd’hui un début d’utilité. Mais il existe déjà des textes (discours de Nicolas Sarkozy sur la «laïcité positive», rapport de Jean-Pierre Machelon en 2006 sur la construction et l’entretien des lieux de culte). Est-il nécessaire d’en rajouter dans un débat politique mal maîtrisé?

Autre question restée jusque-là sans réponse crédible: la formation des cadres religieux qui devait être la clé de voûte d’un islam apaisé. Elle n’avance guère. L’Institut Avicenne de Lille, celui de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) à Château-Chinon (Nièvre) ou de la Mosquée de Paris – dont les étudiants reçoivent aussi des cours sur la religion et la laïcité à l’Institut catholique – témoignent d’une formation qui reste précaire, peu contrôlée, dispersée.

La plupart des imams qui prêchent le Ramadan continuent de venir du Maroc, d’Algérie, de Turquie. Les pouvoirs publics contraints par les règles de la laïcité, autant que les associations divisées sur les contenus théologiques de cette formation, semblent dépassés par un enjeu qui a besoin d’envergure pour que l’islam de France puisse prendre un jour toute sa place dans la République.

Parce qu'il est dangereux
Car ouvert à toutes les exploitations, y compris les plus démagogiques. Dira t-on assez que les prières dans les rues ne sont que la conséquence d’un manque de mosquées, et non d’une «invasion» de l’islam ? Laissera t-on s’installer un débat aussi nauséeux que celui sur l’identité nationale, avec des relents racistes et xénophobes ? Déjà, sur les sites du Front national ou du camp ultra-laïque et anti-islamique surgissent des appels à la surveillance des «prêcheurs» dans les mosquées, des mises en garde contre les réseaux salafistes, le Tabligh, les Frères musulmans.

On y décrit une France menacée par la montée de «revendications» musulmanes qu’encourageraient une tolérance coupable ou la pratique des «accomodements raisonnables». Menacée par la construction de lieux de prière en nombre, d’écoles coraniques, de bibliothèques islamiques, par la multiplication des djellabahs, des hidjabs et des niqabs, par la croissance des commerces halal et des régimes sans porc, par la non-mixité entre hommes et femmes dans les piscines.

Bref, toute une fantasmagorie se met en place pour tenter de faire croire que la sécurité n’existe plus dans les «quartiers islamisés» des grandes villes, que la culture nationale, soumise au communautarisme musulman, est en grand danger, que l’évidence existe déjà d’une avancée musulmane, arc-boutée sur des valeurs anti-occidentales, au cœur même de l’Occident. Laissera t-on, au sommet de l’Etat, s’engager un débat sur l’islam qui risque de déraper dans des dérives qui, pour le coup, seraient mortifères?

Henri Tincq

http://www.slate.fr/story/34955/islam-debat-religion-ump-front-national
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